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Nutrition

Se nourrir et bien vieillir : approche transversale et déterminants des évolutions de la vie (partie 2)


Pour la 5e année consécutive, la Fondation Louis-Bonduelle a organisé ses Rencontres à Paris. Cette édition 2012 le 5 juin dernier. Dans le cadre de l’année européenne du vieillissement actif et de la solidarité intergénérationnelle, les personnes âgées ont été à l’honneur. L’occasion de rappeler que, face à une population âgée grandissante, vieillir en bonne santé est un défi que notre société doit relever. Pour y parvenir, l’alimentation ne doit pas être négligée. Au contraire : bien se nourrir peut s’avérer essentiel au maintien d’un bon état de santé, garant d’un vieillissement réussi.


Des évolutions de vie aux habitudes alimentaires
Les habitudes alimentaires des personnes âgées à l’épreuve des différenciations sociales. Intervention de Philippe Cardon, maître de conférences à l’université Lille 3 – laboratoire Ceries (Centre de recherche individus-épreuves-sociétés), et chercheur associé au laboratoire Aliss (Alimentation et sciences sociales), à l’Inra d’Ivry.

Les habitudes alimentaires des retraités sont loin d’être homogènes. « L’étude de la structure sociale des consommations alimentaires permet de mettre à jour différents déterminants sociaux des habitudes alimentaires des retraités, au regard des types de produits achetés, mais également de la fréquence et de la régularité des repas », introduit Philippe Cardon.

La génération, la région, la catégorie socio-professionnelle, la structure du ménage et le sexe sont les principaux facteurs différenciant les habitudes alimentaires, d’une manière générale, et particulièrement chez les retraités.

Une typologie basée sur le style d’alimentation
Le sociologue juxtapose à cette première lecture une approche qui intègre les résultats d’une enquête qualitative, qui a permis de dégager des typologies parmi les ménages de retraités (couples avec ou sans enfant, personnes seules). Cette enquête est entrée au cœur de 80 ménages - de différentes régions, catégories socio-professionnelles et classes d’âge - pour analyser leurs pratiques quotidiennes concernant l’alimentation (approvisionnement, préparation des repas, déroulement des repas) et comprendre comment ils se construisent des habitudes alimentaires communes (types de produits achetés, façons de cuisiner, plats préparés, organisation des activités, etc.).

En ressort une première typologie reposant sur quatre éléments : le rapport à l’alimentation, le rapport à la santé, la commensalité et le profil sociologique. « Cette typologie catégorise les ménages selon leur style d’alimentation. On distingue les ‘désintéressés’, les ‘solitaires’, les ‘gourmands’, les ‘cuisiniers’ et les ‘nutritionnistes’ », détaille Philippe Cardon.

Analyser le phénomène de dépendance culinaire
Une analyse plus poussée permet ensuite de mettre à jour une seconde typologie portant sur la manière dont ces styles d’alimentation intègrent ou non les goûts et préférences individuels des membres du ménage. « On interroge ici les mécanismes d’individualisation au sein des ménages », explique-t-il. Par exemple, le couple a-t-il tendance à homogénéiser ses pratiques ou intègre-t-il les goûts et préférences de chacun ?

« Pour autant, ces styles de consommation alimentaire évoluent au fil du vieillissement », complète Philippe Cardon. Une troisième partie repose donc sur l’analyse d’évènements de la vie (veuvage, maladie, séjour en institution hospitalière, etc.) qui peuvent conduire les personnes âgées à modifier leurs habitudes alimentaires, par exemple parce que l’événement va induire un besoin de praticité.

« Un des enjeux essentiels autour du « bien vieillir » est lié à l’émergence de ce que nous appelons la dépendance culinaire, développe le sociologue. Celle-ci conduit, dès les premières années de retraite pour certains couples, à déléguer tout ou partie des activités, telles que l’approvisionnement ou la préparation des repas, à un tiers. » L’étude fine des déterminants de cette dépendance culinaire et des formes de prise en charge mises en place (conjoint, membres de la famille, professionnels sanitaires et sociaux) permet de rendre compte de ses effets sur l’alimentation des retraités. Un premier pas indispensable à la définition de stratégies d’amélioration de leur alimentation.

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Publié le Mercredi 4 Juillet 2012


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