Culture

A demain sur la Lune : Peyo le cheval et la fin de vie à l'hôpital

Parler de la mort n’est jamais simple. Et pourtant, certains films parviennent à le faire avec une infinie délicatesse, en nous ramenant à l’essentiel : la vie, le temps qui passe, et les liens qui nous unissent. À demain sur la Lune, le nouveau documentaire de Thomas Balmès, fait partie de ces œuvres rares qui touchent au cœur tout en ouvrant un espace de réflexion profondément humain. Le 4 février au cinéma.


Par | Publié le 30/01/2026 à 07:00 · Lecture 3 min

Au sein de l’unité de soins palliatifs de l’hôpital de Calais.

Le film nous plonge au sein de l’unité de soins palliatifs de l’hôpital de Calais.

Un lieu souvent redouté, parfois mal compris, mais que le réalisateur choisit de filmer comme un espace de vie à part entière — un lieu où l’on continue d’aimer, de parler, de transmettre, jusqu’au dernier souffle.

Un cheval dans les couloirs de l’hôpital

Ce qui rend cette unité unique, c’est la présence de Peyo, un cheval pas comme les autres. Régulièrement, il rend visite aux patients les plus fragiles, entrant dans leurs chambres avec un calme presque solennel. Sa simple présence semble apaiser, rassurer, adoucir les derniers instants.
 
Personne ne saurait expliquer précisément ce lien mystérieux qui se crée entre l’animal et les patients. « Nous ne comprenons peut-être qu’un pour cent de ce qui se joue entre les humains et les animaux », confie Thomas Balmès.
 
Une chose est certaine : lorsque Peyo est là, l’atmosphère change. Les patients, bien sûr, mais aussi les soignants, médecins et infirmières, semblent ralentir, respirer autrement. Le temps, pour un instant, paraît suspendu.

Amandine, ou le courage de regarder la fin en face

Parmi les patients suivis dans le film, Amandine occupe une place centrale. Lorsque Thomas Balmès la rencontre, elle vient d’apprendre qu’elle est atteinte d’un cancer incurable. Elle sait qu’il lui reste environ un an à vivre.
 
Plutôt que de se refermer, Amandine fait un choix bouleversant : celui de laisser une trace. Pour ses enfants, pour son mari, elle décide de raconter son combat, ses pensées, ses peurs et ses élans de vie. La caméra devient alors un témoin précieux, presque un relais de mémoire.
 
Une relation profonde se tisse entre la patiente et le réalisateur. « Je ne sais pas très bien qui a choisi qui », dit-il, mais cette connexion est palpable à l’écran.
 
Amandine ne se résume jamais à sa maladie : elle rit, elle parle de ses enfants, elle réfléchit au sens de ce qu’elle transmet. Elle nous rappelle que même lorsque le temps est compté, chaque instant peut encore être habité.

Et si nous nous posions la question maintenant ?

À travers ce film, Thomas Balmès ne s’adresse pas seulement aux personnes en fin de vie.

Il s’adresse à chacun d’entre nous. Lui-même reconnaît que ce tournage a profondément transformé son rapport au temps, notamment depuis la disparition de son père.
 
La question qui traverse À demain sur la Lune est simple, mais vertigineuse : que faisons-nous de notre temps ?

Que l’on ait vingt ans devant soi, ou peut-être beaucoup moins, comment choisit-on de vivre ? Qu’est-ce qui compte vraiment ?
 
Pour un public senior, ce film résonne avec une intensité particulière. Il ne s’agit pas d’un discours alarmiste, mais d’une invitation douce à la conscience : celle de savourer le présent, de dire ce qui doit être dit, de transmettre ce qui nous semble essentiel.

Un film qui apaise autant qu’il questionne

ans pathos ni sensationnalisme, À demain sur la Lune offre un regard profondément respectueux sur la fin de vie. Il montre les soins palliatifs non comme un abandon, mais comme un accompagnement. Un espace où l’on continue d’être pleinement humain.
 
On ressort du film ému, mais étrangement apaisé. Comme si, en regardant la mort en face, on se rapprochait un peu plus de la vie.
 
Un documentaire rare, lumineux, et nécessaire — à voir, quel que soit son âge, mais qui trouve une résonance toute particulière auprès de celles et ceux qui savent que le temps est précieux.

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