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RED : une comédie américaine explosive sur les dangers de la retraite ! (film)

RED : trois lettres qui signifient… Retraités Extrêmement Dangereux. Trois lettres « rouge sang », comme le celui versé par ces retraités de la CIA : Bruce Willis, Morgan Freeman, John Malkovitch ou encore Helen Mirren. Un film de Robert Schwentke sur des retraités pas comme les autres ! C’est le moins qu’on puisse dire ! En salles le 17 novembre 2010.


L’histoire

L’heure de la retraite a sonné ! Mais dans certaines professions, la transition peut s’avérer difficile : Franck (Bruce Willis) ne supporte pas l’inactivité, son collègue Joe (Morgan Freeman) végète en maison de retraite, Marvin (John Malkovich) use d’amphétamines et Victoria (Helen Mirren) fait des petits boulots.

Pas facile de décrocher quand on a été... agents de la CIA toute sa vie ! Pourtant, quand leur ancien employeur décide d’éliminer pour de bon ces agents un peu trop compromettants, il va découvrir qu’en dépit de leur âge, ce sont encore de redoutables adversaires.

Red est tiré d’un roman graphique de Warren Ellis, illustré par Cully Hamner et paru dans DC Comics. Conçu comme une œuvre qui se lit dans sa globalité, la BD a d’abord été publiée en trois épisodes, pendant un trimestre, puis réunie en un seul livre. Si l’ouvrage ne compte que 66 pages, Gregory Noveck, vice-président senior du Développement chez DC Comics, a tout de suite compris qu’il y avait là un formidable potentiel pour une adaptation cinématographique.
RED : une comédie américaine explosive sur les dangers de la retraite ! (film)

« J’ai immédiatement adoré le livre » affirme-t-il. « Warren et Cully sont deux merveilleux auteurs de BD, et ils ont réussi à concocter un thriller d’action, très bien construit, dont le personnage principal est d’une grande richesse et le thème central est captivant. Chez DC Comics, nous n’avons pas seulement pour mission de transposer nos super-héros au cinéma, mais de puiser dans les autres titres de notre catalogue. Peu de temps après avoir été embauché dans la société, j’ai su que Red en faisait partie.

Bien entendu, l’intrigue imaginée par Warren a dû être étoffée pour arriver à un long métrage de deux heures » poursuit-il. « Mais nous nous sommes efforcés de conserver l’élément moteur du livre un protagoniste complexe et tourmenté et de rester fidèles à la problématique de l’ouvrage, autrement dit la manière dont notre société met les gens au rancart. Dans le cas du film, il s’agit d’anciens agents de la CIA et d’espions de l’époque de la guerre froide qui, lorsqu’ils sont trop vieux, sont remplacés par une nouvelle génération d’agents plus calés en nouvelles technologies
».

Noveck a donc proposé le projet d’adaptation à Mark Vahradian, chez di Bonaventura Pictures, qui, à son tour, l’a soumis à Lorenzo di Bonaventura. « Avec Lorenzo, on a immédiatement été frappés par la nervosité du récit et l’esthétique du livre » confie Mark Vahradian. « Nous avons été séduits par le fait que l’histoire se déroule sur une toile de fond d’espionnage, et nous avons été fascinés par la question de savoir ce qui allait arriver à ces vieux espions lorsqu’une nouvelle direction prend le pouvoir et fait table rase du passé. Nous étions également à la recherche de projets susceptibles de plaire à de grands acteurs d’âge mûr qui, autrement, n’auraient sans doute jamais eu l’occasion de tourner dans une adaptation de BD ».

DiBonaventura acquiesce : « Warren et Cully ont signé une œuvre audacieuse, unique en son genre, dont on a perçu le potentiel cinématographique car elle pouvait allier action, espionnage, histoire d’amour et comédie, tout en délivrant un message subtil sur le vieillissement qui peut toucher tous les publics, quel que soit leur âge. Et il était primordial pour nous de rester fidèle à l’esprit de l’œuvre d’origine –surtout en ce qui concerne le personnage de Frank Moses –pour que les auteurs se sentent impliqués dans le projet. Je crois bien qu’on y est parvenu ».

Di Bonaventura a donc pris une option sur le roman graphique et a fait appel aux scénaristes Jon et Erich Hoeber pour qu’ils écrivent d’abord un traitement, puis une première version du scénario. « C’est la première fois que je travaillais avec les Hoeber » explique le producteur. « C’était fascinant de voir ces deux frères écrire ensemble car ils ont chacun une sensibilité qui leur est propre. Ils ont tous les deux leurs priorités, et dans ce cas précis, cette complémentarité entre les frères a très bien fonctionné. Ils sont les deux uniques scénaristes à avoir travaillé sur ce projet, du début à la fin ».

« Etant donné que le roman graphique est très court, on savait qu’on allait s’en servir comme point de départ pour en faire ensuite une histoire plus étoffée » signale Jon Hoeber. « On a commencé par le personnage de Moses. C’est l’un des hommes les plus dangereux au monde, et il a tué beaucoup de gens au fil des années, mais il y a aussi chez lui une innocence incroyable. C’est un homme qui a dû cacher sa véritable identité toute sa vie et qui a toujours évité de s’engager avec qui que ce soit. Du coup, quand on fait sa connaissance au début du film, il vient de prendre sa retraite et il découvre pour la première fois à quoi peut ressembler une vie normale. On le voit trouver du plaisir dans des activités de tous les jours comme, par exemple, décorer sa maison pour les fêtes de Noël. Lorsqu’il téléphone à Sarah, il ne sait même pas quoi lui dire au départ… il est terrorisé à l’idée de révéler des choses intimes sur lui-même. Voilà donc un assassin chevronné qui fait penser tout à coup à un ado boutonneux qui essaie de trouver le courage de téléphoner à une fille pour lui donner un premier rendez-vous. On ne peut pas s’empêcher d’éprouver de l’affection pour lui ».

« On s’est alors dit que si Frank Moses est un ex-agent à la retraite et désormais dans le collimateur de la CIA, il doit y avoir d’autres anciens agents dans sa situation » note Erich Hoeber. « C’est ce qui nous a amenés à créer les autres personnages du film, et nous a donné la liberté de leur imaginer un parcours ».

« Et même si les enjeux du film sont très réels, on a volontairement imaginé des personnages hors normes » ajoute Jon. « On voulait retrouver un peu de l’atmosphère de vieux films comme Butch Cassidy et le Kid, qu’il s’agisse du tandem Frank-Marvin, ou de ceux de Frank et Joe, Frank et Victoria et même de Frank et de sa compagne Sarah… Chacun de ces tandems donne lieu à pas mal de conflits et d’humour. Mais cela se déroule de manière très naturelle puisqu’on commence par le personnage de Frank et de sa situation … autrement dit, un type à la retraite, mais toujours extrêmement dangereux ».

Bruce Willis, qu’on a vu dans toutes sortes de films –de Pulp Fiction à Sixième sens, de Clair de lune à La mort vous va si bien, sans oublier la série Die Hard et Armageddon–, campe ici le protagoniste principal. « En toute honnêteté, si vous regardez la couverture du roman, il est difficile d’imaginer qui que ce soit d’autre que Bruce dans le rôle de Frank Moses » signale di Bonaventura. « On ne s’est pas creusés la tête bien longtemps : on voulait tous que Bruce interprète le personnage principal, et on a attendu et attendu, en espérant qu’il accepte ».

Il n’a pas tardé à donner son accord. « Il y avait quelque chose d’original dans le mélange des genres qui m’intriguait » confie Willis. « C’est à la fois un film à suspense, une comédie, une histoire d’amour et, surtout, un formidable film d’action. Mais au-delà de tous ces ingrédients, le film aborde la question de la solitude et évoque le sentiment de rejet et d’abandon qu’on éprouve lorsqu’on est écarté d’une équipe parce qu’on est jugé trop vieux pour continuer. C’était un cocktail vraiment intéressant pour un film ».

Après Willis, c’est au tour de Morgan Freeman, qui joue Joe Matheson, d’avoir donné son accord. « Je savais que j’allais de nouveau faire équipe avec Bruce, après Slevin, et on s’entend très bien tous les deux » note l’acteur. « Mais j’ignorais que j’allais aussi donner la réplique à Helen Mirren, John Malkovich, Mary-Louise Parker et Richard Dreyfuss. Il n’y a rien de tel que de travailler avec des gens qu’on admire et qui se donnent à fond dans leur métier ».

C’est ensuite Helen Mirren qui a rejoint l’équipe de Red. Les producteurs et les scénaristes rêvaient de lui confier le rôle de Victoria, ex-espionne anglaise désormais à la tête d’une chambre d’hôte de luxe, mais qui continue à « accepter des contrats pour arrondir les fins de mois ». « Inutile de préciser que j’ai été flattée de savoir que Jon et Erich ont écrit le rôle en pensant à moi » confie l’actrice, originaire de la même petite ville d’Angleterre que l’auteur du roman Warren Ellis. « Mais je voulais surtout avoir la chance de travailler avec Bruce. Cela peut sembler très prévisible que je m’épanche sur ses qualités, mais c’est vraiment un type formidable ! Doublé d’un acteur doué et généreux. Ce qui n’est pas si commun chez les stars de sa trempe. Ce qui le caractérise, c’est qu’il aime être au contact des autres et qu’il ne se tient jamais à l’écart. C’était d’autant plus important pour ce film qu’il est notre chef d’équipe ».

John Malkovich a, lui aussi, été emballé par le film. Il campe Marvin Boggs, passé maître dans l’art du camouflage, mais devenu cobaye suite aux doses de LSD que la CIA lui a administrées pendant onze ans. « Quand on m’a proposé le rôle, j’étais en négociation pour un autre film » affirme-t-il. « Mais par chance, ce projet est tombé à l’eau, et j’ai pu participer à l’aventure. J’ai aimé le scénario et mon personnage, tout comme l’équipe de production. Les scénaristes étaient prêts à modifier le scénario à ma guise, mais je leur ai dit de ne rien changer car il était d’une grande efficacité, sans fioriture ».

« Marvin ne sort plus beaucoup » poursuit l’acteur. « Du coup, quand Frank et Sarah débarquent devant sa porte –fabriquée à partir du coffre d’une vieille voiture partie à la casse–, il s’imagine tout de suite que Frank veut le tuer. Car au fond, Marvin est très paranoïaque, mais l’avantage, c’est qu’il a très souvent raison. S’il pense qu’on veut sa peau, c’est sans doute le cas…»

Le conflit entre la « vieille garde » et la jeune génération d’agents se cristallise dans les rapports entre Frank Moses, personnage désabusé et en bout de course, et le jeune tueur William Cooper, féru de nouvelles technologies, campé par Karl Urban.

« Cooper est un jeune agent de la CIA, rompu au maniement des techniques de pointe » signale Urban qui, pour les besoins du rôle, s’est plongé dans plusieurs ouvrages et articles de l’ancien agent de la CIA, Robert « Bob » Baer, consultant sur le film. « Un jour, Cooper reçoit l’ordre d’éliminer Frank Moses. La mission s’avère un peu plus compliquée que prévu car il a sous-estimé les capacités de Frank, en partant du principe qu’il était has been. Cooper a beau s’appuyer sur un dispositif de recherche par satellite, il doit faire face à un agent qui a plus de trente ans d’expérience du terrain derrière lui ». « C’était un rôle d’autant plus intéressant que Cooper a une femme et une vie de famille » poursuit l’acteur. « Une situation inenvisageable pour Frank et les types de sa génération. C’était passionnant de camper un père de famille doublé d’un tueur implacable ».


Publié le Mercredi 10 Novembre 2010 dans la rubrique Culture | Lu 3089 fois