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La rapamycine : future molécule d’une pilule anti-âge ?

La rapamycine, un médicament antirejet utilisé chez les personnes transplantées augmente la durée de vie des souris de 14%, même lorsqu’il est administré à un âge avancé, indique une récente étude publiée dans la célèbre revue Nature.


Cette molécule, découverte à l’Île de Pâques dans les années 70 pourrait donc devenir dans les années à venir, source d’une nouvelle formule de fontaine de jouvence…

Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs américains David Harrison du Jackson Laboratory (Maine) et Randy Strong de l’Université du Texas ont étudié les effets de la rapamycine, administrée dans l’alimentation de 2.000 souris âgées de 20 mois, soit l’équivalent de 60 ans chez l’être humain.

Conclusion : cette molécule a augmenté de 14% la durée de vie de ces souris « seniors » (28% chez les mâles et 38% chez les femelles) qui prenaient de la rapamycine par rapport au groupe test qui n’était pas traité.

Selon cette étude américaine, ce médicament antirejet s’avérerait donc être le premier capable d’accroitre la durée de vie des mammifères !

La rapamycine n’a pas été choisie pour ce test par hasard, indique encore l’article publié dans Nature. En effet, cette molécule était d’ores et déjà connue pour sa diminution de l’activité de la protéine TOR, déjà impliquée dans le processus de vieillissement chez les invertébrés. L’inhibition de la protéine TOR avait autrefois permis d’accroître la durée de vie du ver nématode ou de la mouche du vinaigre.

Toutefois les chercheurs préviennent qu’il ne faut pas prendre de rapamycine pour tenter de ralentir votre vieillissement. Comme le souligne d’ailleurs David Harrison, 67 ans : « J’ai l’âge pour en prendre, n’est-ce pas ? Mais je n’en prendrai pas moi-même et je n’encouragerai personne à suivre ce traitement à ce point de l’étude ». Les chercheurs précisent encore que l’utilisation de cette molécule pourrait entraîner chez l’homme des problèmes, dans la mesure où elle réduit les effets de notre système immunitaire, nous rendant donc plus sensibles aux maladies infectieuses…

Cependant, à terme, cette nouvelle découverte pourrait permettre de développer des produits proches de la rapamycine, dépourvus d'effets secondaires, qui permettraient de lutter contre les maladies liées à l'âge, voire même les cancers.

Affaire à suivre...


Publié le Vendredi 10 Juillet 2009 dans la rubrique Santé | Lu 4328 fois