Ce qu'il faut retenir
- Les pensions complémentaires Agirc-Arrco sont gelées depuis le 1er novembre 2025, faute d'accord entre syndicats et patronat lors du conseil d'administration du 17 octobre 2025
- Des juristes syndicaux préparent une assignation devant le tribunal judiciaire pour obtenir une revalorisation ou une compensation rétroactive du gel de 2025
- Le régime dispose de 85,6 milliards d'euros de réserves et a dégagé 1,6 milliard d'excédent technique en 2024 — les syndicats jugent le gel injustifiable
- Une réunion clé entre partenaires sociaux est prévue à la mi-mars 2026 : sans accord, la voie judiciaire deviendrait le principal levier
- Pendant ce temps, les retraites de base ont été revalorisées de 0,9 % au 1er janvier 2026, creusant l'écart avec la complémentaire
Un gel inédit qui dure depuis quatre mois
C'est un blocage sans précédent. Depuis le 1er novembre 2025, la valeur du point Agirc-Arrco — qui sert à calculer chaque pension complémentaire — est gelée à 1,4386 €. Le virement mensuel de 14 millions de retraités du privé stagne, alors que les prix continuent d'augmenter. (Pour comprendre le mécanisme de calcul et l'historique des revalorisations, consultez notre guide complet de la revalorisation Agirc-Arrco 2026.)
L'origine du gel remonte au 17 octobre 2025. Ce jour-là, le conseil d'administration du régime, composé à parts égales de représentants syndicaux et patronaux, ne parvient pas à s'entendre. Les syndicats demandent une revalorisation de 1 %, puis descendent à 0,8 %. Le patronat ne propose que 0,2 %. Aucun compromis ne se dégage. Le blocage est acté.
Résultat : pour la première fois depuis la création du régime unifié en 2019, les pensions complémentaires de 14 millions de retraités du privé restent inchangées à l'échéance annuelle. Et la valeur d'achat du point n'a pas non plus été ajustée au 1er janvier 2026, comme l'a confirmé le site officiel service-public.gouv.fr.
Pendant ce temps, les retraites de base ont été revalorisées de 0,9 % au 1er janvier 2026. Un décalage qui alimente la colère des retraités du privé, pour qui la complémentaire représente entre 30 % et 60 % de la pension totale selon le niveau de revenus. Pour un ancien cadre dont la complémentaire atteint 800 € par mois, l'absence de revalorisation représente un manque à gagner de l'ordre de 5 à 8 € mensuels, qui s'accumulent mois après mois.
L'origine du gel remonte au 17 octobre 2025. Ce jour-là, le conseil d'administration du régime, composé à parts égales de représentants syndicaux et patronaux, ne parvient pas à s'entendre. Les syndicats demandent une revalorisation de 1 %, puis descendent à 0,8 %. Le patronat ne propose que 0,2 %. Aucun compromis ne se dégage. Le blocage est acté.
Résultat : pour la première fois depuis la création du régime unifié en 2019, les pensions complémentaires de 14 millions de retraités du privé restent inchangées à l'échéance annuelle. Et la valeur d'achat du point n'a pas non plus été ajustée au 1er janvier 2026, comme l'a confirmé le site officiel service-public.gouv.fr.
Pendant ce temps, les retraites de base ont été revalorisées de 0,9 % au 1er janvier 2026. Un décalage qui alimente la colère des retraités du privé, pour qui la complémentaire représente entre 30 % et 60 % de la pension totale selon le niveau de revenus. Pour un ancien cadre dont la complémentaire atteint 800 € par mois, l'absence de revalorisation représente un manque à gagner de l'ordre de 5 à 8 € mensuels, qui s'accumulent mois après mois.
Pourquoi les syndicats menacent de saisir la justice
Face à l'impasse, les organisations syndicales changent de stratégie. Selon les révélations du site Merci pour l'info, relayées par MoneyVox début février 2026, des juristes syndicaux travaillent déjà sur les modalités d'une assignation devant le tribunal judiciaire — c'est-à-dire la procédure permettant de saisir un juge civil pour trancher le litige.
L'objectif affiché est double. D'abord, obtenir une revalorisation des pensions pour 2026. Ensuite, réclamer une compensation rétroactive pour l'absence de hausse constatée en 2025. Denis Gravouil, membre du bureau confédéral de la CGT (Confédération Générale du Travail), a demandé « une réunion spécifique » sur la hausse des pensions, en contestant « l'interprétation des accords » qui encadrent le régime.
Sur quoi repose cette menace ? L'Accord National Interprofessionnel (ANI) du 5 octobre 2023, signé entre syndicats et patronat, fixe les règles de pilotage du régime pour la période 2024-2026. Le texte prévoit une revalorisation indexée sur l'inflation (hors tabac), diminuée de 0,4 point, avec une marge de manœuvre supplémentaire de 0,4 point dans les deux sens. En 2025, l'inflation était estimée à 1 %. Les pensions auraient donc dû être revalorisées d'environ 0,6 %, avec la possibilité de monter jusqu'à 1 %. Les syndicats estiment que ce cadre crée une obligation de décision : les partenaires sociaux ne peuvent pas simplement ne rien faire.
Le patronat, de son côté, justifie le blocage par le coût de la suspension partielle de la réforme des retraites de 2023, intégrée à la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Un argument que les syndicats jugent irrecevable au regard de la santé financière du régime.
L'objectif affiché est double. D'abord, obtenir une revalorisation des pensions pour 2026. Ensuite, réclamer une compensation rétroactive pour l'absence de hausse constatée en 2025. Denis Gravouil, membre du bureau confédéral de la CGT (Confédération Générale du Travail), a demandé « une réunion spécifique » sur la hausse des pensions, en contestant « l'interprétation des accords » qui encadrent le régime.
Sur quoi repose cette menace ? L'Accord National Interprofessionnel (ANI) du 5 octobre 2023, signé entre syndicats et patronat, fixe les règles de pilotage du régime pour la période 2024-2026. Le texte prévoit une revalorisation indexée sur l'inflation (hors tabac), diminuée de 0,4 point, avec une marge de manœuvre supplémentaire de 0,4 point dans les deux sens. En 2025, l'inflation était estimée à 1 %. Les pensions auraient donc dû être revalorisées d'environ 0,6 %, avec la possibilité de monter jusqu'à 1 %. Les syndicats estiment que ce cadre crée une obligation de décision : les partenaires sociaux ne peuvent pas simplement ne rien faire.
Le patronat, de son côté, justifie le blocage par le coût de la suspension partielle de la réforme des retraites de 2023, intégrée à la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Un argument que les syndicats jugent irrecevable au regard de la santé financière du régime.
Un régime riche qui refuse de payer : le paradoxe qui nourrit la colère
C'est le paradoxe au cœur du conflit. L'Agirc-Arrco affiche une solidité financière exceptionnelle qui contraste avec le gel imposé aux retraités.
Les syndicats dénoncent une « injustice sociale ». Avec 85,6 milliards d'euros en réserve et un excédent pour la deuxième année consécutive, le régime pourrait absorber une hausse sans mettre en péril son équilibre. La CFDT (Confédération Française Démocratique du Travail) a estimé qu'une revalorisation de 0,6 % était « totalement soutenable » et maintenait l'équilibre financier sur quinze ans. La CFTC, de son côté, a dénoncé un gel « incompréhensible » dont le patronat « porte la responsabilité ».
Par ailleurs, ce n'est pas la première fois que des syndicats envisagent la voie judiciaire contre l'Agirc-Arrco. En 2021, la CGT et Force Ouvrière avaient déjà saisi la justice pour contester un avenant à l'accord national, estimant qu'il réduisait les droits des salariés. Ce précédent montre que le terrain judiciaire n'est pas vierge — et renforce la crédibilité de la menace actuelle.
Agirc-Arrco Santé financière 2024
Réserves totales fin 2024
85,6 milliards €
Excédent technique 2024
+1,6 milliard €
Cotisations encaissées en 2024
101,4 milliards €
Retraités Impact du gel
Revalorisation complémentaire 2025-2026
0 % (gel total)
Revalorisation retraite de base au 1er janvier 2026
+0,9 %
Retraités du privé concernés par le gel
14 millions
Les syndicats dénoncent une « injustice sociale ». Avec 85,6 milliards d'euros en réserve et un excédent pour la deuxième année consécutive, le régime pourrait absorber une hausse sans mettre en péril son équilibre. La CFDT (Confédération Française Démocratique du Travail) a estimé qu'une revalorisation de 0,6 % était « totalement soutenable » et maintenait l'équilibre financier sur quinze ans. La CFTC, de son côté, a dénoncé un gel « incompréhensible » dont le patronat « porte la responsabilité ».
Par ailleurs, ce n'est pas la première fois que des syndicats envisagent la voie judiciaire contre l'Agirc-Arrco. En 2021, la CGT et Force Ouvrière avaient déjà saisi la justice pour contester un avenant à l'accord national, estimant qu'il réduisait les droits des salariés. Ce précédent montre que le terrain judiciaire n'est pas vierge — et renforce la crédibilité de la menace actuelle.
Mars 2026 : la dernière chance avant le tribunal
La prochaine étape est connue. Un nouveau rendez-vous entre les partenaires sociaux a été fixé à la mi-mars 2026. Lors d'une réunion au siège du Medef le 28 janvier dernier, le dossier Agirc-Arrco s'est imposé comme une priorité. Les syndicats conditionnent toute avancée sur d'autres chantiers sociaux à une réouverture du dossier des pensions complémentaires.
Deux scénarios se dessinent désormais.
En attendant, les virements Agirc-Arrco restent inchangés. La prochaine revalorisation ne pourrait intervenir, dans le meilleur des cas, qu'au 1er novembre 2026 — soit un an complet de gel. Pour les retraités du privé, le rendez-vous de mars sera décisif.
Deux scénarios se dessinent désormais.
- Un accord rapide en mars : le patronat accepte une revalorisation, même modeste, et le conflit s'apaise. Cette hypothèse gagne en crédibilité selon certaines sources proches du dossier, qui décrivent un patronat « plus ouvert à la discussion » qu'en octobre. Un compromis autour de 0,4 à 0,6 % pourrait suffire à éteindre la menace judiciaire.
- Un nouveau blocage : sans compromis, les syndicats lancent la procédure. L'assignation devant le tribunal judiciaire viserait à faire reconnaître un préjudice financier pour les 14 millions de pensionnés et à obtenir une compensation partielle ou totale.
En attendant, les virements Agirc-Arrco restent inchangés. La prochaine revalorisation ne pourrait intervenir, dans le meilleur des cas, qu'au 1er novembre 2026 — soit un an complet de gel. Pour les retraités du privé, le rendez-vous de mars sera décisif.
Sources :
- Service-public.gouv.fr, 20 octobre 2025
- MoneyVox, 9 février 2026
- Merci pour l'info (via MoneyVox), février 2026
- CFDT Syndicalisme Hebdo, 17 octobre 2025
- Agirc-Arrco (résultats financiers 2024), 27 mars 2025
- Service-public.gouv.fr, 20 octobre 2025
- MoneyVox, 9 février 2026
- Merci pour l'info (via MoneyVox), février 2026
- CFDT Syndicalisme Hebdo, 17 octobre 2025
- Agirc-Arrco (résultats financiers 2024), 27 mars 2025


