Quatre rayons, un décret, cinq jours
Le décret n° 2026-312, publié au Journal officiel le 25 avril dernier, transpose en droit français la directive européenne dite « petit-déjeuner » (UE 2024/1438). Il entre en application le 14 juin 2026.
Quatre familles de produits sont concernées : le miel, les jus de fruits et nectars, les confitures et gelées de fruits, et les laits de conserve déshydratés. Soit quatre rayons que vous traversez probablement chaque semaine sans retourner les emballages.
L'objectif affiché par Bruxelles est triple : renforcer la transparence sur l'origine des ingrédients, clarifier les teneurs en sucre, et réduire la fraude alimentaire. Les directives d'origine dataient de 2001, et la seule révision intermédiaire (la directive 2012/12, limitée aux jus de fruits) n'avait pas touché au miel ni aux confitures.
Quatre familles de produits sont concernées : le miel, les jus de fruits et nectars, les confitures et gelées de fruits, et les laits de conserve déshydratés. Soit quatre rayons que vous traversez probablement chaque semaine sans retourner les emballages.
L'objectif affiché par Bruxelles est triple : renforcer la transparence sur l'origine des ingrédients, clarifier les teneurs en sucre, et réduire la fraude alimentaire. Les directives d'origine dataient de 2001, et la seule révision intermédiaire (la directive 2012/12, limitée aux jus de fruits) n'avait pas touché au miel ni aux confitures.
Le pot de miel ne pourra plus masquer son origine
Jusqu'ici, un mélange de miels d'origines multiples pouvait légalement arborer une mention aussi évasive que « mélange de miels originaires et non originaires de l'UE ». Ni pays, ni pourcentage, ni traçabilité visible pour le consommateur.
À partir de dimanche, donc de lundi dans votre grande surface alimentaire habituelle, chaque pot de miel vendu en France devra indiquer le ou les pays d'origine par ordre décroissant, accompagnés de leur pourcentage dans le mélange, avec une tolérance de 5 % par part. Si un mélange contient du miel chinois à 60 % et du miel espagnol à 40 %, vous le lirez en toutes lettres.
La mesure vise directement un fléau documenté. En mars 2023, le rapport « From the Hives » coordonné par la Direction générale de la santé et de la sécurité alimentaire de la Commission européenne (DG SANTE), avec le soutien de l'OLAF, a analysé 320 lots de miel importé aux frontières de l'UE.
Résultat : 46 % des échantillons étaient suspectés de contenir des sirops de sucre ajoutés (riz, blé, betterave), pratique interdite par la réglementation européenne.
Les productions les plus visées étaient chinoises (74 % des échantillons jugés suspects) et turques (93 % des lots testés). La fraude n'est pas dangereuse pour votre santé, mais c'est une tromperie sur la marchandise qui tire les prix vers le bas et étouffe les apiculteurs européens.
Le miel importé couvre 40 % de la consommation européenne, soit environ 175 000 tonnes par an. La directive met en place un système de traçabilité du producteur au pot, pour permettre aux autorités de remonter jusqu'à la source en cas de suspicion.
L'étiquette devient, concrètement, la première ligne de défense du consommateur.
Pour les petits contenants de moins de 30 grammes (dosettes d'hôtel, portions individuelles), les noms des pays d'origine pourront être remplacés par un code ISO à deux lettres (FR, ES, CN). Moins lisible, mais au moins présent.
À partir de dimanche, donc de lundi dans votre grande surface alimentaire habituelle, chaque pot de miel vendu en France devra indiquer le ou les pays d'origine par ordre décroissant, accompagnés de leur pourcentage dans le mélange, avec une tolérance de 5 % par part. Si un mélange contient du miel chinois à 60 % et du miel espagnol à 40 %, vous le lirez en toutes lettres.
La mesure vise directement un fléau documenté. En mars 2023, le rapport « From the Hives » coordonné par la Direction générale de la santé et de la sécurité alimentaire de la Commission européenne (DG SANTE), avec le soutien de l'OLAF, a analysé 320 lots de miel importé aux frontières de l'UE.
Résultat : 46 % des échantillons étaient suspectés de contenir des sirops de sucre ajoutés (riz, blé, betterave), pratique interdite par la réglementation européenne.
Les productions les plus visées étaient chinoises (74 % des échantillons jugés suspects) et turques (93 % des lots testés). La fraude n'est pas dangereuse pour votre santé, mais c'est une tromperie sur la marchandise qui tire les prix vers le bas et étouffe les apiculteurs européens.
Le miel importé couvre 40 % de la consommation européenne, soit environ 175 000 tonnes par an. La directive met en place un système de traçabilité du producteur au pot, pour permettre aux autorités de remonter jusqu'à la source en cas de suspicion.
L'étiquette devient, concrètement, la première ligne de défense du consommateur.
Pour les petits contenants de moins de 30 grammes (dosettes d'hôtel, portions individuelles), les noms des pays d'origine pourront être remplacés par un code ISO à deux lettres (FR, ES, CN). Moins lisible, mais au moins présent.
Jus de fruits et confitures : les chiffres à repérer en rayon
Côté jus de fruits, la directive introduit une nouvelle catégorie que vous verrez apparaître dans les rayons : le « jus de fruits à teneur réduite en sucre ». Pour mériter cette appellation, un jus devra contenir au moins 30 % de sucres naturels en moins que la version classique.
Les fabricants de jus 100 % pur jus pourront aussi indiquer sur l'étiquette la mention « contient uniquement des sucres naturellement présents », ce qui permet de distinguer immédiatement un jus sans sucre ajouté d'un nectar ou d'une boisson à base de concentré. Les édulcorants sont désormais interdits dans les jus de fruits, et réservés aux seuls nectars.
Pour les nectars justement, les quantités de sucres et de miel autorisées baissent. Le plafond dépend du type de fruit : il reste à 20 % pour les nectars de fruits acides (cassis, fruits de la passion, citrons), descend à 15 % pour les fruits très aromatisés (mangues, litchis, bananes), et tombe à 10 % pour les fruits consommables en l'état (pommes, poires, pêches).
Sur le rayon des confitures, le changement est plus discret mais mesurable. La teneur minimale en fruits passe de 350 à 450 grammes par kilo de produit fini pour les confitures classiques, et de 450 à 500 grammes pour les confitures « extra ».
Le détail complet des nouvelles règles est consultable sur info.gouv.fr, dans la fiche « ce qui change en juin 2026 ». Un pot de confiture classique devra contenir au minimum 100 grammes de fruits supplémentaires par rapport à la norme précédente.
Pas de quoi révolutionner les confitures artisanales, qui dépassent souvent ces seuils. Mais suffisant pour forcer les industriels à reformuler.
Les fabricants de jus 100 % pur jus pourront aussi indiquer sur l'étiquette la mention « contient uniquement des sucres naturellement présents », ce qui permet de distinguer immédiatement un jus sans sucre ajouté d'un nectar ou d'une boisson à base de concentré. Les édulcorants sont désormais interdits dans les jus de fruits, et réservés aux seuls nectars.
Pour les nectars justement, les quantités de sucres et de miel autorisées baissent. Le plafond dépend du type de fruit : il reste à 20 % pour les nectars de fruits acides (cassis, fruits de la passion, citrons), descend à 15 % pour les fruits très aromatisés (mangues, litchis, bananes), et tombe à 10 % pour les fruits consommables en l'état (pommes, poires, pêches).
Sur le rayon des confitures, le changement est plus discret mais mesurable. La teneur minimale en fruits passe de 350 à 450 grammes par kilo de produit fini pour les confitures classiques, et de 450 à 500 grammes pour les confitures « extra ».
Le détail complet des nouvelles règles est consultable sur info.gouv.fr, dans la fiche « ce qui change en juin 2026 ». Un pot de confiture classique devra contenir au minimum 100 grammes de fruits supplémentaires par rapport à la norme précédente.
Pas de quoi révolutionner les confitures artisanales, qui dépassent souvent ces seuils. Mais suffisant pour forcer les industriels à reformuler.
Ce que vous trouverez encore en rayon après dimanche
Ne vous étonnez pas si, en début de semaine prochaine, les rayons de votre supermarché n'ont pas changé du jour au lendemain. Le décret prévoit que les produits mis sur le marché ou étiquetés avant le 14 juin 2026 pourront continuer à être vendus jusqu'à épuisement des stocks.
Vous trouverez donc pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, des pots de miel avec l'ancienne mention « mélange UE/non-UE » à côté de pots portant le nouvel étiquetage détaillé. Nous vous recommandons de comparer les deux et de constater la différence par vous-même.
La quatrième famille de produits concernée, les laits de conserve déshydratés, évolue plus discrètement : la directive autorise désormais un traitement de réduction du lactose par conversion en glucose et galactose, avec mention obligatoire sur l'emballage. Un changement qui concerne surtout les intolérants au lactose parmi nous.
Reste à savoir si la transparence imposée par l'étiquette suffira à décourager les fraudeurs, ou si elle ne fera que déplacer le problème vers des circuits moins contrôlés. Pour le consommateur, le geste utile est simple : retourner le pot, lire le pays, lire le pourcentage, et décider en connaissance de cause.
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