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Électricité : ce que cache vraiment la baisse promise au 1er février

Par | Publié le 04/01/2026 à 08:00

Le gouvernement annonce une baisse de 5 % du prix de l'abonnement électrique dès le 1er février 2026. Derrière ce geste pour le pouvoir d'achat se cache une taxe que la plupart des Français ignorent : la CTA. Décryptage d'une mesure qui rapportera en moyenne 10 euros par an aux ménages.

Un homme senior examine attentivement sa facture d'électricité © SeniorActu
Un homme senior examine attentivement sa facture d'électricité © SeniorActu

Ce que le gouvernement a annoncé

C'est par un message publié sur le réseau social X, ce samedi 3 janvier 2026, que le Premier ministre Sébastien Lecornu a officialisé la nouvelle : « Le prix de l'abonnement de tous les contrats de fourniture d'électricité baisse au 1er février 2026 ».

Dans la foulée, le ministre de l'Industrie Roland Lescure a précisé les contours de cette mesure dans un entretien au Parisien. « Au 1er février, le prix de l'abonnement des factures d'électricité va baisser de 5 % », a-t-il déclaré. Pour les ménages, l'économie serait de l'ordre de 10 à 12 euros par an. Pour les professionnels comme les boulangers, elle pourrait atteindre jusqu'à 200 euros annuels.

Au total, ce seraient 540 millions d'euros qui seront ainsi restitués au pouvoir d'achat des Français, selon le gouvernement. La mesure s'appliquera à tous les contrats, qu'il s'agisse du tarif réglementé d'EDF ou des offres de marché proposées par les fournisseurs alternatifs.

Pour mettre ces chiffres en perspective, rappelons que le tarif réglementé de l'électricité a augmenté de 39,4 % en dix ans. La baisse de 14 % intervenue en février 2025 avait apporté un premier répit, mais les factures restent historiquement élevées pour de nombreux foyers.

La CTA : cette taxe méconnue qui finance les retraites d'EDF

Mais d'où vient cette baisse ? Le levier actionné par le gouvernement porte un nom technique : la Contribution Tarifaire d'Acheminement, ou CTA. Une taxe présente sur toutes les factures d'électricité des Français, mais que très peu savent identifier.

Créée par la loi du 9 août 2004, la CTA sert à financer les droits à la retraite des anciens salariés des industries électriques et gazières. Concrètement, elle alimente la caisse de retraite des agents ayant travaillé chez EDF, GDF (aujourd'hui Engie), Enedis ou RTE avant le 1er janvier 2005.

Cette contribution est calculée sur la part fixe de votre facture, c'est-à-dire l'abonnement, et non sur votre consommation. Son taux actuel est de 21,93 % du tarif d'acheminement pour les particuliers raccordés au réseau de distribution. Le gouvernement a décidé de le réduire de 25 %.

Point important : cette baisse n'aura aucun impact sur les finances publiques, assure Bercy. La CTA n'alimente pas le budget de l'État mais uniquement la Caisse nationale des industries électriques et gazières (CNIEG), dont le régime de retraite est actuellement excédentaire.

Combien allez-vous vraiment économiser ?

Soyons clairs : cette mesure ne révolutionnera pas votre budget. Roland Lescure lui-même reconnaît qu'il ne s'agit pas d'une « révolution de la tarification énergétique ».

Voici ce que représente concrètement cette baisse selon votre situation :
 
  • Un ménage au tarif réglementé 6 kVA : environ 10 euros d'économie par an, soit moins d'un euro par mois
  • Un retraité en appartement (3 kVA) : environ 6 à 8 euros par an
  • Un artisan ou commerçant : jusqu'à 200 euros par an selon la puissance souscrite
Pour mettre ces chiffres en perspective, rappelons que le tarif réglementé de l'électricité a augmenté de 39,4 % en dix ans. La baisse de 14 % intervenue en février 2025 avait apporté un premier répit, mais les factures restent historiquement élevées pour de nombreux foyers.

Ce qui vous attend pour la suite

La mesure entrera en vigueur après publication d'un arrêté au Journal officiel. Les instances consultées, notamment la Commission de régulation de l'énergie (CRE) et le Conseil supérieur de l'énergie, y sont favorables selon le ministère.

Cette annonce intervient dans un contexte particulier. Depuis le 1er janvier 2026, une nouvelle organisation du marché de l'électricité est entrée en vigueur avec la fin de l'ARENH (Accès régulé à l'électricité nucléaire historique), remplacé par le Versement nucléaire unique (VNU).

Malgré ce bouleversement, le gouvernement promet une stabilité des tarifs pour 2026 et 2027. Une promesse que les 19,8 millions de foyers encore abonnés au tarif réglementé surveilleront de près, après des années de hausses successives qui ont lourdement pesé sur le budget des ménages, et notamment des retraités aux revenus fixes.

Sources
- Déclaration de Sébastien Lecornu sur X, 3 janvier 2026
- Interview de Roland Lescure, Le Parisien, 3 janvier 2026
- Loi n° 2004-803 du 9 août 2004 relative au service public de l'électricité et du gaz
- Arrêté du 26 avril 2013 relatif aux taux de la contribution tarifaire



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