Le cumul emploi-retraite, ce mécanisme qui permet aux retraités de percevoir leur pension tout en exerçant une activité professionnelle rémunérée, s'apprête à connaître une transformation majeure. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 prévoit en effet une refonte complète du dispositif, applicable aux personnes qui liquideront leur première retraite de base à compter du 1er janvier 2027.
Un dispositif jugé trop coûteux par la Cour des comptes
Cette réforme fait suite aux recommandations formulées par la Cour des comptes dans son rapport publié en mai 2025, intitulé « Le cumul emploi-retraite : un coût élevé, une cohérence à établir ». Les magistrats financiers ont pointé du doigt un dispositif dont les règles apparaissent singulières en comparaison internationale. La France offre actuellement la possibilité de cumuler sans limite pension et revenus d'activité dès l'âge légal de départ, à condition d'avoir acquis tous ses trimestres. Dans la plupart des autres pays développés, cette possibilité n'est accordée qu'à partir de l'âge correspondant au taux plein automatique, soit 67 ans en France.
Le nombre de retraités concernés par ce dispositif a considérablement augmenté ces dernières années. Entre 2009 et 2020, le nombre de bénéficiaires au régime général a progressé de 75 %, soit trois fois plus rapidement que l'ensemble des retraités. En 2020, environ 700 000 personnes cumulaient ainsi leur pension avec une activité professionnelle rémunérée. Ces retraités ont perçu cette année-là environ 12,6 milliards d'euros de pensions et 5 milliards d'euros de revenus d'activité.
Le nombre de retraités concernés par ce dispositif a considérablement augmenté ces dernières années. Entre 2009 et 2020, le nombre de bénéficiaires au régime général a progressé de 75 %, soit trois fois plus rapidement que l'ensemble des retraités. En 2020, environ 700 000 personnes cumulaient ainsi leur pension avec une activité professionnelle rémunérée. Ces retraités ont perçu cette année-là environ 12,6 milliards d'euros de pensions et 5 milliards d'euros de revenus d'activité.
Trois paliers d'âge pour encadrer le cumul
Le nouveau dispositif prévu par le PLFSS 2026 s'articule autour de trois tranches d'âge distinctes, avec des règles d'écrêtement communes aux régimes de base et complémentaires. L'objectif affiché par le gouvernement est de rendre le dispositif plus lisible tout en limitant les situations de double rémunération jugées excessives par les pouvoirs publics.
Pour les retraités qui reprennent une activité avant l'âge légal de départ, c'est-à-dire avant 64 ans à terme, la pension sera intégralement écrêtée à hauteur des revenus d'activité, dès le premier euro perçu. Concrètement, chaque euro gagné en travaillant réduira d'autant le montant de la pension versée. Cette mesure vise à valoriser le dispositif de retraite progressive, considéré comme plus adapté pour les personnes souhaitant réduire progressivement leur activité avant la cessation définitive.
Pour les retraités qui reprennent une activité avant l'âge légal de départ, c'est-à-dire avant 64 ans à terme, la pension sera intégralement écrêtée à hauteur des revenus d'activité, dès le premier euro perçu. Concrètement, chaque euro gagné en travaillant réduira d'autant le montant de la pension versée. Cette mesure vise à valoriser le dispositif de retraite progressive, considéré comme plus adapté pour les personnes souhaitant réduire progressivement leur activité avant la cessation définitive.
Les 64-67 ans particulièrement concernés
La tranche d'âge comprise entre l'âge légal de départ et 67 ans sera soumise à un régime de cumul partiel. La pension de retraite sera écrêtée à hauteur de 50 % des revenus d'activité qui dépassent un seuil annuel fixé par décret. Ce seuil devrait être établi aux alentours de 7 000 euros de revenus d'activité par an. En dessous de ce montant, le retraité pourra cumuler intégralement sa pension et ses revenus professionnels sans aucune réduction.
Pour illustrer l'impact de cette mesure, prenons l'exemple d'un retraité de 65 ans percevant une pension mensuelle de 1 400 euros et gagnant 9 000 euros par an grâce à une activité à temps partiel. Ce retraité dépasse le seuil de 7 000 euros de 2 000 euros. L'écrêtement de 50 % s'appliquera sur ce dépassement, soit une réduction de 1 000 euros sur sa pension annuelle. Sa pension passera ainsi de 16 800 euros à 15 800 euros par an.
Pour illustrer l'impact de cette mesure, prenons l'exemple d'un retraité de 65 ans percevant une pension mensuelle de 1 400 euros et gagnant 9 000 euros par an grâce à une activité à temps partiel. Ce retraité dépasse le seuil de 7 000 euros de 2 000 euros. L'écrêtement de 50 % s'appliquera sur ce dépassement, soit une réduction de 1 000 euros sur sa pension annuelle. Sa pension passera ainsi de 16 800 euros à 15 800 euros par an.
Un cumul libre uniquement après 67 ans
Ce n'est qu'à partir de 67 ans, âge d'annulation de la décote, que les retraités pourront à nouveau bénéficier d'un cumul intégral et libre. Ils pourront alors cumuler sans limite leur pension et leurs revenus d'activité, tout en acquérant de nouveaux droits ouvrant à une seconde pension de retraite. Cette seconde pension sera calculée en fonction des cotisations versées pendant la période de cumul.
Le gouvernement estime que cette réforme permettra de réaliser des économies substantielles pour les finances de la Sécurité sociale. Les projections tablent sur environ 400 millions d'euros d'économies dès 2027, avec un objectif de 1,9 milliard d'euros à l'horizon 2030. Ces économies s'inscrivent dans un contexte de déficit chronique des comptes sociaux, le déficit de la branche vieillesse étant estimé à près de 6 milliards d'euros pour 2025.
Le gouvernement estime que cette réforme permettra de réaliser des économies substantielles pour les finances de la Sécurité sociale. Les projections tablent sur environ 400 millions d'euros d'économies dès 2027, avec un objectif de 1,9 milliard d'euros à l'horizon 2030. Ces économies s'inscrivent dans un contexte de déficit chronique des comptes sociaux, le déficit de la branche vieillesse étant estimé à près de 6 milliards d'euros pour 2025.
Une réforme qui ne concernera pas les retraités actuels
Les nouvelles règles s'appliqueront exclusivement aux personnes qui liquideront leur première retraite de base à compter du 1er janvier 2027. Les retraités déjà en situation de cumul emploi-retraite à cette date ne seront pas concernés par ces modifications et conserveront le bénéfice des règles actuelles. Cette disposition vise à préserver les droits acquis et à éviter une application rétroactive qui aurait pu susciter une forte contestation.
Le texte prévoit également la suppression du délai d'attente de six mois actuellement imposé pour reprendre une activité chez son dernier employeur dans le cadre du cumul partiel. Cette simplification devrait faciliter la continuité opérationnelle pour les entreprises souhaitant réembaucher rapidement un salarié parti à la retraite. La mesure répond ainsi aux besoins de certains secteurs confrontés à des pénuries de main-d'œuvre, notamment dans les professions médicales où le cumul emploi-retraite constitue une ressource importante.
Le texte prévoit également la suppression du délai d'attente de six mois actuellement imposé pour reprendre une activité chez son dernier employeur dans le cadre du cumul partiel. Cette simplification devrait faciliter la continuité opérationnelle pour les entreprises souhaitant réembaucher rapidement un salarié parti à la retraite. La mesure répond ainsi aux besoins de certains secteurs confrontés à des pénuries de main-d'œuvre, notamment dans les professions médicales où le cumul emploi-retraite constitue une ressource importante.
Sources :
« Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 », Vie-publique.fr, 12 décembre 2025
« Sécurité sociale 2025 - Le cumul emploi-retraite : un coût élevé, une cohérence à établir », Cour des comptes, mai 2025
« Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 », Vie-publique.fr, 12 décembre 2025
« Sécurité sociale 2025 - Le cumul emploi-retraite : un coût élevé, une cohérence à établir », Cour des comptes, mai 2025


