Pourquoi votre net a baissé alors que la pension a monté
Depuis le virement de février, le même scénario se répète dans des milliers de foyers. La pension de base a grimpé de 0,9 % au 1er janvier, mais le montant net versé, lui, a reculé.
En cause, un changement de taux de CSG, la contribution sociale généralisée prélevée à la source par votre caisse, directement sur la pension brute. Ce taux ne dépend pas du montant de votre retraite, mais de votre revenu fiscal de référence, le RFR.
Pour 2026, c'est le RFR de 2024 qui commande, celui qui figure sur l'avis d'impôt reçu à l'été 2025. Il se lit page 2, ligne 25.
Un seul chiffre, transmis par le fisc à votre caisse, et toute votre année de prélèvements en découle.
En cause, un changement de taux de CSG, la contribution sociale généralisée prélevée à la source par votre caisse, directement sur la pension brute. Ce taux ne dépend pas du montant de votre retraite, mais de votre revenu fiscal de référence, le RFR.
Pour 2026, c'est le RFR de 2024 qui commande, celui qui figure sur l'avis d'impôt reçu à l'été 2025. Il se lit page 2, ligne 25.
Un seul chiffre, transmis par le fisc à votre caisse, et toute votre année de prélèvements en découle.
Les quatre tranches du barème 2026, et le seuil qui fait basculer
Le système repose sur quatre tranches, et tout se joue au franchissement d'un seuil. Pour une personne seule comptant une part fiscale, le barème 2026 fixe l'exonération totale jusqu'à 13 048 euros de RFR.
Au-delà, le taux réduit de 3,8 % court jusqu'à 17 057 euros. Le taux médian de 6,6 % prend le relais jusqu'à 26 472 euros, puis le taux normal de 8,3 % s'applique au-dessus.
Les plafonds montent avec le nombre de parts, mais pas du même pas selon la tranche. Un couple disposant de deux parts est ainsi exonéré jusqu'à 20 016 euros, conserve le taux réduit jusqu'à 26 167 euros, puis le taux médian jusqu'à 40 604 euros avant de basculer au taux normal.
Ces seuils n'ont été revalorisés que de 1,8 % pour 2026. Or les pensions de 2024 avaient progressé de 5,3 %, un écart qui a mécaniquement poussé une partie des retraités dans la tranche supérieure, sans que leur niveau de vie réel ait bougé.
Au-delà, le taux réduit de 3,8 % court jusqu'à 17 057 euros. Le taux médian de 6,6 % prend le relais jusqu'à 26 472 euros, puis le taux normal de 8,3 % s'applique au-dessus.
Les plafonds montent avec le nombre de parts, mais pas du même pas selon la tranche. Un couple disposant de deux parts est ainsi exonéré jusqu'à 20 016 euros, conserve le taux réduit jusqu'à 26 167 euros, puis le taux médian jusqu'à 40 604 euros avant de basculer au taux normal.
Ces seuils n'ont été revalorisés que de 1,8 % pour 2026. Or les pensions de 2024 avaient progressé de 5,3 %, un écart qui a mécaniquement poussé une partie des retraités dans la tranche supérieure, sans que leur niveau de vie réel ait bougé.
Ce qu'une bascule de tranche coûte vraiment
La CSG n'arrive jamais seule, et c'est ce cumul qui rend la marche douloureuse. Au taux réduit, vous acquittez 3,8 % de CSG plus 0,5 % de CRDS, soit 4,3 % au total.
Au taux médian, une troisième ligne s'ajoute, la contribution additionnelle de solidarité pour l'autonomie, ou Casa. Fixée à 0,3 %, elle finance l'aide aux personnes âgées dépendantes et ne touche que les taux médian et normal, ce qui porte le prélèvement global à 7,4 %, puis à 9,1 % au taux normal.
Une partie de cette CSG reste déductible de votre impôt sur le revenu, mais de façon inégale. Cette part déductible est de 3,8 points au taux réduit, de 4,2 points au taux médian et de 5,9 points au taux normal, le reste s'ajoutant à votre revenu imposable.
Reste la facture brute. Sur une pension de 1 500 euros, le seul taux réduit représente déjà près de 57 euros prélevés chaque mois.
Et passer du médian au normal, c'est perdre 1,7 point supplémentaire d'un coup. Sur une retraite brute de 2 000 euros par mois, cette bascule représente près de 400 euros ponctionnés en plus sur l'année, soit l'équivalent d'une mensualité amputée.
Au taux médian, une troisième ligne s'ajoute, la contribution additionnelle de solidarité pour l'autonomie, ou Casa. Fixée à 0,3 %, elle finance l'aide aux personnes âgées dépendantes et ne touche que les taux médian et normal, ce qui porte le prélèvement global à 7,4 %, puis à 9,1 % au taux normal.
Une partie de cette CSG reste déductible de votre impôt sur le revenu, mais de façon inégale. Cette part déductible est de 3,8 points au taux réduit, de 4,2 points au taux médian et de 5,9 points au taux normal, le reste s'ajoutant à votre revenu imposable.
Reste la facture brute. Sur une pension de 1 500 euros, le seul taux réduit représente déjà près de 57 euros prélevés chaque mois.
Et passer du médian au normal, c'est perdre 1,7 point supplémentaire d'un coup. Sur une retraite brute de 2 000 euros par mois, cette bascule représente près de 400 euros ponctionnés en plus sur l'année, soit l'équivalent d'une mensualité amputée.
Le lissage, cette règle qui peut vous protéger de la hausse
Reste une protection que beaucoup ignorent, et qui peut tout changer. Le passage du taux réduit vers un taux supérieur n'est pas automatique l'année du dépassement.
La règle du lissage impose que votre RFR ait franchi le plafond du taux réduit deux années consécutives avant que la hausse ne s'applique. Un dépassement isolé, lié à la vente d'un bien ou à un revenu exceptionnel, ne fait donc pas changer de tranche.
La mécanique joue dans les deux sens, mais pas à la même vitesse. Si vos revenus baissent et repassent sous un seuil, la diminution du taux intervient dès l'année suivante, sans aucun délai.
Repasser sous le seuil d'exonération a un effet immédiat et total. La CSG tombe à zéro, mais aussi la CRDS et la Casa, puisque ces deux contributions disparaissent dès que la CSG n'est plus due.
Certaines pensions échappent enfin totalement à ces prélèvements, comme la retraite du combattant ou l'allocation de solidarité aux personnes âgées, dont les bénéficiaires sont exonérés d'office.
La règle du lissage impose que votre RFR ait franchi le plafond du taux réduit deux années consécutives avant que la hausse ne s'applique. Un dépassement isolé, lié à la vente d'un bien ou à un revenu exceptionnel, ne fait donc pas changer de tranche.
La mécanique joue dans les deux sens, mais pas à la même vitesse. Si vos revenus baissent et repassent sous un seuil, la diminution du taux intervient dès l'année suivante, sans aucun délai.
Repasser sous le seuil d'exonération a un effet immédiat et total. La CSG tombe à zéro, mais aussi la CRDS et la Casa, puisque ces deux contributions disparaissent dès que la CSG n'est plus due.
Certaines pensions échappent enfin totalement à ces prélèvements, comme la retraite du combattant ou l'allocation de solidarité aux personnes âgées, dont les bénéficiaires sont exonérés d'office.
Réversion, erreur de taux : comment vérifier et récupérer
Un dernier point échappe souvent aux titulaires d'une pension de réversion : elle obéit exactement à la même règle. C'est le RFR global du foyer, et non la seule réversion, qui détermine le taux appliqué.
Le taux retenu est en principe identique sur la retraite de base et sur la complémentaire, puisqu'il découle du même avis d'impôt. Une erreur de transmission entre l'administration fiscale et votre caisse reste pourtant possible.
Le premier réflexe consiste à ressortir l'avis d'impôt 2025, à repérer la ligne 25 et à comparer ce RFR au plafond correspondant à votre nombre de parts. Divisez ensuite le montant de CSG figurant sur votre relevé par votre pension brute pour retrouver le taux réellement prélevé.
Si ce taux ne correspond pas à votre situation, une copie de l'avis d'impôt adressée à votre caisse suffit en principe à obtenir la rectification et le remboursement du trop-perçu. Le barème complet et le simulateur officiel sont consultables sur service-public.gouv.fr.
Moralité de l'histoire : derrière trois lettres anodines se cache parfois une mensualité entière de pension...
Le taux retenu est en principe identique sur la retraite de base et sur la complémentaire, puisqu'il découle du même avis d'impôt. Une erreur de transmission entre l'administration fiscale et votre caisse reste pourtant possible.
Le premier réflexe consiste à ressortir l'avis d'impôt 2025, à repérer la ligne 25 et à comparer ce RFR au plafond correspondant à votre nombre de parts. Divisez ensuite le montant de CSG figurant sur votre relevé par votre pension brute pour retrouver le taux réellement prélevé.
Si ce taux ne correspond pas à votre situation, une copie de l'avis d'impôt adressée à votre caisse suffit en principe à obtenir la rectification et le remboursement du trop-perçu. Le barème complet et le simulateur officiel sont consultables sur service-public.gouv.fr.
Moralité de l'histoire : derrière trois lettres anodines se cache parfois une mensualité entière de pension...


