Ce qu'il faut retenir
- Depuis le 26 octobre 2025, tout employeur doit proposer un entretien de fin de carrière aux salariés âgés de 58 à 59 ans
- Cet entretien doit aborder le maintien dans l'emploi, le passage à temps partiel et la retraite progressive
- L'obligation concerne toutes les entreprises, sans condition de taille
- En cas de manquement, l'employeur risque un versement obligatoire de 3 000 € sur le Compte Personnel de Formation (CPF) du salarié
- Le salarié peut prendre l'initiative de réclamer cet entretien par écrit
Un entretien obligatoire que la plupart des salariés ignorent
Vous avez entre 58 et 59 ans et vous êtes encore en poste ? Votre employeur a désormais l'obligation légale de vous proposer un entretien spécifique, centré sur votre fin de carrière. C'est la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025, publiée au Journal officiel le lendemain, qui l'impose. On la connaît sous le nom de « loi seniors ».
Concrètement, lors du premier entretien de parcours professionnel — c'est le nouveau nom de l'ancien entretien professionnel — qui intervient dans les deux années précédant votre 60e anniversaire, l'employeur doit obligatoirement aborder avec vous les conditions de maintien dans l'emploi et les possibilités d'aménagement de votre fin de carrière. L'article L.6315-1 du Code du travail le prévoit explicitement depuis cette réforme.
Le problème : plus de trois mois après l'entrée en vigueur du texte, une large majorité de salariés concernés n'en a jamais entendu parler. Beaucoup d'employeurs n'ont toujours pas intégré cette obligation dans leur agenda. Et les salariés, qui ne connaissent pas ce droit, ne le réclament pas. Résultat : un dispositif pensé pour protéger les fins de carrière reste, dans les faits, largement lettre morte.
Concrètement, lors du premier entretien de parcours professionnel — c'est le nouveau nom de l'ancien entretien professionnel — qui intervient dans les deux années précédant votre 60e anniversaire, l'employeur doit obligatoirement aborder avec vous les conditions de maintien dans l'emploi et les possibilités d'aménagement de votre fin de carrière. L'article L.6315-1 du Code du travail le prévoit explicitement depuis cette réforme.
Le problème : plus de trois mois après l'entrée en vigueur du texte, une large majorité de salariés concernés n'en a jamais entendu parler. Beaucoup d'employeurs n'ont toujours pas intégré cette obligation dans leur agenda. Et les salariés, qui ne connaissent pas ce droit, ne le réclament pas. Résultat : un dispositif pensé pour protéger les fins de carrière reste, dans les faits, largement lettre morte.
Ce que la loi a changé pour les salariés proches de la retraite
Avant la loi du 24 octobre 2025, l'entretien professionnel existait déjà, mais il n'était qu'un rendez-vous généraliste sur les perspectives d'évolution, organisé tous les deux ans. Rien de spécifique pour les salariés en fin de carrière. Avec la réforme, le dispositif a été profondément remanié.
L'entretien professionnel change de nom et devient « l'entretien de parcours professionnel ». Sa périodicité passe de deux à quatre ans. Et surtout, un volet obligatoire dédié aux seniors apparaît pour la première fois dans le Code du travail.
Le texte est issu de l'Accord National Interprofessionnel (ANI) du 25 juin 2025 sur les transitions professionnelles, négocié entre les partenaires sociaux puis transposé dans la loi. L'obligation concerne toutes les entreprises sans exception, quelle que soit leur taille ou leur secteur d'activité. Les entreprises qui disposaient d'un accord collectif sur les entretiens professionnels ont jusqu'au 1er octobre 2026 pour se mettre en conformité. Les autres y sont tenues depuis le 26 octobre 2025, date d'entrée en vigueur de la loi.
L'entretien professionnel change de nom et devient « l'entretien de parcours professionnel ». Sa périodicité passe de deux à quatre ans. Et surtout, un volet obligatoire dédié aux seniors apparaît pour la première fois dans le Code du travail.
Avant Jusqu'en octobre 2025
Périodicité de l'entretien
Tous les 2 ans
Contenu pour les seniors
Aucun volet spécifique fin de carrière
Bilan récapitulatif
Tous les 6 ans
Après Depuis octobre 2025
Périodicité de l'entretien
Tous les 4 ans
Contenu pour les seniors (58-59 ans)
Entretien renforcé obligatoire : maintien dans l'emploi, temps partiel, retraite progressive
Bilan récapitulatif
Tous les 8 ans
Le texte est issu de l'Accord National Interprofessionnel (ANI) du 25 juin 2025 sur les transitions professionnelles, négocié entre les partenaires sociaux puis transposé dans la loi. L'obligation concerne toutes les entreprises sans exception, quelle que soit leur taille ou leur secteur d'activité. Les entreprises qui disposaient d'un accord collectif sur les entretiens professionnels ont jusqu'au 1er octobre 2026 pour se mettre en conformité. Les autres y sont tenues depuis le 26 octobre 2025, date d'entrée en vigueur de la loi.
Ce que votre employeur risque s'il oublie cet entretien
L'entretien de fin de carrière n'est pas une simple recommandation. C'est une obligation légale inscrite dans le Code du travail. Et le législateur a prévu une sanction financière pour les employeurs qui ne respectent pas l'ensemble de leurs obligations en matière d'entretien professionnel.
Dans les entreprises de 50 salariés et plus, si un salarié n'a pas bénéficié des entretiens prévus et n'a pas suivi au moins une formation non obligatoire au cours des huit dernières années, l'employeur est tenu de verser 3 000 € sur le Compte Personnel de Formation (CPF) du salarié concerné. C'est ce qu'on appelle l'abondement correctif.
Attention : les deux conditions sont cumulatives. L'employeur doit à la fois avoir manqué à son obligation d'entretien et ne pas avoir proposé de formation non obligatoire. Mais dans les faits, les deux manquements vont souvent de pair pour les salariés en fin de carrière, souvent les grands oubliés des plans de formation.
Pour les entreprises de moins de 50 salariés, la sanction financière ne s'applique pas, mais l'obligation d'entretien demeure. Le salarié pourrait invoquer un préjudice devant les prud'hommes en cas de manquement.
Dans les entreprises de 50 salariés et plus, si un salarié n'a pas bénéficié des entretiens prévus et n'a pas suivi au moins une formation non obligatoire au cours des huit dernières années, l'employeur est tenu de verser 3 000 € sur le Compte Personnel de Formation (CPF) du salarié concerné. C'est ce qu'on appelle l'abondement correctif.
Attention : les deux conditions sont cumulatives. L'employeur doit à la fois avoir manqué à son obligation d'entretien et ne pas avoir proposé de formation non obligatoire. Mais dans les faits, les deux manquements vont souvent de pair pour les salariés en fin de carrière, souvent les grands oubliés des plans de formation.
Pour les entreprises de moins de 50 salariés, la sanction financière ne s'applique pas, mais l'obligation d'entretien demeure. Le salarié pourrait invoquer un préjudice devant les prud'hommes en cas de manquement.
Comment réclamer cet entretien à votre employeur
Si votre employeur ne vous a pas encore proposé cet entretien, vous pouvez prendre l'initiative. Rien dans la loi n'interdit au salarié de le demander lui-même.
La démarche à suivre :
Lors de l'entretien, les sujets suivants doivent obligatoirement être abordés : vos conditions de maintien dans l'emploi, la possibilité de passer à temps partiel, l'accès à la retraite progressive (qui permet de travailler moins tout en commençant à percevoir une fraction de sa pension), et plus largement l'ensemble des aménagements envisageables pour accompagner votre transition vers la retraite.
L'entretien doit être organisé par l'employeur, réalisé par un supérieur hiérarchique ou un représentant de la direction, et se dérouler pendant le temps de travail. Un compte-rendu écrit doit vous être remis.
Avec un taux d'emploi des 55-64 ans qui atteint 60,4 % en 2024 selon la Dares — un record depuis 1975 —, les salariés seniors n'ont jamais été aussi nombreux en entreprise. Mais entre les 77,8 % de taux d'emploi des 55-59 ans et les 42,4 % des 60-64 ans, la chute est brutale. C'est précisément dans cette zone critique que l'entretien de fin de carrière prend tout son sens : anticiper la transition plutôt que la subir.
La démarche à suivre :
- Adressez un courrier écrit (lettre recommandée ou email avec accusé de réception) à votre service des ressources humaines ou à votre direction
- Mentionnez l'article L.6315-1 V du Code du travail et la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025
- Demandez explicitement un entretien de parcours professionnel portant sur vos conditions de maintien dans l'emploi et les aménagements de fin de carrière
- Si votre entreprise compte moins de 300 salariés, vous pouvez aussi solliciter un Conseil en Évolution Professionnelle (CEP) gratuit pour préparer cet entretien en amont
L'entretien doit être organisé par l'employeur, réalisé par un supérieur hiérarchique ou un représentant de la direction, et se dérouler pendant le temps de travail. Un compte-rendu écrit doit vous être remis.
Avec un taux d'emploi des 55-64 ans qui atteint 60,4 % en 2024 selon la Dares — un record depuis 1975 —, les salariés seniors n'ont jamais été aussi nombreux en entreprise. Mais entre les 77,8 % de taux d'emploi des 55-59 ans et les 42,4 % des 60-64 ans, la chute est brutale. C'est précisément dans cette zone critique que l'entretien de fin de carrière prend tout son sens : anticiper la transition plutôt que la subir.
Sources :
- Légifrance, loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025, article L.6315-1 du Code du travail
- Lefebvre Dalloz, « Entretien de parcours professionnel : ce qui change en 2025-2026 », janvier 2026
- Dares, « Les seniors sur le marché du travail en 2024 », juillet 2025





