Les chiffres sont éloquents. En France, le nombre de divorces impliquant des personnes de plus de 60 ans a
triplé entre 1996 et 2016. Selon l'Institut national d'études démographiques, la part des divorces concernant des femmes de 60 ans et plus est passée de 3 % à 8 % sur cette période. Plus de
24 000 seniors ont divorcé en 2015, contre 15 000 dix ans plus tôt. Le phénomène s'est encore amplifié depuis, porté par les générations du baby-boom qui arrivent à la retraite avec des attentes différentes de leurs aînés en matière de qualité de vie et d'épanouissement personnel.
Fait marquant :
70 % des divorces après 50 ans sont initiés par des femmes. Nombre d'entre elles souhaitaient mettre fin à des unions devenues insatisfaisantes, notamment sur le plan affectif et intime. Or, c'est précisément sur ce terrain que certains conjoints contre-attaquaient, invoquant le « devoir conjugal » non respecté pour demander le divorce aux torts exclusifs de leur épouse.
Cette stratégie était d'autant plus redoutable qu'elle pouvait avoir des conséquences financières directes et durables. Un divorce prononcé aux torts exclusifs permet en effet au juge de refuser l'attribution d'une
prestation compensatoire, privant ainsi l'épouse de ressources parfois vitales pour sa retraite. Pour une femme qui a interrompu sa carrière pour élever ses enfants ou accompagner la progression professionnelle de son mari, cette prestation peut représenter plusieurs dizaines de milliers d'euros en capital, voire une rente viagère indispensable pour maintenir son niveau de vie. Sans cette compensation, certaines retraitées se retrouvaient dans une précarité financière brutale après 30 ou 40 ans de mariage.