Ce qu'il faut retenir
- Les retraités épargnent 255 € par mois en moyenne, mais les 20 % les plus modestes ne mettent que 30 € de côté, voire rien du tout
- Le taux d'épargne varie de 10 % à 35 % selon l'ancien métier — un ancien cadre épargne 7 800 € par an, un ancien employé s'endette
- 82 % des Français sont désormais défiants sur le rendement de leur épargne, contre 33 % un an plus tôt
- 46 % des détenteurs ont fermé ou cessé d'alimenter leur Livret A depuis la baisse du taux à 1,5 %
- Les femmes retraitées perçoivent une pension inférieure de 38 % à celle des hommes, ce qui creuse encore l'écart d'épargne
Un retraité compte ses pièces d'euro au marché, illustrant les disparités d'épargne entre seniors © SeniorActu
Le piège des disparités d'épargne chez les retraités
La France compte 17,2 millions de retraités, selon le dernier panorama de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES), publié en juillet 2025. En moyenne, les seniors consacrent 255 € par mois à leur épargne, d'après le baromètre Odoxa réalisé pour Groupama. Ce chiffre a progressé de 45 € en six ans.
Mais cette moyenne masque une réalité brutale. D'un côté, des retraités anciens cadres supérieurs mettent 7 800 € de côté chaque année. De l'autre, les anciens employés sont en situation d'endettement net : ils dépensent plus qu'ils ne gagnent. Quant aux 20 % les plus modestes, ils ne parviennent à épargner que 360 € par an — soit 30 € par mois. Pour beaucoup d'entre eux, ce montant est en réalité nul.
Le piège, c'est que tout le discours public repose sur la moyenne. Quand on entend « les retraités épargnent 255 € par mois », on imagine une situation confortable. En réalité, ce chiffre est tiré vers le haut par une minorité aisée, pendant que des millions de seniors vivent sans aucun filet de sécurité financier.
Mais cette moyenne masque une réalité brutale. D'un côté, des retraités anciens cadres supérieurs mettent 7 800 € de côté chaque année. De l'autre, les anciens employés sont en situation d'endettement net : ils dépensent plus qu'ils ne gagnent. Quant aux 20 % les plus modestes, ils ne parviennent à épargner que 360 € par an — soit 30 € par mois. Pour beaucoup d'entre eux, ce montant est en réalité nul.
Le piège, c'est que tout le discours public repose sur la moyenne. Quand on entend « les retraités épargnent 255 € par mois », on imagine une situation confortable. En réalité, ce chiffre est tiré vers le haut par une minorité aisée, pendant que des millions de seniors vivent sans aucun filet de sécurité financier.
Quels retraités sont touchés par ces inégalités d'épargne
Les disparités d'épargne entre retraités recoupent trois fractures principales.
La fracture socioprofessionnelle. Selon l'INSEE, la part du revenu que les retraités arrivent à mettre de côté — ce que les spécialistes appellent le « taux d'épargne » — varie du simple au triple selon l'ancien métier. Les retraités indépendants et anciens agriculteurs épargnent 35 % de leurs revenus. Les anciens cadres supérieurs, environ 16 %. Mais les retraités issus des professions intermédiaires (anciens fonctionnaires de catégorie B, techniciens, agents de maîtrise) tombent à 10 %. Et les anciens employés ou ouvriers sont souvent en dessous de zéro.
La fracture homme-femme. Les femmes retraitées perçoivent une pension inférieure de 38 % à celle des hommes pour les droits directs, selon la DREES. Cet écart, lié aux carrières hachées (temps partiel, congés parentaux, interruptions), se répercute directement sur la capacité d'épargne. Avec une pension moyenne nette de 1 541 € pour l'ensemble des retraités mais sensiblement moins pour les femmes seules, les marges pour épargner sont souvent inexistantes.
La fracture territoriale. Les retraités des territoires où le coût de la vie est bas sont souvent ceux qui ont les pensions les plus faibles, en raison de parcours professionnels moins rémunérateurs. Cette double peine — petite pension et petit patrimoine — limite toute possibilité de mettre de côté.
La fracture socioprofessionnelle. Selon l'INSEE, la part du revenu que les retraités arrivent à mettre de côté — ce que les spécialistes appellent le « taux d'épargne » — varie du simple au triple selon l'ancien métier. Les retraités indépendants et anciens agriculteurs épargnent 35 % de leurs revenus. Les anciens cadres supérieurs, environ 16 %. Mais les retraités issus des professions intermédiaires (anciens fonctionnaires de catégorie B, techniciens, agents de maîtrise) tombent à 10 %. Et les anciens employés ou ouvriers sont souvent en dessous de zéro.
La fracture homme-femme. Les femmes retraitées perçoivent une pension inférieure de 38 % à celle des hommes pour les droits directs, selon la DREES. Cet écart, lié aux carrières hachées (temps partiel, congés parentaux, interruptions), se répercute directement sur la capacité d'épargne. Avec une pension moyenne nette de 1 541 € pour l'ensemble des retraités mais sensiblement moins pour les femmes seules, les marges pour épargner sont souvent inexistantes.
La fracture territoriale. Les retraités des territoires où le coût de la vie est bas sont souvent ceux qui ont les pensions les plus faibles, en raison de parcours professionnels moins rémunérateurs. Cette double peine — petite pension et petit patrimoine — limite toute possibilité de mettre de côté.
L'écart d'épargne chiffré selon votre ancien métier
Les données de l'INSEE et de l'Observatoire des inégalités permettent de mesurer précisément le gouffre qui sépare les retraités selon leur ancien parcours professionnel.
Ces chiffres ne tiennent pas compte d'un facteur aggravant : la chute de confiance dans les produits d'épargne. Le baromètre Odoxa de février 2026 révèle que 82 % des Français sont désormais défiants sur le rendement de leur épargne — un niveau record. La confiance a été divisée par deux en un an, passant de 33 % à seulement 18 %. Concrètement, 46 % des détenteurs de Livret A l'ont déjà fermé ou cessé de l'alimenter. Et 69 % envisagent de le faire après la dernière baisse du taux à 1,5 % en février 2026.
Pour les retraités modestes, cette défiance est encore plus lourde de conséquences : leur épargne, quand elle existe, est presque exclusivement placée sur des livrets réglementés. Quand ces produits ne rapportent plus rien, ils n'ont aucune alternative.
35 % Épargne élevée
Profil
Indépendants, professions libérales, agriculteurs
Épargne annuelle estimée
5 000 à 8 000 € / an
16 % Épargne modérée
Profil
Anciens cadres supérieurs
Épargne annuelle estimée
Environ 7 800 € / an
10 % Épargne faible
Profil
Professions intermédiaires (techniciens, agents de maîtrise)
Épargne annuelle estimée
1 500 à 2 500 € / an
0 % Pas d'épargne / endettement
Profil
Anciens employés, ouvriers, carrières incomplètes
Épargne annuelle estimée
0 € ou endettement net
Ces chiffres ne tiennent pas compte d'un facteur aggravant : la chute de confiance dans les produits d'épargne. Le baromètre Odoxa de février 2026 révèle que 82 % des Français sont désormais défiants sur le rendement de leur épargne — un niveau record. La confiance a été divisée par deux en un an, passant de 33 % à seulement 18 %. Concrètement, 46 % des détenteurs de Livret A l'ont déjà fermé ou cessé de l'alimenter. Et 69 % envisagent de le faire après la dernière baisse du taux à 1,5 % en février 2026.
Pour les retraités modestes, cette défiance est encore plus lourde de conséquences : leur épargne, quand elle existe, est presque exclusivement placée sur des livrets réglementés. Quand ces produits ne rapportent plus rien, ils n'ont aucune alternative.
Ce que vous pouvez faire pour évaluer votre situation
La première étape est de connaître précisément vos droits. Le site de l'Assurance retraite permet de consulter votre relevé de carrière, de simuler le montant de votre pension et de vérifier si des trimestres manquants peuvent être régularisés.
Ensuite, plusieurs leviers existent pour les retraités modestes qui ne parviennent pas à épargner :
👉 Le panorama complet des retraites est consultable dans le rapport DREES édition 2025.
👉 Pour vérifier votre situation fiscale et votre taux de CSG, consultez votre espace sur impots.gouv.fr.
Ensuite, plusieurs leviers existent pour les retraités modestes qui ne parviennent pas à épargner :
- Vérifier votre éligibilité à l'Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées (ASPA, l'ancien « minimum vieillesse »). En 2026, elle atteint 1 043,59 € par mois pour une personne seule. Beaucoup de retraités éligibles ne la demandent pas.
- Contrôler votre taux de CSG (Contribution Sociale Généralisée, le prélèvement social sur les pensions). Selon votre Revenu Fiscal de Référence (le montant inscrit sur votre avis d'impôt), vous pouvez être exonéré ou bénéficier d'un taux réduit. Un mauvais classement vous fait perdre plusieurs centaines d'euros par an.
- Faire le point sur votre complémentaire santé. La Complémentaire Santé Solidaire (C2S), la mutuelle gratuite ou à moins d'un euro par jour pour les revenus modestes, peut libérer jusqu'à 50 à 80 € par mois de budget.
👉 Pour vérifier votre situation fiscale et votre taux de CSG, consultez votre espace sur impots.gouv.fr.
Sources :
- DREES, Les retraités et les retraites – Édition 2025, juillet 2025
- Baromètre Odoxa pour Groupama, Capital et BFM Business, 12 février 2026
- Baromètre Odoxa pour Groupama, retraites vague 5, novembre 2025
- Baromètre Ipsos pour le Cercle des Épargnants, 24e édition, janvier 2026
- INSEE, Enquête Revenus fiscaux et sociaux, données 2017
- Observatoire des inégalités, "Les inégalités d'épargne alimentent les inégalités de patrimoine", 2023
- DREES, Les retraités et les retraites – Édition 2025, juillet 2025
- Baromètre Odoxa pour Groupama, Capital et BFM Business, 12 février 2026
- Baromètre Odoxa pour Groupama, retraites vague 5, novembre 2025
- Baromètre Ipsos pour le Cercle des Épargnants, 24e édition, janvier 2026
- INSEE, Enquête Revenus fiscaux et sociaux, données 2017
- Observatoire des inégalités, "Les inégalités d'épargne alimentent les inégalités de patrimoine", 2023
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