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Quand l’oeil du cinéma offre un regard différent sur les temps de la vie

Le festival visage se prépare avec bonheur, privilégiant des oeuvres en rapport avec l’art du quotidien. Le journaliste et réalisateur de la Télévision suisse romande Benoît Aymon en est le parrain. La troisième édition du festival, consacré aux parcours de vie, au temps de la vieillesse, aux relations entre générations, se déroulera à la Médiathèque Valais à Martigny, du 7 au 10 mai. Une quarantaine de fictions et de documentaires suisses et européens sont au programme. Une démarche unique en Suisse sur cette thématique. Organisée conjointement par la Médiathèque Valais Martigny et Pro Senectute Suisse, la manifestation est ouverte à tous les publics.


Interview de son initiateur, le Valaisan Olivier Taramarcaz, engagé depuis dix ans à Pro Senectute Suisse

Créer un festival de cinéma pour parler des temps de la vie, qu’est ce qui vous a donné cette idée ?
Olivier Taramarcaz : Je participe depuis dix ans à des rencontres sur les relations entre les cultures et les générations dans plusieurs régions d’Europe. J’ai découvert ainsi des films qui apportent un regard nouveau sur notre façon d’être au monde, de vivre ensemble. Les films du festival visages valorisent l’ordinaire, le singulier.

Le festival visages présente des documentaires et des fictions en première vision suisse. Comment s’effectue la sélection ?
Olivier Taramarcaz : Je visionne chaque année 300 à 500 films en provenance des cinq continents. L’année dernière nous avons projeté des documentaires et des fictions d’une vingtaine de pays. Je suis en contact avec une cinquantaine de réalisateurs, qui sont venus au Festival. Ils m’indiquent des films d’une rare sensibilité. Je me rends également dans plusieurs festivals durant l’année. Je privilégie des films Art et Essai, des oeuvres porteuses d’un regard poétique, des films de proximité.

Quels sont les thèmes forts de cette troisième édition ?
Olivier Taramarcaz : Le thème central c’est la capacité d’imaginer, de vivre son rêve et de rêver sa vie. Les films sélectionnés accordent une place particulière aux petites choses qui font le quotidien, qui se manifestent dans l’écoute de ce qui fait son histoire à soi. Par exemple dans le film : L’automne c’est triste en été de Nicolas Boucart, un homme, en se réveillant, sent qu’il ouvre les yeux sur la vie une dernière fois. Chaque instant est alors emprunt d’une attention unique. La fiction Ma grand-mère fait du vélo de Thierry Aguila, est une ode à la vie. Une vieille femme se rend chaque semaine au marché à vélo. Une chanson lui rappelle sa jeunesse et la bouscule intérieurement, au point qu’elle ne retrouve plus le chemin du retour… Elle s’égare, redécouvrant le goût de l’aventure. Le grand documentaire Paul dans sa vie, du réalisateur Rémi Mauger, nous fait partager la vie d’un homme âgé qui vit dans sa ferme comme il y a cinquante ans, sans aucun confort. Il peut paraître décalé par rapport au reste du monde. En réalité, sa façon simple d’être dans sa vie, de parler de son quotidien, de son coin de terre, amènent progressivement le spectateur à se poser des questions sur sa propre qualité de vie intérieure.

Il est aussi question de l’enfance dans visages…
Olivier Taramarcaz : Oui, une dizaine de films révèlent des portraits d’enfants, et d’adolescents, notamment sous l’angle des relations entre générations. Ainsi Deweneti, réalisé par Dyana Andolfi : Ousmane, sept ans, mendie dans les rues de Dakar. Il cherche un moyen d’être reconnaissant à l’égard des personnes qu’il rencontre. L’enfant de la Ciotat, de Arnaud Debrée, est une vraie perle : un enfant de dix ans a pour seule complice une caméra… Marie-France Roy, chorégraphe à Angers, a mis en scène une dizaine de spectacles de danse intégrant toutes les générations. Elle a préparé, spécialement pour le festival visages une chorégraphie avec Zelda, une fille de 11 ans en chaise roulante, et Ludmilla, une fille de16 ans. Nous avons adressé une invitation aux écoles valaisannes pour participer au Festival.

Le festival se déroule à la Médiathéque Valais de Martigny. Qu’est-ce qui a motivé ce choix ?
Olivier Taramarcaz : Lorsque j’ai proposé d’organiser le festival visages à Jean-Henry Papilloud, Directeur de la Médiathèque Valais-Martigny (Suisse), il a été tout de suite emballé. Ce lieu offre des conditions idéales, tant au plan de l’accueil que de la technique, avec une équipe formidable. Les réalisateurs venus lors des festivals 2006 et 2007 ont tous apprécié ce cadre propice à la rencontre et au dialogue.

Cette année vous avez invité également des réalisateurs romands ?
Olivier Taramarcaz : Plusieurs réalisateurs romands seront présents pour évoquer leur travail. Tous les jours à 18h00, le film d’ici propose une projection suivie d’une rencontre : Anne Zen Ruffinen, co-réalisatrice avec Carole Roussopoulos du documentaire Vieillir en liberté ; Jean-François Amiguet, pour L’eau qui fait tourner la roue ; Pascale Rocard, avec La petite fille et la mort ; Jacqueline Veuve, avec La petite dame du Capitole, qui viendra en compagnie de Lucienne Schnegg. Le samedi après-midi, des jeunes vidéastes d’Arkaos projetteront une série de mini-courts.

Quels sont les différents moments du festival ?
Olivier Taramarcaz : Le festival commence le lundi soir avec deux films présentés en partenariat avec Caméra Sud : Rêveries d’un promeneur solitaire de Christian Riberzani, et Voyage en sol majeur de Georges Lazarevski, un éloge de l’imaginaire. Tous les jours de 14h00 à 18h00 sont projetés à chaque heure un film. Deux soirées courts-métrages proposent de découvrir des films européens, comme par exemple Bawke, de Hisham Zaman de Norvège : deux réfugiés Kurdes en provenance d’Irak, un père et son fils, touchent au but après une longue route. Le père est confronté à une décision difficile à prendre. Catherine Schmutz, animatrice en histoire de vie sera aussi présente le jeudi après-midi pour les projections en dialogue.Le film de clôture, le samedi 10 mai à 20h00 : Touch the sound est une ode aux sons touchés de l’intérieur. Evelyn Glennie, percussionniste de renommée mondiale, est sourde. Elle a développé un alphabet musical, en apprenant à ressentir la musique avec tout son corps. Un documentaire sublime…

Propos recueillis par Stéphane Herzog

Contact et réservation Abonnement :
Médiathèque Valais Martigny
Programme en ligne :
www.pro-senectute.ch ;
www.mediatheque.ch
Entrée 5 frs ; abonnement 50 frs


Publié le Vendredi 18 Avril 2008 dans la rubrique Culture | Lu 4581 fois