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Senior Actu

Pour lutter contre le suicide des seniors : les propositions de l'AD-PA

Il ne faut pas l’oublier… Près d’un tiers des suicides concernent des personnes âgées de plus de 65 ans. Dans ce contexte, il convient de mener des politiques de prévention bien spécifiques auprès des seniors afin de limiter la survenue de ces drames familiaux qui détruisent non seulement une vie, mais parfois, également les vies de ceux qui restent. Voici donc trois propositions de l'AD-PA.


Pour lutter contre le suicide des seniors : les propositions de l'AD-PA
L’arrivée de la retraite et le vieillissement qui l’accompagne influent fortement sur le moral des seniors… Si pour certains, cette seconde partie de vie apparait comme positive et source d’épanouissement, pour d’autres, elle peut être une source d’angoisse, de détresse et de dépression...
 
De fait, selon une enquête de l’Inpes datant de 2014, 17% des seniors seraient en état de détresse psychologique, une proportion similaire à celle observée chez les 15/54 ans. En revanche, soulignons que les pensées suicidaires sont plus importantes chez les 55-64 ans que dans les autres tranches d’âges supérieurs. Ainsi, ils sont 4% à avoir eu des idées suicidaires au cours de l’année passée contre 3% des 65-74 ans et 2% des 75-85 ans. Autre chiffre important : on compte env. 3.000 suicides seniors de 65 ans et plus par an, soit presque un tiers des suicides (28%) !
 
Naturellement, tout le monde souhaiterait être présent trois minutes avant le geste fatal d’un proche. Mais en réalité, c’est trois mois voire trois ans avant qu’il faut agir. Dans ce contexte, l’AD-PA, association qui représente les directeurs de services à domicile pour personnes âgées et maisons de retraite, rappelle donc ses différentes propositions :
- Revaloriser l’image des aînés dans notre société car la dévalorisation sociale conduit souvent à la dévalorisation individuelle. Il faut ainsi lutter contre l’âgisme, ce racisme par l’âge, qui gangrène notre société et conduit à penser que la vie d’un vieux vaut bien peu au regard de la vie d’un jeune. Il faut aussi développer des mesures d’accompagnement du vieillissement à tout âge.
- Mieux accompagner les personnes âgées fragilisées en augmentant le nombre de professionnels à domicile et en établissement afin de lutter contre tout type d’isolement. Accompagner les personnes âgées à des activités hors de chez elles, mieux les écouter au quotidien est fondamental. Ainsi on sait que l’isolement social est un des facteurs majeurs du suicide. C’est pourquoi il faut mettre en place la prestation autonomie annoncée par le Président Hollande.
- Mettre en oeuvre un véritable dépistage des phénomènes dépressifs chez les personnes âgées en s’appuyant sur les services d’aide à domicile, les professionnels libéraux et les structures sanitaires. La prévention des fragilités psychiques (de la baisse d’estime de soi jusqu’à la dépression) reste en effet largement inefficace dans notre pays par manque de moyens.
 
Parmi les personnes déclarant une tentative de suicide, plus des deux-tiers (67%) évoquent une raison familiale, plus de la moitié (56%) une raison sentimentale et 12% une raison professionnelle. Dépression, solitude, maladie, problème de couple ou de famille sont des causes très souvent évoquées.
 
Rappelons que l’association les petits frères des Pauvres a mis en place Solitud’écoute, un numéro pour lutter contre l’isolement des personnes de plus de 50 ans. Aujourd’hui, on estime qu’ 1,5 million de personnes âgées souffrent d’isolement. Cette plateforme existe depuis 2007. Plus concrètement, il s’agit d’un numéro vert gratuit (0 800 47 47 88), anonyme et confidentiel, accessible tous les jours y compris les week-ends et jours fériés de 15h à 18h. Dernier point : au moindre doute ou changement d’humeur de votre conjoint ou de vos proches, n’hésitez pas à en parler voire à consulter.  


Publié le Mardi 7 Juin 2016 dans la rubrique Social | Lu 1158 fois