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Bien vieillir : les 4 leviers sur lesquels vous pouvez encore agir après 60 ans, selon une gériatre de l'AP-HP

Par | Publié le 29/12/2025 à 16:55

L'âge inscrit sur votre carte d'identité ne dit pas tout. Une spécialiste du vieillissement de l'hôpital Henri-Mondor rappelle que la prévention reste efficace à tout âge, y compris pour protéger ses fonctions cognitives.

Une femme de 65 ans pratique des exercices physiques chez elle © SeniorActu
Une femme de 65 ans pratique des exercices physiques chez elle © SeniorActu

L'âge chronologique n'est pas l'âge physiologique

Avoir 70 ans sur sa carte d'identité ne signifie pas forcément être vieux. C'est le message que martèle le Pr Marie Laurent, cheffe du service gériatrie de l'hôpital Henri-Mondor de Créteil (AP-HP), dans une interview accordée à Franceinfo ce 29 décembre 2025.

« Nous aimons bien différencier ce qu'on appelle l'âge chronologique, par exemple j'ai 70 ans, versus l'âge physiologique, qui dépend plutôt de comment je suis en fonction de mes problèmes de santé et de comment je me sens », explique la spécialiste. « Il n'y a pas d'âge à partir duquel on est vieux. Il y a des patients qui ont 90 ans, en parfaite santé et qui ne se sentent pas spécialement vieux. »

Cette distinction fondamentale ouvre une perspective encourageante : si une part de notre vieillissement dépend de facteurs génétiques sur lesquels nous n'avons pas de prise, une autre part importante reste entre nos mains.

Nutrition et activité physique : la prévention qui fonctionne vraiment

Le Pr Laurent est catégorique sur les leviers d'action disponibles. « Toutes les mesures faites au niveau nutritionnel et de l'activité physique constituent de la prévention pour l'avenir, pour finalement vieillir mieux », affirme-t-elle.

L'activité physique joue un rôle multiple et désormais bien documenté par la recherche médicale. Elle agit simultanément sur plusieurs fronts : la santé mentale avec une réduction de l'anxiété, la prévention de la dépression, et le maintien des fonctions cognitives.

Ces bénéfices ne sont pas réservés aux personnes déjà en excellente forme. Même les seniors présentant des fragilités peuvent tirer profit d'une activité physique adaptée. L'essentiel est de commencer, quel que soit son niveau de départ.

Agir avant d'être malade : le concept de fragilité

Les gériatres utilisent un concept clé pour identifier les personnes qui peuvent le plus bénéficier de la prévention : la fragilité. Il ne s'agit pas encore de maladie, mais d'une vulnérabilité qui rend la personne à risque.

« Vous n'êtes pas encore malade. Vous n'avez pas forcément de problèmes fonctionnels, mais vous êtes à risque », détaille le Pr Laurent. « Si vous êtes soumis à un stress, vous risquez de développer une perte d'autonomie, des troubles cognitifs ou d'autres problèmes similaires. »

C'est précisément à ce stade que l'intervention est la plus efficace. Prévenir les chutes par l'activité physique, stimuler la mémoire pour retarder les troubles cognitifs : ces actions simples peuvent faire basculer la trajectoire du vieillissement dans le bon sens.

Quatre actions concrètes à mettre en place dès maintenant

À partir des recommandations des spécialistes du vieillissement, voici les quatre leviers prioritaires pour vieillir en meilleure santé.
 
  • Bouger chaque jour : l'objectif recommandé reste 30 minutes d'activité physique quotidienne. La marche, le jardinage, la gymnastique douce ou la natation comptent. L'important est la régularité, pas l'intensité.
  • Soigner son alimentation : une alimentation équilibrée, riche en protéines pour préserver la masse musculaire, avec suffisamment de fruits et légumes, constitue un socle de prévention. La dénutrition reste un danger majeur chez les seniors.
  • Maintenir le lien social : l'isolement accélère le déclin cognitif et physique. Voir ses proches, participer à des activités collectives, rester connecté au monde qui nous entoure protège la santé mentale.
  • Stimuler son cerveau : lecture, jeux de société, apprentissage de nouvelles compétences, conversations stimulantes. Le cerveau a besoin d'être sollicité pour maintenir ses capacités.

Sources
- Franceinfo, Vieillir en bonne santé : interview du Pr Marie Laurent, cheffe du service gériatrie de l'hôpital Henri-Mondor, 29 décembre 2025, https://www.franceinfo.fr/replay-radio/c-est-ma-sante-conseils/
- AP-HP, Hôpitaux universitaires Henri Mondor, Service de gériatrie, https://chu-mondor.aphp.fr/



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