Actualité Médicale

Calvitie après 50 ans : ce nouveau traitement qui suscite un espoir inédit

Par | Publié le 02/02/2026 à 19:24

Des millions d'hommes de plus de 50 ans sont concernés par la perte de cheveux, sans traitement médicamenteux adapté à leur âge. Une molécule expérimentale, pas encore publiée dans une revue scientifique, ouvre une piste inédite.


Ce qu'il faut retenir

  1. Le laboratoire Cosmo Pharmaceuticals a annoncé le 3 décembre 2025 des résultats préliminaires de Phase III pour la clascotérone (Breezula), une lotion contre la calvitie masculine
  2. C'est le premier nouveau mécanisme d'action contre la perte de cheveux en plus de 30 ans : la molécule bloque l'hormone responsable directement sur le cuir chevelu, sans effets sur le reste du corps
  3. Aucun traitement médicamenteux contre la calvitie n'est actuellement autorisé en France pour les hommes de plus de 41 ans, ce qui rend cette piste particulièrement intéressante pour les seniors
  4. L'étude n'est pas encore publiée dans une revue scientifique et les résultats restent préliminaires : la mise sur le marché n'est pas attendue avant 2027 aux États-Unis et 2028 en Europe
  5. Ce traitement ne peut pas recréer des follicules disparus : il cible les stades modérés de calvitie, pas les zones déjà totalement dégarnies
Un senior tient un flacon de lotion capillaire devant son miroir, regardant son crâne dégarni © SeniorActu
Un senior tient un flacon de lotion capillaire devant son miroir, regardant son crâne dégarni © SeniorActu

Un laboratoire annonce une première en trente ans

Le 3 décembre 2025, le laboratoire irlandais Cosmo Pharmaceuticals a publié les résultats préliminaires de deux essais cliniques de Phase III pour une molécule baptisée clascotérone, développée sous le nom de Breezula. La nouvelle a immédiatement fait bondir le cours de l'action de plus de 20%.

Relayée début février 2026 par TF1, RTL et de nombreux autres médias français, cette annonce suscite un intérêt considérable. Le Dr Vincent Valinducq, intervenu sur TF1 le 2 février 2026, a toutefois rappelé qu'il s'agissait de résultats préliminaires, non encore publiés dans une revue scientifique.

Concrètement, la clascotérone est une lotion à appliquer sur le cuir chevelu. Son mécanisme est inédit : elle bloque la dihydrotestostérone (DHT, l'hormone responsable de la chute des cheveux) directement au niveau du follicule pileux, sans que la molécule ne passe dans le sang. C'est ce que les dermatologues appellent un « antagoniste topique des récepteurs androgéniques ». En clair, le traitement agit localement, là où le problème se situe, sans perturber l'équilibre hormonal général du corps.

C'est la première innovation thérapeutique dans ce domaine depuis plus de trente ans. Depuis les années 1990, les seules options médicamenteuses restaient le minoxidil (en application locale) et le finastéride (en comprimés).

Des résultats préliminaires qui restent à confirmer

Les deux essais, baptisés SCALP-1 et SCALP-2, ont inclus 1 465 hommes atteints d'alopécie androgénétique (la forme la plus courante de calvitie héréditaire), recrutés aux États-Unis et en Europe. Les participants ont appliqué la solution pendant six mois, deux fois par jour.

Les résultats communiqués par le laboratoire font état d'améliorations relatives du nombre de cheveux dans la zone traitée de +539% dans la première étude et de +168% dans la seconde, par rapport au groupe ayant reçu un placebo. L'analyse combinée des deux essais indique une amélioration relative de +252% (p<0,05). L'écart important entre les deux études n'est pas inhabituel dans la recherche capillaire, où la variabilité dépend de la sévérité initiale de la calvitie et des caractéristiques des centres participants.

Côté sécurité, les effets indésirables observés sont comparables à ceux du groupe placebo, et aucun effet hormonal sur le reste du corps n'a été détecté.

Plusieurs réserves majeures doivent être soulignées. Le laboratoire n'a communiqué que des améliorations relatives, pas les chiffres absolus du nombre de cheveux regagnés. L'étude n'a pas encore été soumise à une revue par les pairs, étape indispensable pour valider scientifiquement ces résultats. Le Dr Valinducq a insisté sur TF1 : d'autres données sont attendues dans les prochains mois.

Pourquoi cette annonce concerne particulièrement les seniors

En France, la calvitie touche environ un homme sur quatre avant 65 ans, et près d'un homme sur trois (31%) après 65 ans, selon l'IFOP. À l'échelle mondiale, l'alopécie androgénétique concerne entre 1,2 et 2 milliards d'hommes, selon Cosmo Pharmaceuticals. La France figure au troisième rang mondial des pays les plus touchés, avec 44% des hommes concernés (source Medihair).

Or, les seniors sont aujourd'hui dans une impasse thérapeutique. Le finastéride, seul médicament oral autorisé contre la calvitie en France, est réservé aux hommes de 18 à 41 ans, comme le précise l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM). Au-delà de cet âge, il n'existe plus aucun traitement médicamenteux spécifiquement autorisé, hormis le minoxidil en application locale, disponible sans ordonnance mais dont l'efficacité reste modeste.

La clascotérone, si elle devait un jour être autorisée, pourrait potentiellement combler ce vide. Son application topique et l'absence d'effets systémiques observés à ce stade pourraient en faire une option adaptée aux hommes plus âgés, souvent déjà sous traitement pour d'autres pathologies.
 
Actuels Traitements existants
💊
Finastéride (comprimés)
Réservé aux 18-41 ans
💧
Minoxidil (lotion)
Sans limite d'âge, efficacité modeste
⚠️
Après 41 ans
Aucun médicament spécifique autorisé
Expérimental Clascotérone (Breezula)
🧴
Type de traitement
Lotion à appliquer sur le cuir chevelu
🧓
Limite d'âge envisagée
Aucune évoquée à ce stade
📅
Disponibilité estimée
Pas avant 2028 en Europe

Ce qu'il faut savoir avant de s'emballer

Si l'enthousiasme est compréhensible, plusieurs éléments invitent à la prudence. D'abord, la clascotérone ne peut pas recréer des follicules pileux déjà disparus. Comme le rappellent plusieurs dermatologues spécialisés, ce type de traitement vise à protéger et améliorer les follicules existants. Pour les zones totalement dégarnies, la greffe capillaire reste la seule option restauratrice.

Ensuite, le calendrier reste long. Cosmo Pharmaceuticals doit d'abord achever le suivi de sécurité sur douze mois, prévu au printemps 2026. Les dépôts de demande d'autorisation auprès de la FDA (autorité américaine du médicament) et de l'EMA (Agence européenne des médicaments) interviendront ensuite. Selon les analystes, une mise sur le marché aux États-Unis ne serait pas envisageable avant fin 2027, et en Europe pas avant 2028.

Par ailleurs, même en cas d'autorisation, ce traitement nécessiterait une application continue. Comme pour le minoxidil actuel, l'arrêt du traitement entraînerait probablement une reprise de la chute des cheveux. Le coût mensuel estimé, autour de 100 dollars par mois aux États-Unis selon les projections du laboratoire, reste une inconnue pour le marché européen.

Enfin, les seniors intéressés doivent se méfier des offres frauduleuses qui circulent déjà sur internet. La clascotérone dosée à 5% pour le cuir chevelu n'est actuellement disponible nulle part : elle reste un produit expérimental, réservé aux participants des essais cliniques. Seule la version dosée à 1% (Winlevi), destinée au traitement de l'acné, est commercialisée, et son utilisation sur le cuir chevelu n'est pas validée.

Pour consulter les informations officielles sur les traitements actuellement autorisés contre la calvitie, l'ANSM met à disposition un dossier complet sur le finastéride et la chute de cheveux. Les résultats détaillés de l'essai clinique sont disponibles sur le site de Cosmo Pharmaceuticals.


Sources :
- Cosmo Pharmaceuticals, communiqué de presse, 3 décembre 2025
- ANSM, dossier thématique Finastéride 1 mg et chute de cheveux, 2022
- IFOP, Les Français et la chute de cheveux, décembre 2014
- TF1, La Matinale, intervention du Dr Vincent Valinducq, 2 février 2026
- Dermatology Times, Clascoterone 5% Delivers Strong Phase 3 Hair-Growth Results, janvier 2026



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