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Avec le C-HR, Toyota ose un design incisif

Un vent nouveau semble souffler chez le constructeur mondial. Après des décennies de modèles au style consensuel destinés à satisfaire les marchés du monde entier, le constructeur japonais brise les habitudes et propose un nouveau SUV au design radical.


Baptisé C-HR pour « coupé High rider », ce nouveau SUV attaque frontalement le Juke de Nissan qui, avec son design clivant, rencontre un véritable succès depuis sa présentation. Pour Toyota, le C-HR représente une véritable nouveauté. En effet, il s’agit du premier modèle conçu intégralement en Europe et à destination du marché européen. Précisons également que les concepteurs du C-HR aiment conduire des voitures dynamiques et cela se ressent totalement dans la conduite de ce SUV.
 
Il faut se souvenir que c’est Toyota qui, en 1994, inventa le concept de SUV avec le RAV4 à 3 portes dont la longueur de 3,70m en faisait un véhicule compact très apprécié d’une clientèle féminine. Le C-HR est sans aucun doute l’héritier direct du premier RAV4. Si le style extérieur est particulièrement disruptif, l’habitacle très contemporain offre une touche premium de par la qualité des matériaux et le choix de l’architecture de la planche de bord. Rarement un modèle n’aura été aussi fidèle aux prototypes présentés dans les salons.
 
Le C-HR est dans la ligne droite du modèle vu au salon de Francfort 2015. Si la face avant est dans l’esprit actuel du style Lexus et Toyota, l’arrière au dessin tourmenté d’une manga se distingue par des feux totalement déportés et par un aileron aussi visible qu’utile. L’arrière se remarque également par des poignées de porte situées le plus haut possible dans la porte ainsi que par une surface vitrée particulièrement réduite. 

Un choix qui ne satisfera pas forcement les occupants des places arrière qui pourront éprouver un sentiment de claustrophobie. Il s’agit là, sans doute, de l’un des rares reproches que l’on puisse formuler à l’encontre du C-HR. En effet, l’impression de manque d’espace aux places arrière s’avère totalement faux dès que l’on s’y installe. Contrairement aux apparences, un adulte de 1,80m y est parfaitement à l’aise.
 
Le traitement de l’habitacle se remarque par un choix de matériaux de qualité. Des plastiques souples, des tissus agréables sous la main, des inserts élégants qui courent le long de la planche de bord et augmentent la sensation d’espace. Quant au large écran tactile, son dessin asymétrique renforce l’esprit design de l’habitacle.
 
On apprécie également les éléments de décorations en forme de pointe de diamants qui apportent une touche d’élégance à l’habitacle. Au volant, les commandes tombent parfaitement sous la main et les réglages de la colonne de direction permettent de trouver la position de conduite idéale. Quant aux sièges, ils offrent un maintien parfait. 

La plateforme de la Prius

Pour ce nouveau modèle, Toyota a, en toute logique, utilisé la plateforme de la Prius de quatrième génération qui possède notamment un train arrière multibras. En revanche, la suspension avant McPherson est spécifique au C-HR. Un choix qui transparaît dans le comportement routier de cette Toyota.
 
De fait, rarement une Toyota n’aura apportée autant de plaisir à la conduite, qu’il s’agisse du modèle hybride ou de la version classique. Le roulis est parfaitement contrôlé et la réactivité du châssis est instantanée. C’est d’ailleurs avec le modèle non hybride que l’on éprouve le plus de plaisir à la conduite.
 
Le châssis démontre alors des qualités réelles proches d’une petite sportive. Côté confort, le C-HR fait également un sans faute en dépit des jantes de 18 pouces. Un choix pas forcément judicieux sur le plan financier lorsqu’il s’agira de changer les pneus ou de monter des pneus hiver. 

La priorité aux versions hybrides

En France, le constructeur japonais prévoit un objectif de vente de 85% pour le modèle hybride sur les 15.000 ventes prévues. Issue de la Prius, la motorisation hybride associée à une transmission CVT a fait ses preuves. Douce et silencieuse, elle incite à une conduite décontractée, ce qui permet une consommation des plus réduites.
 
Un bémol néanmoins pour les dépassements et les parcours en montagne, cette transmission s’avère un peu paresseuse et le poids (1.380kg) de la voiture n’y est pas étranger. Lors du choix, il n’est pas inutile de considérer avec intérêt le modèle 1,2L turbo. Ce petit moteur de 116 ch associé à une transmission manuelle s’est avéré particulièrement efficace et plaisant lors d’un essai sur un parcours de montagne.
 
La boîte à six rapports est douce et précise et reste très agréable en ville. Il existe également avec ce moteur, une version 4x4 que nous n’avons malheureusement pas essayée mais qui mérite que l’on s’y intéresse si l’on habite dans une région de montagne. Il ne manque plus que la version hybride 4x4 soit inscrite au catalogue pour satisfaire tous les amateurs de SUV urbains. Dans la mesure où il existe au Japon une Prius à transmission intégrale, il est clair que la transposition pourra être réalisée facilement si les Japonais en ont la volonté.
 
Avec le C-HR, Toyota possède un modèle de conquête qui n’aura aucun souci face à un Nissan Juke en fin de carrière et surtout, face à une Audi Q2 et une Austin Countryman aux tarifs excessifs et qui ne possèdent pas la modernité du C-HR. Les objectifs ambitieux de Toyota semblent à cet égard, tout à fait justifiés. Si le coffre apparaîtra un peu juste par rapport au Juke, de jeunes enfants seront parfaitement à l’aise aux places arrière qui sont plus grandes que les apparences ne le laissent penser. Le C-HR possède deux grands atouts : un style contemporain et une vocation écologique.
 
Joël Chassaing-Cuvillier

​Le Toyota C-HR en chiffres

Moteur essence 4 cylindres en ligne turbo essence et hybride – 1 197 ET 1 798 cm3 – 116 ch à 5 200  tr/min et 122 CH à 5 200 tr/mn– 185 Nm à 1500 tr/min et 142 Nm à 3 600tr/mn
Boîte mécanique à 6 rapports et automatique CVT
 
Dimensions : 436 x 179,5 x 156,5 cm, empattement : 264 cm
Poids : 1320 et 1380 kg
Pneumatiques 225/50 R18 95V
 
Vitesse : 190 et 170 km/h – Accélération de 0 à 100 km/h : 10,9 et 11 s
Émissions de CO2 : 135 et 86 gr/km
 
Prix : dès 22 900 à 28 500 euros




Publié le Vendredi 25 Novembre 2016 dans la rubrique Automobile | Lu 2263 fois