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Project Abroad : quand des retraités s’engagent dans des missions d’aides humanitaires

L’organisation Projects Abroad, spécialisée dans les voyages à vocation humanitaire en Afrique, en Asie, en Amérique latine ou en Europe de l’est propose aux retraités de s’engager dans des missions de volontariat toute l’année. Enseignement, écovolontariat ou encore archéologie permettent à tous de profiter du moment de la retraite pour faire une parenthèse utile. Détails et portraits.


Project Abroad : quand des retraités s’engagent dans des missions d’aides humanitaires
Projects Abroad propose de nombreuses missions pour accompagner des projets portés par des partenaires locaux : aider des enfants défavorisés au Népal, enseigner le français en Bolivie, préserver l’environnement en Afrique du Sud. Quel que soit son parcours ou son niveau d’expérience, chacun peut participer puisque les missions sont entièrement individualisées.

Chaque volontaire choisit ses dates de départ (toute l’année), la durée de sa mission (un mois minimum) ainsi que le pays et le type de mission. Dans la majorité des cas, le logement se fait en famille d’accueil. L’objectif étant de favoriser une immersion culturelle totale dans le pays afin de le découvrir de l’intérieur.

L’organisation dispose d’une équipe dans chaque pays qui coordonne les volontaires, les partenaires sur le terrain et les familles d’accueil. Attention cependant, il faut bien garder à l’esprit que ce sont les volontaires qui autofinancent leur mission. Un coût s’applique donc en fonction de la mission, du pays et de la durée.

La sécurité des volontaires, souligne l’organisation dans son communiqué, « est une des priorités de Projects Abroad. Le prix de la mission comprend une assurance santé et rapatriement complète. L’équipe de salariés permanents de Projects Abroad vient chercher les volontaires à l’aéroport et est disponible 24h/24 et 7 jours/7 en cas de besoin pendant toute la durée de la mission. Une équipe visa ainsi qu’une équipe voyage sont aussi à la disposition des volontaires qui le souhaitent ».

Anne Marie Amico : missions humanitaires au Costa Rica

Je suis retraitée (infirmière puéricultrice). Je m'étais inscrite pour trois mois, et puis finalement, je suis restée 4 mois dans ce magnifique pays, qui m'a si bien accueillie.

Au début de chaque année, j'essaie de planifier en gros mon emploi du temps. C'est ainsi, qu'au 1er trimestre 2008 en cherchant sur internet j'ai connu « Projects Abroad » Une réunion d'information étant programmée, j'y suis allée.

J'ai tout de suite été convaincue par les témoignages de volontaires de retour de missions, après quelques renseignements pris auprès de la conseillère, je me suis inscrite pour partir en Octobre au Costa Rica. Mon idée première était d'aller au Brésil (pour des raisons personnelles que je ne développerai pas).

Je ne parle ni l'anglais, ni le portugais, pas d'avantage l'espagnol, mais au Costa Rica le directeur parle français et je dois reconnaître, qu'il est très appréciable de pouvoir parler sa langue natale de temps en temps, pendant le séjour.

J'ai fait énormément d'efforts pour pouvoir échanger avec la personne chez qui j'étais logée, elle en faisait aussi beaucoup de son côté et dans cette famille, j'ai passé un mois formidable, depuis mon retour je communique toujours avec elle.

Ma mission consistait a seconder une éducatrice dans un centre de jour, pour enfants issus de familles défavorisées. Je me suis tout de suite intégrée à l'équipe qui m'a très bien accueilli. La communication n'était pas facile a début, ni avec les enfants, ni avec le personnel mais au bout de 2 ou 3 jours, je me suis sentie très à l'aise et surtout très vite acceptée par les enfants, avec eux point n'est besoin de parler leur langue, le langage du cour suffit.

Marie France Derrien : missions humanitaires au Sénégal

"Can I speak French please? Ok, Thank you very much. My English is very bad; so language of Senegal is French, isn't it?"

Le Sénégal, c'est pour moi une très vieille histoire personnelle mais je ne peux pas la raconter ici. Je ne suis ni journaliste, ni écrivain et je manque de cette forme de narcissisme qui pousse les personnes âgées comme moi à raconter leur vie.

Quoique mauvaise en anglais, j'ai choisi de partir avec Projects Abroad parce que je trouve les organisations humanitaires françaises trop souvent prétentieuses voire intolérantes, affichant une connaissance du bonheur des autres sans laisser sa place au doute.

Ce que je peux dire c'est que je me suis laissée porter par les personnes contactées ou rencontrées au cours de cette expérience.

D'abord il y a eu Frank Seidel à Grenoble : propos encourageants et rassurants au téléphone.

Puis il y a eu Jonathan et Krystina qui savent transmettrent par email un enthousiasme à toute épreuve.

Arrivée à Dakar, c'est là que commence l'histoire - avec, et surtout sans paroles - avec les Sénégalais, champions de la communication non verbale :

Issa qui ne ménage ni sa peine, ni ses sourires, ni ses "aller et retour" incessants entre Saint-Louis et Dakar pour accueillir les volontaires et les conduire à bon port.

Moctar qui a su me donner en temps utile de précieux conseils sur les comportements et attitudes à adopter à Saint-Louis par rapport à ma famille d'accueil, par rapport aux personnes qui vous saluent dans la rue et aussi par rapport aux Talibés mendiants etc.

Moctar m'a également prodigué des conseils pour les questions pratiques : les magasins d'approvisionnement, les banques, les taxis etc. Il s'est inquiété régulièrement de mon devenir au cours du séjour. Et puis, j'ai appris de lui comment tenir le coup et rester efficace quand les images sont trop fortes : zapper !

Au centre AFE où j'étais placée, j'ai été très surprise d'être immédiatement intégrée dans cette équipe si motivée : Seybatou, Saly, Fatim, Oumou et les autres, et bien sûr Maodo Diagne.

De Maodo, je dirais qu'il a la capacité de vous montrer l'arc en ciel dans chaque petit rayon de lumière blanche. Est-ce parce qu'il est Toucouleur ?

J'ai également beaucoup appris auprès de Rachelle Cumba qui était arrivée bien avant moi au centre AFE. Elle m'a montré par son attitude comment une volontaire de Projects Abroad peut trouver sa juste place.

C'est vrai, j'ai passé toutes mes journées au centre AFE, en dehors d'une demi-journée par semaine consacrée à rendre visite à l'équipe de Projects Abroad et à suivre le cours de danse africaine. Je n'avais pas envie de lézarder sur la plage et je me trouvais bien à l'AFE où j'ai essayé de répondre à la demande. L'équipe de Projects Abroad m'y a bien aidé.

J'ai traité chaque demande comme un petit « project » en écrivant sur une page l'action à mener, le but recherché, le public visé, les moyens à mettre en oeuvre, la programmation de l'action. Je me suis efforcée de laisser une trace écrite de mon passage pour les volontaires qui prendraient le relais après moi.

Je n'ai pas assisté aux Quiz, dommage, c'était trop tard pour moi et je me trouvais handicapée par mon anglais.

Un mot sur les cours de danse à la maison de quartier: Abdoulaï, Elico, Pape Samba et les autres. Ils m'ont fait fondre dès le premier cours. Je n'avais pas d'amertume sur mon âge avancé, ni sur les limites de mon évolution gestuelle; car au milieu d'eux, je n'avais pas d'âge et j'oubliais mon vieux corps.

Enfin je dirai un mot sur ma famille d'accueil Fily Bousso, Rhokahia et leurs 2 enfants. Avec les parents, j'ai pu avoir des conversations intéressantes sur la vie quotidienne des Sénégalais, la vie de famille et celle du couple, la religion musulmane, la vie politique etc.

Avec les enfants, j'étais assurée de l'animation dans la maison. Enfin, je n'oublie pas Fatou, la bonne (une vraie bonne !) qui m'a appris quelques danses coquines, ce qui m'a permis d'entrer dans les parties de rire des cercles féminins, ici ou là.

Merci à tous du fonds du cœur !

Nicole Montet : missions humanitaires en Bolivie

On peut être grand mère et partir comme volontaire. Il faut reconnaître que Projects Abroad vous prépare et vous entoure du début jusqu'à la fin.

Dès l'arrivée à l'aéroport, le fait d'être attendue et guidée, d'être présentée à la famille d'accueil facilite énormément la prise de contact. Pour ma part, parlant un peu l'espagnol, j'avais interrogé Projects-Abroad pour savoir quels étaient les pays d'Amérique latine ou il y avait le moins de volontaires à cette période de l'année (Janvier).

La Bolivie fut donc ma destination et c'est avec joie que j'ai appris que je m'occuperai de petits dans un orphelinat de Cochabamba. Durant les quelques mois qui ont précédés mon départ j'ai fabriqué une cinquantaine de souris en peluche appelées Dodos destinées aux petits pour le câlin en s'endormant. Les fêtes de Noël passées, j'ai donc pris l'avion avec un énorme sac rempli de mes doudous maison.

A l'arrivée déjà le choc climatique est étonnant et ce n'est pas le seul. La rencontre avec la famille a été une histoire d'amitié - coup de foudre. Il faut dire que dans cette grande habitation vivent différentes générations et que de suite j'ai été considérée comme une sœur, une fille, une tante, une amie, à chaque repas la table se rallongeait toujours de quelques couverts, famille, amis, voisins.

Dans cette maison vibrante comme une ruche je me suis toujours sentie à l'aise et l'on n'a eu de cesse de me faire plaisir, de me gâter, de me faire découvrir les spécialités boliviennes. L'orphelinat, ce fut un choc émotionnel extrêmement fort.

Situé un peu en dehors de la ville, il me fallait prendre un truffi (espèce de mini bus en plus folklorique) pour m'y rendre chaque matin. Les enfants étaient en période de vacances d'été.

Mon travail était de prendre soin et de gérer 9 petits (de 9 mois à 2 ans), de faire avec eux des jeux d'éveil, chanter, mimer, leur raconter des histoires, apprendre les couleurs, les nombres, la coordination des gestes ou tout simplement les aider à jouer selon leurs envies. Bien sûr, changer les couches, mettre sur le pot, apprendre à se brosser les dents, de temps en temps donner les bains, préparer la collation du matin et les biberons. De toutes façons les enfants sont presque tous tellement demandeurs qu'il est très facile de les satisfaire et d'obtenir sourires, rires, éclats de rire mais aussi des grands moments de tendresse qui à eux seuls vous font réaliser que c'est sûrement pour cela que vous deviez être là.

De temps en temps il faut un peu de système débrouille car rien ne fonctionne normalement et beaucoup de choses manquent ; mais l'urgence donne de l'imagination et l'équipe avec laquelle j'ai travaillée avait de l'expérience et beaucoup de philosophie. Projects Abroad avait organisé un weekend avec d'autres volontaires à Tarata. Encadrés et guidés nous avons passés une fin de semaine très dépaysante et très agréable.

Les autres week-ends nous nous sommes rendus à l'orphelinat car il n'y avait pas de responsables pour s'occuper des enfants. Ce furent des journées inoubliables.

Ce que j'ai vécu en Bolivie est une expérience humaine sans égale. Mon unique regret est qu'un mois, c'est trop court, je ne savais pas avant de partir si cette ''aventure'' à mon âge ne serait pas un peu fatigante; en réalité ce rapport avec les enfants est tellement fort émotionnellement que tout le reste s'efface.

Je dois dire aussi que les correspondants de Projects Abroad s'inquiètent de vous, de votre santé et sont toujours présents si vous avez besoin d'aide. Je n'étais pas sûre au début de ce que je pourrais apporter aux enfants. En réalité mon expérience de grand-mère a fait les choses naturellement et au final ce sont eux qui m'ont donné plus que je n'aurais pu imaginer. Certain membres de ma famille d'accueil ont prévu de me rendre visite en France en 2010.

Quant à moi maintenant je ne souhaite plus qu'une chose c'est retourner dès que possible en Bolivie pour revoir et aider ces petits et connaître un peu plus de ce pays étonnant.

Merci Projects Abroad sans vous je n'aurais jamais pu vivre cette première expérience. Elle a donné un autre sens à ma vie.

Retrouvez l’ensemble de ces informations sur projects-abroad.fr


Publié le Mercredi 16 Juin 2010 dans la rubrique Société | Lu 4141 fois