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Alzheimer : l'erreur des 45-64 ans qui augmente de 41 % le risque de démence

Par | Publié le 20/01/2026 à 11:19

Ne pas bouger suffisamment entre 45 et 64 ans pourrait vous coûter cher. Une étude américaine de grande ampleur révèle que les personnes sédentaires à cet âge ont 41 % de risque supplémentaire de développer une démence. La bonne nouvelle : il n'est pas trop tard pour agir.

Comparaison entre une femme sédentaire au bureau et la même femme active travaillant debout © SeniorActu
Comparaison entre une femme sédentaire au bureau et la même femme active travaillant debout © SeniorActu

Le piège de la sédentarité à l'âge mûr

C'est une erreur que des millions de Français commettent sans le savoir. Entre 45 et 64 ans, beaucoup réduisent leur activité physique, pris par le travail, la famille ou simplement par habitude. Or, c'est précisément à cet âge que le manque d'exercice fait le plus de dégâts sur le cerveau.

Une étude publiée le 19 novembre 2025 dans la revue JAMA Network Open le démontre de façon implacable. Les chercheurs de l'Université de Boston ont analysé les données de 4 290 personnes suivies pendant plusieurs décennies dans le cadre de la célèbre étude Framingham.

Résultat : les personnes les moins actives entre 45 et 64 ans avaient 41 % de risque supplémentaire de développer une démence par rapport aux plus actives. Un chiffre qui devrait alerter tous ceux qui passent leurs journées assis.

Pourquoi cette période est-elle si critique ?

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, l'activité physique pratiquée avant 45 ans n'a aucun effet protecteur sur le risque de démence. C'est ce que révèle cette étude qui a suivi les participants sur une période allant jusqu'à 37 ans.

"Identifier les périodes où l'activité physique est la plus bénéfique pour prévenir la démence permettrait d'affiner les recommandations", explique le Dr Phillip Hwang, auteur principal de l'étude. Et selon ses travaux, la quarantaine et la cinquantaine constituent bien une fenêtre d'action décisive.

Les chercheurs avancent une explication : c'est à cet âge que commencent les changements cérébraux qui mènent à la démence, parfois 15 à 20 ans avant les premiers symptômes. Agir tôt, c'est construire une sorte de capital cérébral pour plus tard.

Même avec un risque génétique, l'exercice protège

L'étude apporte une autre révélation importante pour les personnes porteuses du gène APOE ε4, connu pour augmenter le risque de maladie d'Alzheimer.

Entre 45 et 64 ans, l'effet protecteur de l'exercice concerne surtout les personnes non porteuses du gène à risque. Mais après 65 ans, surprise : l'activité physique réduit le risque de démence chez tout le monde, y compris chez les porteurs du gène.

Autrement dit : même si vous avez une prédisposition génétique, il n'est jamais trop tard pour protéger votre cerveau. Les seniors les plus actifs de l'étude avaient 45 % de risque en moins de développer une démence, quelle que soit leur génétique.

Comment corriger le tir dès maintenant

La bonne nouvelle, c'est que vous n'avez pas besoin de devenir marathonien. Selon la Fondation Alzheimer, l'activité aérobie comme la marche rapide, la natation ou le vélo améliore la circulation sanguine vers le cerveau et favorise la création de nouvelles cellules cérébrales.

L'OMS recommande 150 à 300 minutes d'activité modérée par semaine, soit environ 30 minutes de marche rapide par jour. Monter les escaliers au lieu de prendre l'ascenseur, aller faire ses courses à pied, jardiner : chaque geste compte.

Si vous avez entre 45 et 64 ans et que vous bougez peu, cette étude est un signal d'alarme. Ce que vous décidez aujourd'hui peut faire la différence dans 20 ans. Votre cerveau vous remerciera.

Sources :
- JAMA Network Open, 19 novembre 2025
- Fondation Alzheimer, janvier 2026



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