Ce qu'il faut retenir
- L'abattement fiscal de 10% sur les pensions est intégralement maintenu avec son plafond de 4 399 €
- Le barème de l'impôt sur le revenu est revalorisé de 0,9% (pas de gel)
- Les indemnités journalières pour affection longue durée restent exonérées d'impôt
- La contribution sur les hauts revenus (CDHR) est prolongée pour les foyers gagnant plus de 250 000 € par an
- Les pensions de base ont été revalorisées de 0,9% au 1er janvier 2026
Un budget adopté sans vote après un parcours chaotique
Le jeudi 23 janvier 2026, le gouvernement de Sébastien Lecornu a mis fin à des mois d'incertitude budgétaire. Après le rejet du texte par l'Assemblée nationale en première lecture le 21 novembre 2025, l'adoption d'une version profondément modifiée par le Sénat mi-décembre, puis l'échec de la commission mixte paritaire le 19 décembre, le Premier ministre a finalement recouru à l'article 49.3 de la Constitution pour faire adopter le budget sans vote.
Les deux motions de censure déposées respectivement par la gauche (LFI, écologistes, communistes) et par le Rassemblement national ont été rejetées le même jour, la première à seulement 19 voix de la majorité requise avec 269 voix pour. La loi de finances pour 2026 est donc considérée comme définitivement adoptée dans la version arrêtée par le gouvernement.
Pour les 17 millions de retraités français, ce dénouement met fin à plusieurs mois d'inquiétude intense. Les mesures les plus controversées du projet initial présenté en octobre 2025, comme la suppression de l'abattement de 10% sur les pensions ou le gel du barème de l'impôt sur le revenu, ont finalement été abandonnées. Retour sur les quatre décisions fiscales qui vont impacter votre quotidien en 2026.
Les deux motions de censure déposées respectivement par la gauche (LFI, écologistes, communistes) et par le Rassemblement national ont été rejetées le même jour, la première à seulement 19 voix de la majorité requise avec 269 voix pour. La loi de finances pour 2026 est donc considérée comme définitivement adoptée dans la version arrêtée par le gouvernement.
Pour les 17 millions de retraités français, ce dénouement met fin à plusieurs mois d'inquiétude intense. Les mesures les plus controversées du projet initial présenté en octobre 2025, comme la suppression de l'abattement de 10% sur les pensions ou le gel du barème de l'impôt sur le revenu, ont finalement été abandonnées. Retour sur les quatre décisions fiscales qui vont impacter votre quotidien en 2026.
Mesure n°1 : l'abattement de 10% sur les pensions intégralement préservé
C'était la mesure la plus redoutée par les associations de retraités. Le gouvernement voulait initialement remplacer l'abattement de 10% appliqué aux pensions de retraite par un forfait de 2 000 euros par personne, soit 4 000 euros pour un couple. L'objectif affiché était de mettre davantage à contribution les retraités les plus aisés tout en protégeant les petites pensions.
Dans les faits, cette réforme aurait pénalisé la grande majorité des retraités imposables. Selon les calculs des syndicats, 39% des retraités auraient vu leur impôt augmenter, parfois de plusieurs centaines d'euros par an.
Bonne nouvelle : dans la version définitive adoptée via le 49.3, l'abattement de 10% est intégralement maintenu dans son format actuel. Le plafond reste fixé à 4 399 euros par foyer fiscal et le minimum garanti à 450 euros par retraité. Le Sénat avait pourtant proposé en décembre d'abaisser ce plafond à 3 000 euros pour cibler les pensions les plus élevées, mais cette modification n'a finalement pas été retenue par le gouvernement dans sa copie finale.
Concrètement, si vous percevez une pension de 2 000 euros par mois, soit 24 000 euros par an, vous continuez à bénéficier d'un abattement de 2 400 euros avant calcul de votre impôt. Cet avantage fiscal, parfois méconnu, réduit significativement la facture des retraités imposables.
Dans les faits, cette réforme aurait pénalisé la grande majorité des retraités imposables. Selon les calculs des syndicats, 39% des retraités auraient vu leur impôt augmenter, parfois de plusieurs centaines d'euros par an.
Projet initial Abandonné
Abattement prévu pour un célibataire
Forfait de 2 000 €
Abattement prévu pour un couple
Forfait de 4 000 €
Version finale Adopté
Abattement maintenu
10% (plafond 4 399 €/foyer)
Minimum garanti par retraité
450 €
Bonne nouvelle : dans la version définitive adoptée via le 49.3, l'abattement de 10% est intégralement maintenu dans son format actuel. Le plafond reste fixé à 4 399 euros par foyer fiscal et le minimum garanti à 450 euros par retraité. Le Sénat avait pourtant proposé en décembre d'abaisser ce plafond à 3 000 euros pour cibler les pensions les plus élevées, mais cette modification n'a finalement pas été retenue par le gouvernement dans sa copie finale.
Concrètement, si vous percevez une pension de 2 000 euros par mois, soit 24 000 euros par an, vous continuez à bénéficier d'un abattement de 2 400 euros avant calcul de votre impôt. Cet avantage fiscal, parfois méconnu, réduit significativement la facture des retraités imposables.
Mesure n°2 : le barème de l'impôt revalorisé de 0,9%
Autre menace écartée in extremis : le gel du barème de l'impôt sur le revenu, parfois appelé "année blanche" fiscale. Le projet initial du gouvernement prévoyait de ne pas revaloriser les tranches d'imposition en 2026, contrairement à la pratique habituelle qui consiste à les indexer sur l'inflation.
Cette mesure, chiffrée à 1,9 milliard d'euros d'économies pour l'État, aurait eu un effet pervers : sans revalorisation du barème, de nombreux foyers dont les revenus n'ont augmenté que de l'inflation se seraient retrouvés soit à payer l'impôt pour la première fois, soit à basculer dans une tranche supérieure.
Le gouvernement a finalement renoncé à ce gel fiscal. Le barème de l'impôt sur le revenu sera revalorisé de 0,9%, conformément à l'inflation mesurée par l'Insee. Concrètement, la première tranche imposable au taux de 11% débutera à 11 600 euros au lieu de 11 497 euros l'an dernier.
Pour un retraité dont les revenus n'ont progressé que de l'inflation en 2025, cette revalorisation du barème permet de maintenir son niveau d'imposition stable. Vous ne devriez donc pas avoir de mauvaise surprise lors de votre déclaration de revenus en mai 2026.
Cette mesure, chiffrée à 1,9 milliard d'euros d'économies pour l'État, aurait eu un effet pervers : sans revalorisation du barème, de nombreux foyers dont les revenus n'ont augmenté que de l'inflation se seraient retrouvés soit à payer l'impôt pour la première fois, soit à basculer dans une tranche supérieure.
Le gouvernement a finalement renoncé à ce gel fiscal. Le barème de l'impôt sur le revenu sera revalorisé de 0,9%, conformément à l'inflation mesurée par l'Insee. Concrètement, la première tranche imposable au taux de 11% débutera à 11 600 euros au lieu de 11 497 euros l'an dernier.
Pour un retraité dont les revenus n'ont progressé que de l'inflation en 2025, cette revalorisation du barème permet de maintenir son niveau d'imposition stable. Vous ne devriez donc pas avoir de mauvaise surprise lors de votre déclaration de revenus en mai 2026.
Mesures n°3 et n°4 : ALD préservées, hauts revenus taxés plus longtemps
Deux autres mesures fiscales adoptées dans le budget 2026 concernent directement ou indirectement les retraités.
Première bonne nouvelle : les indemnités journalières versées aux personnes en affection longue durée (ALD) restent totalement exonérées d'impôt sur le revenu. Le gouvernement avait initialement prévu de les fiscaliser intégralement, avant que le Sénat ne propose une exonération partielle de 50%. Dans la version finale, c'est l'exonération totale qui a été retenue. Les retraités en ALD qui perçoivent encore des indemnités journalières ne verront donc pas leur situation fiscale se dégrader.
Seconde mesure, celle-ci défavorable aux plus aisés : la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) est prolongée. Instaurée par la loi de finances 2025, cette contribution garantit que les foyers les plus fortunés paient au minimum 20% d'impôt effectif sur leurs revenus. Sont concernés les célibataires gagnant plus de 250 000 euros par an et les couples dépassant 500 000 euros.
Cette surtaxe devait initialement prendre fin en 2025. Elle sera finalement maintenue jusqu'à ce que le déficit public repasse sous le seuil des 3% du PIB, ce qui n'est pas prévu avant 2029 selon les projections gouvernementales. Environ 24 000 foyers fiscaux sont concernés par ce dispositif.
Première bonne nouvelle : les indemnités journalières versées aux personnes en affection longue durée (ALD) restent totalement exonérées d'impôt sur le revenu. Le gouvernement avait initialement prévu de les fiscaliser intégralement, avant que le Sénat ne propose une exonération partielle de 50%. Dans la version finale, c'est l'exonération totale qui a été retenue. Les retraités en ALD qui perçoivent encore des indemnités journalières ne verront donc pas leur situation fiscale se dégrader.
Seconde mesure, celle-ci défavorable aux plus aisés : la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) est prolongée. Instaurée par la loi de finances 2025, cette contribution garantit que les foyers les plus fortunés paient au minimum 20% d'impôt effectif sur leurs revenus. Sont concernés les célibataires gagnant plus de 250 000 euros par an et les couples dépassant 500 000 euros.
Cette surtaxe devait initialement prendre fin en 2025. Elle sera finalement maintenue jusqu'à ce que le déficit public repasse sous le seuil des 3% du PIB, ce qui n'est pas prévu avant 2029 selon les projections gouvernementales. Environ 24 000 foyers fiscaux sont concernés par ce dispositif.
Ce qui était déjà acté : revalorisation des pensions et suspension de la réforme
Au-delà de la loi de finances stricto sensu, deux mesures importantes pour les retraités avaient déjà été actées via le budget de la Sécurité sociale (PLFSS), définitivement adopté le 16 décembre 2025.
Premièrement, les pensions de retraite de base ont bien été revalorisées de 0,9% au 1er janvier 2026, conformément à l'évolution des prix. Le gel des pensions, un temps envisagé par le gouvernement Bayrou à l'été 2025, a été définitivement écarté sous la pression des syndicats et de l'opposition parlementaire.
Deuxièmement, la réforme des retraites de 2023 est officiellement suspendue jusqu'au 1er janvier 2028. L'accélération du relèvement de l'âge légal de départ à 64 ans est donc mise en pause pendant deux ans. Pour les actifs nés entre 1964 et 1968 et proches de la retraite, cela signifie un calendrier de départ plus favorable que ce qui était initialement prévu par la réforme.
Pour consulter le détail complet des mesures de la loi de finances 2026, rendez-vous sur le dossier législatif de Vie-publique.fr.
Premièrement, les pensions de retraite de base ont bien été revalorisées de 0,9% au 1er janvier 2026, conformément à l'évolution des prix. Le gel des pensions, un temps envisagé par le gouvernement Bayrou à l'été 2025, a été définitivement écarté sous la pression des syndicats et de l'opposition parlementaire.
Deuxièmement, la réforme des retraites de 2023 est officiellement suspendue jusqu'au 1er janvier 2028. L'accélération du relèvement de l'âge légal de départ à 64 ans est donc mise en pause pendant deux ans. Pour les actifs nés entre 1964 et 1968 et proches de la retraite, cela signifie un calendrier de départ plus favorable que ce qui était initialement prévu par la réforme.
Pour consulter le détail complet des mesures de la loi de finances 2026, rendez-vous sur le dossier législatif de Vie-publique.fr.
Sources :
- Vie-publique.fr, Projet de loi de finances pour 2026, 23 janvier 2026
- Assemblée nationale, rejet des motions de censure, 23 janvier 2026
- Service-public.fr, janvier 2026
- Vie-publique.fr, Projet de loi de finances pour 2026, 23 janvier 2026
- Assemblée nationale, rejet des motions de censure, 23 janvier 2026
- Service-public.fr, janvier 2026





