Ce qu'il faut retenir
- Les grands-parents qui gardent leurs petits-enfants obtiennent de meilleurs scores en mémoire et fluidité verbale
- L'effet protecteur est particulièrement marqué chez les grand-mères, avec un déclin cognitif plus lent sur 6 ans
- C'est le fait de garder qui compte, pas la fréquence ni le type d'activité pratiquée
- L'étude a suivi 2 887 grands-parents britanniques de 50 ans et plus pendant 6 ans
- En France, deux tiers des enfants de moins de 6 ans sont gardés au moins occasionnellement par leurs grands-parents
Une étude scientifique qui change le regard sur le rôle des grands-parents
Garder ses petits-enfants serait bon pour le cerveau. C'est la conclusion d'une étude publiée ce lundi 26 janvier 2026 dans la revue scientifique Psychology and Aging, éditée par l'American Psychological Association (APA). Les travaux, menés par des chercheurs de l'Université de Tilburg aux Pays-Bas, apportent un éclairage nouveau sur les bienfaits cognitifs de la relation grands-parents/petits-enfants.
« De nombreux grands-parents s'occupent régulièrement de leurs petits-enfants, un soutien qui profite aux familles et à la société dans son ensemble », explique Flavia Chereches, doctorante et auteure principale de l'étude. « Nous voulions savoir si cette aide pouvait également bénéficier aux grands-parents eux-mêmes, en ralentissant potentiellement le déclin cognitif. »
« De nombreux grands-parents s'occupent régulièrement de leurs petits-enfants, un soutien qui profite aux familles et à la société dans son ensemble », explique Flavia Chereches, doctorante et auteure principale de l'étude. « Nous voulions savoir si cette aide pouvait également bénéficier aux grands-parents eux-mêmes, en ralentissant potentiellement le déclin cognitif. »
Près de 3 000 grands-parents suivis pendant six ans
Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont analysé les données de 2 887 grands-parents britanniques âgés de 50 ans et plus, avec un âge moyen de 67 ans. Ces participants faisaient partie de l'English Longitudinal Study of Aging, une vaste étude de cohorte sur le vieillissement menée au Royaume-Uni. Tous étaient en bonne santé cognitive au début de l'étude et vivaient de manière autonome.
Entre 2016 et 2022, soit pendant six années consécutives, les grands-parents ont répondu à des questionnaires détaillés et passé des tests cognitifs à trois reprises. Les chercheurs leur ont demandé s'ils avaient gardé un petit-enfant au cours de l'année écoulée, à quelle fréquence, et quelles activités ils pratiquaient avec eux. Le questionnaire couvrait un large éventail de situations : garde de nuit, soins en cas de maladie, aide aux devoirs, jeux et activités de loisirs, préparation des repas, accompagnement à l'école ou aux activités extrascolaires.
Les résultats sont sans appel. Les grands-parents qui gardent leurs petits-enfants obtiennent de meilleurs scores aux tests de mémoire et de fluidité verbale que ceux qui ne le font pas. Ces deux fonctions cognitives sont essentielles au quotidien : la mémoire permet de retenir les informations, tandis que la fluidité verbale mesure la capacité à trouver rapidement les mots justes. Et ce constat reste valable même après ajustement des facteurs pouvant influencer les résultats, comme l'âge, l'état de santé général, le niveau d'éducation ou le mode de vie.
Entre 2016 et 2022, soit pendant six années consécutives, les grands-parents ont répondu à des questionnaires détaillés et passé des tests cognitifs à trois reprises. Les chercheurs leur ont demandé s'ils avaient gardé un petit-enfant au cours de l'année écoulée, à quelle fréquence, et quelles activités ils pratiquaient avec eux. Le questionnaire couvrait un large éventail de situations : garde de nuit, soins en cas de maladie, aide aux devoirs, jeux et activités de loisirs, préparation des repas, accompagnement à l'école ou aux activités extrascolaires.
Les résultats sont sans appel. Les grands-parents qui gardent leurs petits-enfants obtiennent de meilleurs scores aux tests de mémoire et de fluidité verbale que ceux qui ne le font pas. Ces deux fonctions cognitives sont essentielles au quotidien : la mémoire permet de retenir les informations, tandis que la fluidité verbale mesure la capacité à trouver rapidement les mots justes. Et ce constat reste valable même après ajustement des facteurs pouvant influencer les résultats, comme l'âge, l'état de santé général, le niveau d'éducation ou le mode de vie.
Un effet protecteur particulièrement marqué chez les grand-mères
L'étude révèle une différence notable entre les sexes. Les grand-mères qui gardent leurs petits-enfants présentent un déclin cognitif plus lent au fil du temps, comparé à celles qui ne participent pas à cette activité. Leurs capacités de mémoire et d'expression restent plus stables sur les six années de suivi. Cette protection semble spécifique aux femmes.
Chez les grands-pères, les bénéfices initiaux sont également observés : ceux qui gardent leurs petits-enfants affichent de meilleurs scores cognitifs. Cependant, le rythme de leur déclin reste similaire à celui des non-aidants. Les chercheurs avancent une hypothèse pour expliquer cette différence : les grand-mères sont généralement plus impliquées dans les soins physiques et émotionnels des enfants, tandis que les grands-pères se concentrent davantage sur les activités de loisirs. Cette implication plus intense pourrait renforcer l'effet protecteur.
Fait remarquable de cette recherche : « Ce qui nous a le plus frappés, c'est que le simple fait d'être un grand-parent aidant semble plus important pour le fonctionnement cognitif que la fréquence des gardes ou le type d'activités pratiquées avec les petits-enfants », souligne Flavia Chereches. Ce n'est donc pas la quantité qui compte, mais bien l'engagement dans ce rôle. Garder ses petits-enfants une fois par mois ou plusieurs fois par semaine produirait des effets comparables.
Chez les grands-pères, les bénéfices initiaux sont également observés : ceux qui gardent leurs petits-enfants affichent de meilleurs scores cognitifs. Cependant, le rythme de leur déclin reste similaire à celui des non-aidants. Les chercheurs avancent une hypothèse pour expliquer cette différence : les grand-mères sont généralement plus impliquées dans les soins physiques et émotionnels des enfants, tandis que les grands-pères se concentrent davantage sur les activités de loisirs. Cette implication plus intense pourrait renforcer l'effet protecteur.
Fait remarquable de cette recherche : « Ce qui nous a le plus frappés, c'est que le simple fait d'être un grand-parent aidant semble plus important pour le fonctionnement cognitif que la fréquence des gardes ou le type d'activités pratiquées avec les petits-enfants », souligne Flavia Chereches. Ce n'est donc pas la quantité qui compte, mais bien l'engagement dans ce rôle. Garder ses petits-enfants une fois par mois ou plusieurs fois par semaine produirait des effets comparables.
Plus de 15 millions de grands-parents concernés en France
Ces résultats concernent directement les seniors français. Selon l'INSEE, la France compte plus de 15 millions de grands-parents, soit près d'un quart de la population. Et d'après une étude de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques), environ deux tiers des enfants de moins de 6 ans sont gardés au moins occasionnellement par leurs grands-parents. Le mercredi constitue un jour particulièrement prisé pour ces gardes, avec des durées souvent plus longues qu'en semaine.
L'étude rappelle toutefois une nuance importante qui mérite d'être soulignée. « Fournir une aide volontairement, dans un environnement familial bienveillant, peut avoir des effets différents que s'occuper de ses petits-enfants dans un contexte stressant, où le grand-parent se sent peu soutenu ou perçoit cette garde comme une contrainte », précise la chercheuse. Les bénéfices cognitifs seraient donc optimaux lorsque la garde est choisie et non subie.
Ces travaux s'inscrivent dans un courant de recherche plus large sur les bienfaits du lien social et de l'activité mentale pour prévenir le déclin cognitif lié à l'âge. L'isolement social est d'ailleurs reconnu par l'Organisation mondiale de la santé comme un facteur de risque de troubles neurocognitifs. À l'inverse, les activités qui impliquent des interactions sociales, une stimulation intellectuelle et un engagement émotionnel contribuent à maintenir le cerveau en bonne santé.
Garder ses petits-enfants coche toutes ces cases. Cette activité stimule en effet plusieurs fonctions cérébrales : la planification pour organiser les journées, la résolution de problèmes face aux imprévus, la communication pour échanger avec les enfants, et la mémoire pour se souvenir de leurs habitudes et préférences. Elle crée également un sentiment d'utilité et de connexion émotionnelle, deux facteurs reconnus pour améliorer le bien-être psychologique des seniors. Autant d'éléments qui maintiennent le cerveau actif et protègent contre le déclin cognitif.
L'étude rappelle toutefois une nuance importante qui mérite d'être soulignée. « Fournir une aide volontairement, dans un environnement familial bienveillant, peut avoir des effets différents que s'occuper de ses petits-enfants dans un contexte stressant, où le grand-parent se sent peu soutenu ou perçoit cette garde comme une contrainte », précise la chercheuse. Les bénéfices cognitifs seraient donc optimaux lorsque la garde est choisie et non subie.
Ces travaux s'inscrivent dans un courant de recherche plus large sur les bienfaits du lien social et de l'activité mentale pour prévenir le déclin cognitif lié à l'âge. L'isolement social est d'ailleurs reconnu par l'Organisation mondiale de la santé comme un facteur de risque de troubles neurocognitifs. À l'inverse, les activités qui impliquent des interactions sociales, une stimulation intellectuelle et un engagement émotionnel contribuent à maintenir le cerveau en bonne santé.
Garder ses petits-enfants coche toutes ces cases. Cette activité stimule en effet plusieurs fonctions cérébrales : la planification pour organiser les journées, la résolution de problèmes face aux imprévus, la communication pour échanger avec les enfants, et la mémoire pour se souvenir de leurs habitudes et préférences. Elle crée également un sentiment d'utilité et de connexion émotionnelle, deux facteurs reconnus pour améliorer le bien-être psychologique des seniors. Autant d'éléments qui maintiennent le cerveau actif et protègent contre le déclin cognitif.
Sources :
- American Psychological Association, Psychology and Aging, 26 janvier 2026
- Université de Tilburg (Pays-Bas), étude Chereches et al., janvier 2026
- INSEE, « 15 millions de grands-parents », Insee Première n°1469
- DREES, « Les grands-parents : un mode de garde régulier ou occasionnel pour deux tiers des jeunes enfants », juin 2018
- American Psychological Association, Psychology and Aging, 26 janvier 2026
- Université de Tilburg (Pays-Bas), étude Chereches et al., janvier 2026
- INSEE, « 15 millions de grands-parents », Insee Première n°1469
- DREES, « Les grands-parents : un mode de garde régulier ou occasionnel pour deux tiers des jeunes enfants », juin 2018





