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Réforme des retraites : quid des régimes spéciaux ? Tribune de Nicolas Perruchot

Nicolas Perruchot, député du Loir-et-Cher et conseiller politique du Nouveau Centre, demande qu'un bilan chiffré des régimes spéciaux soit donné par le gouvernement et propose que ce dernier introduise les modifications nécessaires pour que l'équité soit la règle pour tous.


A l'heure ou le débat sur la réforme des retraites démarre à l'Assemblée Nationale et qu'un effort important est demandé aux Français, il est anormal de constater que certains salariés vont conserver des avantages hors norme en matière de retraite.

La réforme des régimes spéciaux, entrée en vigueur en juillet 2008, prévoit une augmentation progressive des durées de cotisation des régimes spéciaux pour les aligner sur celle du privé et de la fonction publique. Elle instaure des décotes et des surcotes, et indexe le montant des pensions sur l'inflation.

Mais le mode de calcul de la pension, lui, est le même que dans la fonction publique : on tient compte des six derniers mois de salaire (contre les 25 meilleures années dans le privé). Et le taux de liquidation est de 75% (contre 50%). Sur ce point, rien n'est dit dans la réforme proposé aujourd'hui.

Plus inquiétant encore, en 2010, et malgré la réforme, les subventions d'équilibre versées par le budget de l'État aux régimes spéciaux, essentiellement ceux de la SNCF et de la RATP, augmenteront de 10,6% pour atteindre 5,7 milliards d'euros (sur les 57 milliards que coûte à l'État la retraite de l'ensemble de ses agents).

Pour 300.000 cheminots retraités, la subvention d'équilibre atteint donc 3,12 milliards, et 527 millions pour les 44.000 agents de la RATP pensionnés. Il y a fort à parier que dans les années à venir, le besoin de financement de ces régimes continuera à progresser, si bien que les dotations d'État seront appelées à augmenter.

Les régimes spéciaux ne concernent qu’1,6 million de personnes (1,1 million de retraités et 500.000 cotisants), mais sont l'illustration de l'inégalité des Français face à la retraite.

A EDF-GDF par exemple, l'âge de départ en retraite est de 60 ans, sauf pour les fonctions les plus pénibles qui peuvent partir à 55 ans. La durée de cotisation pour une pension à taux plein est de 37,5 ans et le calcul du montant de la pension est basé sur le dernier mois de salaire.

A la SNCF, le régime concerne environ 178.000 agents actifs et environ 190.000 retraités. Le départ en retraite s'effectue entre 50 ans (pour les conducteurs) et 55 ans pour une durée de cotisation minimale de 25 annuités.

A la RATP, les conducteurs peuvent partir en retraite à partir de 50 ans, les personnels de maintenance à 55 ans.


Publié le Mardi 14 Septembre 2010 dans la rubrique Chroniques | Lu 1519 fois