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Santé : deux fois moins de médicaments en l’absence de mutuelle…

Des chercheurs de l’INSERM ont étudié la situation de 4.646 patients représentatifs de la population française et atteints de maladies cardiovasculaires*. Puis ils se sont ensuite penchés sur les indicateurs susceptibles d'avoir un impact sur leur consommation d’antihypertenseurs, d’hypolipémiants et d’antiagrégants : habitation en zone urbaine sensible, immigration, célibat, niveau d'éducation, profession, chômage, revenu annuel et couverture médicale. Résultat : deux fois moins de médicaments en l'absence de mutuelle.


Les résultats de cette étude de l’ INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) montrent que seul le fait de ne pas posséder de mutuelle est associé à une moindre consommation.

Plus concrètement, ces patients prennent deux fois moins de médicaments que ceux bénéficiant d'une couverture complète, de la couverture médicale universelle ou d'un statut d'affection de longue durée (ALD) assurant une prise en charge financière à 100%. Précisions que sans mutuelle, les patients sont remboursés à 65% par la Sécurité sociale.

« Cette sous-consommation », souligne le communiqué de l’INSERM, est c’est important, « n'est pas liée à la diminution du nombre de consultations médicales, ni au niveau de revenus puisque le phénomène s'observe aussi bien chez les personnes défavorisées qu'aisées ».

« Les raisons de cette sous-consommation demandent donc à être clarifiées », indique Pierre Meneton, co-auteur des travaux.

Cette étude montre cependant que le système de soins français reste relativement égalitaire par rapport à beaucoup d'autres pays, puisque le statut d'immigré, le chômage, l'éducation ou le revenu, n'ont pas d'impact sur la consommation de ces médicaments.

« Le nombre de personnes actuellement concernées par le manque de couverture complète reste relativement faible, moins de 10% de la population française, mais va très certainement augmenter à cause des difficultés économiques grandissantes. L'accès à une complémentaire sera de plus en plus difficile dans les années à venir » explique encore Pierre Meneton.

Un nombre croissant de personnes est donc susceptible de ne pas accéder à des traitements optimaux avec un risque à terme de détérioration de leur état de santé. « Une prise en charge incomplète en cas d'hypertension sévère aura par exemple toutes les chances d'accélérer une évolution vers des pathologies lourdes (infarctus, AVC) qui se révèleront in fine très coûteuses pour la Sécurité sociale », conclut-il.

*hypertension, dyslipidémie, problèmes coronariens, insuffisance cardiaque, AVC, néphropathie ou artériopathie.


Publié le Mardi 7 Février 2012 dans la rubrique Santé | Lu 1880 fois