Deux millions de neurones par minute : le compte à rebours silencieux
Au moment où un caillot bloque une artère de votre cerveau, les cellules nerveuses privées d'oxygène commencent à mourir. D'après les données de l'Inserm, la perte atteint deux millions de neurones chaque minute.
Sur les 140 000 AVC enregistrés chaque année en France, les trois quarts frappent des personnes de 65 ans et plus. Cela représente environ 105 000 seniors par an, selon les chiffres de Santé publique France.
Or seuls 10 à 15 % des patients admis en unité neurovasculaire arrivent à temps pour recevoir la thrombolyse, le traitement de référence qui dissout le caillot. L'immense majorité franchit la porte de l'hôpital après le délai de quatre heures trente. Pour la plupart, ce retard ne vient pas du transport ni de l'attente aux urgences. Il vient du temps perdu avant l'appel au 15.
Sur les 140 000 AVC enregistrés chaque année en France, les trois quarts frappent des personnes de 65 ans et plus. Cela représente environ 105 000 seniors par an, selon les chiffres de Santé publique France.
Or seuls 10 à 15 % des patients admis en unité neurovasculaire arrivent à temps pour recevoir la thrombolyse, le traitement de référence qui dissout le caillot. L'immense majorité franchit la porte de l'hôpital après le délai de quatre heures trente. Pour la plupart, ce retard ne vient pas du transport ni de l'attente aux urgences. Il vient du temps perdu avant l'appel au 15.
Trois signaux classiques que vous devez reconnaître en une seconde
La campagne nationale VITE, portée par la Fédération France AVC et la Société Française Neuro-Vasculaire, résume les signes majeurs et le réflexe à adopter en quatre lettres.
- Le V désigne le visage paralysé. Un côté de la bouche s'affaisse, le sourire devient asymétrique.
- Le I correspond à l'inertie d'un membre. Le bras ou la jambe perd sa force d'un seul côté. Demandez à la personne de lever les deux bras devant elle : si l'un retombe, l'alerte est donnée.
- Le T renvoie au trouble de la parole. Les mots se brouillent, la phrase devient incompréhensible ou la personne ne parvient plus à articuler.
- Le E commande l'action : En urgence, appelez le 15. Dès qu'un seul de ces trois signes apparaît, la seule réponse est l'appel immédiat au SAMU ou au 112. Ces trois signes suffisent à déclencher l'appel.
Quatre alertes que les seniors confondent avec le vieillissement
L'Inserm décrit une série de symptômes fréquents mais moins connus qui touchent particulièrement les personnes âgées. Les neurologues parlent d'AVC caméléons pour décrire ces attaques dont les signes imitent d'autres pathologies courantes.
Le premier est la confusion mentale soudaine. Vous perdez le fil d'une conversation, vous ne savez plus où vous êtes, vous ne reconnaissez pas un objet familier. Les proches attribuent souvent cet épisode à de la fatigue ou à un début de démence. Sauf que la confusion liée à un AVC s'installe en quelques secondes, pas en quelques mois.
Le deuxième est un vertige violent et brutal, accompagné d'une perte d'équilibre. Vous marchez droit et soudain le sol bascule. Ce vertige est souvent mis sur le compte d'un problème d'oreille interne ou d'un malaise vagal. La différence : il arrive sans crier gare et s'accompagne d'une coordination altérée des bras ou des jambes.
Le troisième est un trouble visuel soudain. La vue d'un œil s'éteint brusquement ou se dédouble. Certains patients décrivent un rideau noir qui descend sur un côté du champ visuel. Ce signe, selon les données publiées par l'Inserm, résulte d'une interruption du flux sanguin vers les artères rétiniennes et peut disparaître en quelques minutes, ce qui pousse à ne pas consulter.
Le quatrième est un mal de tête d'une intensité jamais ressentie. Pas une migraine habituelle : une douleur brutale, explosive, qui s'installe en quelques secondes et ne ressemble à rien de connu. Ce signe est plus fréquent dans les AVC hémorragiques, qui représentent 20 % des cas.
Le piège est toujours le même. Chez vous, chacun de ces symptômes pris isolément ressemble à un incident banal que l'âge expliquerait.
D'après les recommandations de la HAS, les proches tendent à minimiser ces épisodes et à repousser l'appel au 15, parfois de plusieurs heures.
Le premier est la confusion mentale soudaine. Vous perdez le fil d'une conversation, vous ne savez plus où vous êtes, vous ne reconnaissez pas un objet familier. Les proches attribuent souvent cet épisode à de la fatigue ou à un début de démence. Sauf que la confusion liée à un AVC s'installe en quelques secondes, pas en quelques mois.
Le deuxième est un vertige violent et brutal, accompagné d'une perte d'équilibre. Vous marchez droit et soudain le sol bascule. Ce vertige est souvent mis sur le compte d'un problème d'oreille interne ou d'un malaise vagal. La différence : il arrive sans crier gare et s'accompagne d'une coordination altérée des bras ou des jambes.
Le troisième est un trouble visuel soudain. La vue d'un œil s'éteint brusquement ou se dédouble. Certains patients décrivent un rideau noir qui descend sur un côté du champ visuel. Ce signe, selon les données publiées par l'Inserm, résulte d'une interruption du flux sanguin vers les artères rétiniennes et peut disparaître en quelques minutes, ce qui pousse à ne pas consulter.
Le quatrième est un mal de tête d'une intensité jamais ressentie. Pas une migraine habituelle : une douleur brutale, explosive, qui s'installe en quelques secondes et ne ressemble à rien de connu. Ce signe est plus fréquent dans les AVC hémorragiques, qui représentent 20 % des cas.
Le piège est toujours le même. Chez vous, chacun de ces symptômes pris isolément ressemble à un incident banal que l'âge expliquerait.
D'après les recommandations de la HAS, les proches tendent à minimiser ces épisodes et à repousser l'appel au 15, parfois de plusieurs heures.
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Le mini-AVC qui disparaît et que personne ne prend au sérieux
Il arrive que l'un des signes décrits plus haut apparaisse puis s'efface en quelques minutes. Vous retrouvez la parole, la force revient dans le bras, le vertige cesse. La tentation est forte de passer à autre chose. C'est exactement le contraire qu'il faut faire.
Cet épisode porte un nom : accident ischémique transitoire. Le caillot a bloqué l'artère puis s'est résorbé de lui-même. Mais comme l'indique l'Inserm, le risque de récidive sous forme d'AVC constitué atteint 5 % dans les 48 heures et 10 % dans le mois qui suit. L'accident ischémique transitoire est une répétition générale avant l'attaque réelle.
Le site ameli.fr, référence de l'Assurance maladie, classe cet épisode comme une urgence médicale identique à l'AVC complet. L'imagerie cérébrale pratiquée en urgence permet d'identifier la cause du caillot et de mettre en place un traitement préventif qui réduit le risque de récidive.
Le réflexe à adopter est identique : appeler le 15 même si les symptômes ont disparu. Mentionnez explicitement que les signes ont régressé et précisez l'heure exacte de leur apparition. Ces informations orientent directement la décision du médecin régulateur.
Cet épisode porte un nom : accident ischémique transitoire. Le caillot a bloqué l'artère puis s'est résorbé de lui-même. Mais comme l'indique l'Inserm, le risque de récidive sous forme d'AVC constitué atteint 5 % dans les 48 heures et 10 % dans le mois qui suit. L'accident ischémique transitoire est une répétition générale avant l'attaque réelle.
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Le réflexe à adopter est identique : appeler le 15 même si les symptômes ont disparu. Mentionnez explicitement que les signes ont régressé et précisez l'heure exacte de leur apparition. Ces informations orientent directement la décision du médecin régulateur.
Trois gestes au moment où les signes apparaissent
- Composez le 15 ou le 112 dès l'apparition d'un seul des sept signes, même transitoire. Seul le SAMU oriente vers l'unité neurovasculaire la plus proche.
- Notez l'heure exacte des premiers symptômes. La thrombolyse doit être administrée dans les quatre heures trente selon la HAS, la thrombectomie dans les six heures.
- Allongez la personne tête légèrement surélevée, ne donnez rien à boire ni à manger, et restez auprès d'elle. Pour chaque heure gagnée avant l'intervention, ce sont 120 millions de neurones que les médecins peuvent encore préserver.


