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Le point sur la tomate avec Paule Neyrat

Alors que Paule Neyrat publie dans les jours à venir son nouveau livre de cuisine aux éditions Alain Ducasse, intitulé : Manger heureux, vivre longtemps et mourir en bonne santé, cette diététicienne gourmande et amoureuse de la cuisine, revient sur l’uns des fruits que nous consommons le plus en France : la tomate !


Le point sur la tomate avec Paule Neyrat
Lorsque Christophe Colomb découvrit la tomate au Pérou au XVe siècle, il était loin de se douter que ses lointains descendants, six siècles plus tard, en consommeraient en moyenne 12 à 15 kg par an ! D’autant que pendant 300 ans, alors qu’elle était surtout cultivée en Espagne et en Italie, la « pomodoro » (ainsi qu’on l’appelait alors) avait la réputation d’être… vénéneuse !
 
Finalement, c’est aux Provençaux que l’on doit sa popularisation. En effet, eux aussi la cultivaient et s’en régalaient. Ils arrivèrent à Paris, le 14 juillet 1790, pour la première fête de la Fédération nationale, avec des cageots de tomates. Les Parisiens y prirent goût et la tomate perdit enfin sa réputation maléfique. Les maraîchers de la capitale en plantèrent et sa culture se propagea assez vite dans toute la France.
 
Ce goût démesuré que nous avons pour ce fruit (oui, oui, c’est un fruit) en a fait le plus consommé en France. Mais également le plus galvaudé : il cristallise toutes les dérives de l’industrie alimentaire et de l’agriculture intensive, nocives pour notre santé et la planète.
 
De fait, alors que sa saison s’étale de mai à octobre, la tomate est sur les marchés tout au long de l’année, cultivée en serre et hors sol, gavée de nourriture artificielle et de pesticides, toujours bien calibrée, ronde ou ovale, avec une peau bien lisse. Mais sans aucun goût.
 
Des producteurs courageux cultivent pourtant des tomates en pleine terre ; d’autres ont retrouvé des semences et produisent des tomates anciennes. Vous les trouvez en été sur les marchés et ce sont celles-là que vous devez acheter. Mais à partir de novembre et jusqu’à fin avril, il est aberrant et immoral de cuisiner des tomates fraîches !
 
Nombreuses sont les variétés de tomates de saison, rouges et roses, lisses ou côtelées, orange et jaunes, bigarrées et vertes, blanches et noires, grosses ou petites, rondes, allongées ou en forme de cœur, avec une chair plus ou moins dense.
 
Rappelons que la tomate est particulièrement protectrice pour notre corps car elle rassemble des sels minéraux, des vitamines C et E, et beaucoup d’antioxydants : béta-carotène et polyphénols. Elle est l’un des rares fruits à contenir du lycopène, un antioxydant particulièrement actif, surtout quand il a été chauffé. D’où l’intérêt du coulis de tomate, qui sert à tout, des tomates séchées et de la sauce tomate.
 
En revanche, elle renferme relativement peu de fibres. Celles-ci se trouvent surtout dans la peau et dans les pépins, que l’on élimine en la mondant (en enlevant la peau) et en l’épépinant. Toutefois, on peut se dispenser de cette corvée pour ne pas se priver de ces fibres douces qui font du bien à notre microbiote.
 
Petite-fille de cuisinier et diététicienne, Paule Neyrat a toujours oeuvré à la fois dans la nutrition et dans la gastronomie. Créatrice des Stages Escoffier, stages de perfectionnement de cuisine pour les professionnels, elle travaille pendant une vingtaine d’années avec les plus grands d’entre eux.
 
Journaliste spécialisée dans le domaine de l’alimentation et la nutrition, elle est également l’auteur de différents livres notamment chez Alain Ducasse Edition avec qui elle collabore régulièrement. Dans ce nouveau beau et bon livre qui sort le 23 mars prochain, Paule dresse « la » liste des aliments idéaux pour chouchouter notre corps de l’intérieur.
 
En tout, plus d’une centaine de recettes simples et savoureuses qui sont déclinées en neuf chapitres et précédées de fiches sur les principales bases de la nutrition.


Publié le Jeudi 16 Mars 2017 dans la rubrique Nutrition | Lu 1445 fois