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Prendre le cancer à la gorge : de l'importance d'un dépistage précoce...

Douleur à la gorge, difficultés de déglutition, enrouement, douleur à l’oreille, boule dans le cou, saignement de nez… Ces symptômes ne sont pas à prendre à la légère… Attention, s’ils persistent au-delà de trois semaines, il faut consulter. En effet, ils peuvent cacher un cancer des Voies Aéro-Digestives Supérieures (VADS). Explications.


Prendre le cancer à la gorge : de l'importance d'un dépistage précoce...
Bouche, joues, palais, langue, amygdales…, les cancers des VADS comprennent une douzaine de cancers en tout. En France, 14.638 nouveaux cas sont diagnostiqués dont 74% chez les hommes en 2012. Ces cancers sont classés au 8ème rang des cancers les plus fréquents et au 5ème rang chez l’homme, derrière les cancers de la prostate, du poumon et du côlon-rectum.
 
Un classement dont les Français ont conscience, comme l’indiquent les résultats de l’enquête Ifop/Merck Serono. En effet, la moitié des personnes interrogées classe le cancer de la prostate en première position en termes de fréquence, suivi du cancer du poumon.
 
« Les campagnes de prévention ont eu manifestement des conséquences positives sur le niveau de connaissances des Français : la lutte contre le tabagisme et l’incitation au dépistage du cancer de la prostate ont amené à une bonne identification de la fréquence des cancers du poumon et de la prostate chez l’homme » explique Damien Philippot, Directeur des études, Département Opinion, Ifop.
 
Pour les cancers des VADS, 7% des Français les positionnent en première position, 12% en deuxième et 21% en troisième position. Pour autant, les résultats de l’enquête révèlent que seulement 29% des sondés déclarent connaître précisément ces cancers, alors que 47% affirment en avoir entendu parler sans savoir précisément ce dont il s’agit et un quart (24%) n’en ont jamais entendu parler.
 
« Les cancers des VADS sont peu connus du grand public car certains patients présentent des symptômes depuis plus de trois semaines, voire plusieurs mois et ne consultent pas », explique le Professeur Beatrix Barry, Chef de service de chirurgie carcinologie ORL de l’hôpital Bichat, à Paris et Présidente de la Société Française de Carcinologie Cervico-Faciale (SFCCF). Et d’ajouter : « les facteurs de risque des cancers des VADS sont l’alcool est le tabac. Ce dernier est avant tout responsable du cancer du larynx. L’association de l’alcool et du tabac augmentant significativement la survenue des cancers ORL ».
 
Ces facteurs de risque sont bien connus des Français puisque plus des trois-quarts (76%) déclarent que l’association tabac-alcool constitue un facteur de risque très important pour les cancers de la bouche et de la gorge (98% considèrent qu’elle est un facteur de risque important), contre 78% pour le poumon, 73% pour les maladies cardiovasculaires et 54% pour les lésions cérébrales.
 
« Les cancers des VADS sont à suspecter chez les personnes présentant les facteurs de risque comme l’alcool et le tabac ; mais aussi chez les gens souffrant de maux de gorge qui peuvent provoquer une douleur à l’oreille lors de la déglutition, ceux qui ont un ganglion au niveau du cou, un changement de la voix », informe le Pr Beatrix Barry. « Si ces symptômes persistent au-delà de trois semaines, le patient doit consulter son médecin impérativement ».
 
Toujours dans le cadre de cette enquête, 72% des sondés déclarent qu’ils consulteraient rapidement un médecin si ces symptômes (aphtes, maux de gorge, saignement de nez) duraient depuis plus de trois semaines. Les hommes (76%) et les personnes de plus de 65 ans (81%) sont les plus attentifs à l’évolution de ces signes avant-coureurs. « Je me suis retrouvé complètement aphone lors de l’animation d’une réunion. Je croyais que cette extinction de voix était liée à la climatisation de ma voiture. Or, ce phénomène s’est reproduit trois fois en un mois. J’ai consulté un ORL qui, suite à un prélèvement au niveau de ma gorge, m’a orienté vers un spécialiste pour ma prise en charge. Tout s’est déroulé très rapidement ; je n’ai pas eu le temps d’avoir peur », affirme Philippe Grousseaux, patient atteint d'un VADS.


Publié le Jeudi 24 Septembre 2015 dans la rubrique Santé | Lu 1719 fois