700 patients français sous cannabis médical depuis la prolongation indéterminée de l'expérimentation au-delà du 31 mars 2026
Ce qui devait s'arrêter le 31 mars n'a pas été prolongé — officiellement
Le 31 mars 2026 devait être la date butoir. Elle était inscrite dans les textes et communiquée depuis des mois aux 700 patients encore sous traitement.
Après cette date, plus rien n'était prévu : ni ordonnance, ni remboursement, ni cadre légal pour poursuivre un traitement commencé en 2021, 2022 ou 2023.
Sauf qu'à la dernière minute, le ministère de la Santé a modifié sa propre règle. La page officielle de service-public.gouv.fr, mise à jour fin mars, précise désormais que la période de transition est "prolongée jusqu'à 3 mois après la publication (à venir) de l'avis de la HAS".
Une formulation qui a de quoi surprendre : personne ne sait quand cet avis sera publié.
Vous êtes concerné par cette expérimentation ? Sachez que seuls les patients inclus avant le 27 mars 2024 peuvent continuer à bénéficier de prescriptions.
Aucun nouveau patient ne peut intégrer le dispositif, quelle que soit la gravité de sa pathologie. Ni votre médecin traitant, ni un centre antidouleur, ni un neurologue ne peuvent vous y faire entrer.
Le cannabis médical, sous forme d'huile ou de fleurs à vaporiser, est délivré en France depuis le 26 mars 2021 dans cinq indications strictement encadrées : douleurs neuropathiques réfractaires aux traitements habituels, certaines épilepsies pharmaco-résistantes, symptômes rebelles en oncologie, situations palliatives, et spasticité douloureuse de la sclérose en plaques.
Après cette date, plus rien n'était prévu : ni ordonnance, ni remboursement, ni cadre légal pour poursuivre un traitement commencé en 2021, 2022 ou 2023.
Sauf qu'à la dernière minute, le ministère de la Santé a modifié sa propre règle. La page officielle de service-public.gouv.fr, mise à jour fin mars, précise désormais que la période de transition est "prolongée jusqu'à 3 mois après la publication (à venir) de l'avis de la HAS".
Une formulation qui a de quoi surprendre : personne ne sait quand cet avis sera publié.
Vous êtes concerné par cette expérimentation ? Sachez que seuls les patients inclus avant le 27 mars 2024 peuvent continuer à bénéficier de prescriptions.
Aucun nouveau patient ne peut intégrer le dispositif, quelle que soit la gravité de sa pathologie. Ni votre médecin traitant, ni un centre antidouleur, ni un neurologue ne peuvent vous y faire entrer.
Le cannabis médical, sous forme d'huile ou de fleurs à vaporiser, est délivré en France depuis le 26 mars 2021 dans cinq indications strictement encadrées : douleurs neuropathiques réfractaires aux traitements habituels, certaines épilepsies pharmaco-résistantes, symptômes rebelles en oncologie, situations palliatives, et spasticité douloureuse de la sclérose en plaques.
De 3 000 patients en 2022 à 700 aujourd'hui : l'expérimentation française en sursis
Au pic de l'expérimentation, près de 3 000 patients étaient inclus dans le dispositif. Ce chiffre n'a cessé de fondre depuis.
Gel des inclusions en mars 2024, effets indésirables chez certains, décès d'autres, médecins découragés par la lourdeur administrative : il reste aujourd'hui 700 patients actifs, selon le Pr Nicolas Authier, président du comité scientifique temporaire de l'ANSM, lors d'une réunion tenue en janvier 2026.
Ce chiffre est révélateur. L'expérimentation lancée pour évaluer la prescription du cannabis médical en France a duré cinq ans au lieu des deux prévus initialement, et s'éteint aujourd'hui avant même d'avoir été transformée en cadre permanent.
Pendant ce temps, plus de 400 000 Français pourraient théoriquement bénéficier de ces traitements dans les indications retenues, selon les chiffres présentés lors des consultations de février 2026.
Gel des inclusions en mars 2024, effets indésirables chez certains, décès d'autres, médecins découragés par la lourdeur administrative : il reste aujourd'hui 700 patients actifs, selon le Pr Nicolas Authier, président du comité scientifique temporaire de l'ANSM, lors d'une réunion tenue en janvier 2026.
Ce chiffre est révélateur. L'expérimentation lancée pour évaluer la prescription du cannabis médical en France a duré cinq ans au lieu des deux prévus initialement, et s'éteint aujourd'hui avant même d'avoir été transformée en cadre permanent.
Pendant ce temps, plus de 400 000 Français pourraient théoriquement bénéficier de ces traitements dans les indications retenues, selon les chiffres présentés lors des consultations de février 2026.
Pourquoi la HAS ne peut pas rendre son avis
Tout tient à une signature qui ne vient pas. La ministre de la Santé Stéphanie Rist, en poste depuis le 12 octobre 2025, hérite d'un dossier que son prédécesseur Yannick Neuder avait "oublié" de finaliser, selon plusieurs acteurs du secteur.
Concrètement, la HAS a été saisie le 17 mars 2025 pour évaluer l'intérêt thérapeutique du cannabis médical.
Elle a ouvert son appel à contribution pendant l'été 2025, reçu des dizaines de dossiers laboratoires, et programmé ses premières séances de travail pour fin janvier 2026. Puis tout s'est arrêté.
La Haute Autorité de santé a dû reporter ses séances de travail fin décembre 2025, faute d'un décret gouvernemental qui devait encadrer sa procédure d'évaluation. Ce décret dort en Conseil d'État depuis plus d'un an, et sans lui, la HAS ne peut pas se prononcer.
Or sans avis de la HAS, pas de remboursement pérenne. Et donc, pas de fin à la "période transitoire".
Concrètement, la HAS a été saisie le 17 mars 2025 pour évaluer l'intérêt thérapeutique du cannabis médical.
Elle a ouvert son appel à contribution pendant l'été 2025, reçu des dizaines de dossiers laboratoires, et programmé ses premières séances de travail pour fin janvier 2026. Puis tout s'est arrêté.
Vous êtes patient inclus ✅ Avant 27 mars 2024
Votre situation
Prescription et remboursement maintenus
Renouvellement ordonnance
Tous les 28 jours maximum
Vous êtes un proche ⚠️ Aidant ou famille
Ce que vous pouvez faire
Conserver les ordonnances, anticiper 28 jours à l'avance
Vous n'êtes pas inclus ⚠️ Demande impossible
Votre situation
Aucune intégration possible depuis le 27 mars 2024
Or sans avis de la HAS, pas de remboursement pérenne. Et donc, pas de fin à la "période transitoire".
700 euros par mois à la charge du patient si l'accès s'interrompt
La question du coût est centrale. Les médicaments à base de cannabis délivrés dans l'expérimentation (huiles pharmaceutiques, fleurs à vaporiser) sont pris en charge par l'Assurance maladie uniquement dans le cadre de cette période transitoire.
Hors remboursement, le coût d'un traitement mensuel avoisine les 700 euros par mois, selon les estimations recueillies auprès des associations de patients.
Pour une personne en situation d'invalidité percevant une pension moyenne autour de 1 000 euros mensuels, la dépense serait impossible à absorber. C'est la raison pour laquelle le ministère a consenti à prolonger encore la période de transition, plutôt que d'assumer l'arrêt sec au 1er avril.
Ce sera à la HAS de classer chaque indication, quand elle pourra enfin se prononcer.
Hors remboursement, le coût d'un traitement mensuel avoisine les 700 euros par mois, selon les estimations recueillies auprès des associations de patients.
Pour une personne en situation d'invalidité percevant une pension moyenne autour de 1 000 euros mensuels, la dépense serait impossible à absorber. C'est la raison pour laquelle le ministère a consenti à prolonger encore la période de transition, plutôt que d'assumer l'arrêt sec au 1er avril.
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Douleurs chroniques des seniors : comprendre les traitements disponibles
Le modèle de remboursement envisagé, présenté en consultation le 18 février 2026, reposerait sur quatre niveaux : 65 % pour un bénéfice thérapeutique jugé majeur, 30 % pour un bénéfice modéré, 10 % pour un bénéfice mineur, 0 % si le service médical rendu est insuffisant (spécifique au projet de décret cannabis, différent de la nomenclature SMR standard (65/30/15/0, NDLR). Douleurs chroniques des seniors : comprendre les traitements disponibles
Ce sera à la HAS de classer chaque indication, quand elle pourra enfin se prononcer.
Ce qui reste à venir — et ce qui dépend de chacun
Selon le calendrier présenté à la Direction générale de la santé en février 2026, deux décrets doivent encore être signés. Le premier encadre l'évaluation HAS, le second autorise la culture industrielle du cannabis à usage médical en France.
Si ces signatures interviennent au printemps 2026, la HAS pourrait rendre son avis en octobre ou novembre 2026.
Ajoutez à cela les "3 mois après publication" prévus par la nouvelle formulation de service-public.gouv.fr : le remboursement des 700 patients actuels serait alors garanti jusqu'à janvier ou février 2027 au plus tôt.
Dans le meilleur scénario. En cas de nouveau retard administratif, un scénario devenu la norme sur ce dossier depuis cinq ans, la prolongation se répètera une nouvelle fois, sans date de fin connue.
Pour les patients actuellement sous traitement, une précaution s'impose : conserver scrupuleusement toutes les ordonnances délivrées depuis 2021, documenter la continuité du traitement, et maintenir un contact régulier avec la structure de référence qui assure le suivi.
Si un changement de médecin ou de pharmacien est nécessaire (déménagement, départ à la retraite du prescripteur), le nouveau praticien doit obligatoirement avoir suivi la formation ANSM dédiée.
Si ces signatures interviennent au printemps 2026, la HAS pourrait rendre son avis en octobre ou novembre 2026.
Ajoutez à cela les "3 mois après publication" prévus par la nouvelle formulation de service-public.gouv.fr : le remboursement des 700 patients actuels serait alors garanti jusqu'à janvier ou février 2027 au plus tôt.
Dans le meilleur scénario. En cas de nouveau retard administratif, un scénario devenu la norme sur ce dossier depuis cinq ans, la prolongation se répètera une nouvelle fois, sans date de fin connue.
Pour les patients actuellement sous traitement, une précaution s'impose : conserver scrupuleusement toutes les ordonnances délivrées depuis 2021, documenter la continuité du traitement, et maintenir un contact régulier avec la structure de référence qui assure le suivi.
Si un changement de médecin ou de pharmacien est nécessaire (déménagement, départ à la retraite du prescripteur), le nouveau praticien doit obligatoirement avoir suivi la formation ANSM dédiée.
Ce qu'il faut retenir
- La période de transition, qui devait s'achever le 31 mars 2026, est prolongée jusqu'à 3 mois après la publication de l'avis de la HAS — sans date butoir connue.
- 700 patients restent concernés aujourd'hui (contre près de 3 000 au pic de 2022), tous inclus avant le 27 mars 2024. Aucun nouveau patient ne peut entrer dans le dispositif.
- L'avis HAS est attendu en octobre ou novembre 2026 dans le meilleur scénario, ce qui garantirait le remboursement jusqu'à janvier-février 2027 au plus tôt.
- Hors remboursement, le traitement coûte environ 700 euros par mois au patient. Conservez toutes vos ordonnances et restez en lien avec votre structure de référence.
Sources :
- Service-public.gouv.fr, fiche F35817 "Cannabis thérapeutique", mise à jour 28 mars 2025
- ANSM, dossier thématique "Cannabis à usage médical", 2026
- Haute Autorité de santé, saisine sur les médicaments à base de cannabis, 17 mars 2025
- Ministère de la Santé, des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées, communiqués 2025-2026
- Pr Nicolas Authier, comité scientifique temporaire ANSM, réunion du 14 janvier 2026
- Sénat, question écrite n°03838, réponse du ministère de la Santé, 2025
- Service-public.gouv.fr, fiche F35817 "Cannabis thérapeutique", mise à jour 28 mars 2025
- ANSM, dossier thématique "Cannabis à usage médical", 2026
- Haute Autorité de santé, saisine sur les médicaments à base de cannabis, 17 mars 2025
- Ministère de la Santé, des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées, communiqués 2025-2026
- Pr Nicolas Authier, comité scientifique temporaire ANSM, réunion du 14 janvier 2026
- Sénat, question écrite n°03838, réponse du ministère de la Santé, 2025
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