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Ce que 100 000 Français suivis pendant 14 ans viennent de révéler
Un colorant ne nourrit pas. Il ne conserve même pas l'aliment.
Sa seule fonction est de rendre un produit plus appétissant : un soda d'un brun profond, une sauce d'un caramel doré, une confiserie éclatante. Or c'est précisément ce maquillage cosmétique que l'équipe de la chercheuse Mathilde Touvier vient de placer sous surveillance, au terme d'un travail mené par l'Inserm, l'INRAE, le Cnam et deux universités parisiennes.
Leurs équipes ont épluché l'alimentation de plus de 100 000 participants de la cohorte NutriNet-Santé, suivis entre 2009 et 2023. Pas un sondage déclaratif vague : des relevés alimentaires détaillés, croisés avec les marques réellement consommées et les doses d'additifs mesurées dans chaque produit.
Le résultat tient en une phrase. Les gros consommateurs de colorants alimentaires présentent un risque de diabète de type 2 supérieur de 38 % à celui des plus faibles consommateurs.
Sa seule fonction est de rendre un produit plus appétissant : un soda d'un brun profond, une sauce d'un caramel doré, une confiserie éclatante. Or c'est précisément ce maquillage cosmétique que l'équipe de la chercheuse Mathilde Touvier vient de placer sous surveillance, au terme d'un travail mené par l'Inserm, l'INRAE, le Cnam et deux universités parisiennes.
Leurs équipes ont épluché l'alimentation de plus de 100 000 participants de la cohorte NutriNet-Santé, suivis entre 2009 et 2023. Pas un sondage déclaratif vague : des relevés alimentaires détaillés, croisés avec les marques réellement consommées et les doses d'additifs mesurées dans chaque produit.
Le résultat tient en une phrase. Les gros consommateurs de colorants alimentaires présentent un risque de diabète de type 2 supérieur de 38 % à celui des plus faibles consommateurs.
Pourquoi ce chiffre nous concerne plus que les autres
Trente-huit pour cent de risque en plus, sur une maladie qui frappe déjà massivement notre tranche d'âge.
Le diabète de type 2 se déclare en moyenne autour de 65 ans, et atteint son pic entre 70 et 85 ans : à cet âge, un homme sur cinq (70-85 ans) et une femme sur sept (75-85 ans) sont concernés, selon Santé publique France. Nous sommes donc déjà la population la plus exposée, celle chez qui un facteur de risque évitable pèse le plus lourd.
S'ajoute un piège que l'étude ne dit pas mais que nous vivons tous les jours. Repérer un colorant suppose de lire une ligne d'ingrédients en corps 6, souvent sans nos lunettes, au rayon d'un supermarché mal éclairé.
Et c'est justement là que se cache l'essentiel : ces additifs ne se signalent pas par un goût ou une couleur suspecte, mais par un code discret, un E suivi de trois chiffres, noyé dans une liste interminable.
Le diabète de type 2 se déclare en moyenne autour de 65 ans, et atteint son pic entre 70 et 85 ans : à cet âge, un homme sur cinq (70-85 ans) et une femme sur sept (75-85 ans) sont concernés, selon Santé publique France. Nous sommes donc déjà la population la plus exposée, celle chez qui un facteur de risque évitable pèse le plus lourd.
S'ajoute un piège que l'étude ne dit pas mais que nous vivons tous les jours. Repérer un colorant suppose de lire une ligne d'ingrédients en corps 6, souvent sans nos lunettes, au rayon d'un supermarché mal éclairé.
Et c'est justement là que se cache l'essentiel : ces additifs ne se signalent pas par un goût ou une couleur suspecte, mais par un code discret, un E suivi de trois chiffres, noyé dans une liste interminable.
Les colorants classés du plus au moins risqué
L'étude ne s'est pas arrêtée au chiffre global. Elle a disséqué chaque colorant pour mesurer son surrisque propre, et le classement réserve quelques surprises.
En tête, la curcumine de synthèse (code E100), ce jaune d'or qu'on imagine naturel et inoffensif : associée à 49 % de risque de diabète en plus chez les forts consommateurs. Juste derrière, le caramel ordinaire (E150a), celui des sodas bruns et des sauces toutes faites, à 46 %. Puis le bêta-carotène de synthèse (E160a), l'orange des margarines et boissons, à 44 %, et enfin les anthocyanes (E163), à 40 %.
Aucun de ces colorants n'apporte la moindre vitamine, la moindre fibre, le moindre bénéfice. Ils habillent, rien d'autre.
En tête, la curcumine de synthèse (code E100), ce jaune d'or qu'on imagine naturel et inoffensif : associée à 49 % de risque de diabète en plus chez les forts consommateurs. Juste derrière, le caramel ordinaire (E150a), celui des sodas bruns et des sauces toutes faites, à 46 %. Puis le bêta-carotène de synthèse (E160a), l'orange des margarines et boissons, à 44 %, et enfin les anthocyanes (E163), à 40 %.
E100 Curcumine ⚠️ +49 %
Où la trouver
Plats préparés, bouillons, moutardes, confiseries jaunes
E150a Caramel ⚠️ +46 %
Où le trouver
Sodas bruns, sauces, vinaigres, biscuits
E160a Bêta-carotène ℹ️ +44 %
Où le trouver
Margarines, boissons, produits laitiers colorés
E163 Anthocyanes ℹ️ +40 %
Où les trouver
Confiseries, boissons et yaourts aux fruits rouges
Aucun de ces colorants n'apporte la moindre vitamine, la moindre fibre, le moindre bénéfice. Ils habillent, rien d'autre.
Le geste simple qui change tout au supermarché
Faut-il vider ses placards dans la panique ? Sûrement pas.
Une association statistique mesurée sur les plus gros consommateurs ne signifie pas qu'un soda occasionnel vous rendra diabétique. L'étude établit un lien, elle ne prouve pas un mécanisme de cause à effet direct, et ses auteurs eux-mêmes appellent les autorités sanitaires à réévaluer ces substances plutôt qu'à affoler les consommateurs.
Le geste utile est ailleurs, et il est minuscule. Sur une étiquette, les colorants portent les codes E100 à E199.
Un code commençant par 1 désigne un colorant, par 2 un conservateur, par 3 un antioxydant. Repérer ces trois chiffres sur les deux ou trois produits transformés qui reviennent chaque semaine dans votre caddie, puis choisir l'équivalent qui n'en contient pas, suffit à réduire l'exposition là où elle compte.
La recommandation officielle du Programme national nutrition santé dit la même chose en une ligne : privilégier les aliments peu ou pas transformés.
Mathilde Touvier et son équipe préparent déjà la suite, en analysant les effets de cocktails d'additifs combinés. D'ici là, la vraie révélation de cette étude n'est pas un chiffre, c'est une habitude : apprendre à lire ce que mange notre génération avant de le mettre dans le panier.
Une association statistique mesurée sur les plus gros consommateurs ne signifie pas qu'un soda occasionnel vous rendra diabétique. L'étude établit un lien, elle ne prouve pas un mécanisme de cause à effet direct, et ses auteurs eux-mêmes appellent les autorités sanitaires à réévaluer ces substances plutôt qu'à affoler les consommateurs.
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La recommandation officielle du Programme national nutrition santé dit la même chose en une ligne : privilégier les aliments peu ou pas transformés.
Mathilde Touvier et son équipe préparent déjà la suite, en analysant les effets de cocktails d'additifs combinés. D'ici là, la vraie révélation de cette étude n'est pas un chiffre, c'est une habitude : apprendre à lire ce que mange notre génération avant de le mettre dans le panier.
Sources :
- Inserm, communiqué de presse, 21 mai 2026
- Diabetes Care (DOI 10.2337/dc25-2727), 20 mai 2026
- European Journal of Epidemiology (DOI 10.1007/s10654-026-01393-3), 9 avril 2026
- Santé publique France, Prévalence et incidence du diabète
- Inserm, communiqué de presse, 21 mai 2026
- Diabetes Care (DOI 10.2337/dc25-2727), 20 mai 2026
- European Journal of Epidemiology (DOI 10.1007/s10654-026-01393-3), 9 avril 2026
- Santé publique France, Prévalence et incidence du diabète


