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La maladie de Parkinson : au coeur des recherches et actions du programme DHUNE

A l'occasion des 200 ans de la première description de la maladie de Parkinson et de la journée mondiale qui se tiendra le 11 avril prochain, DHUNE annonce une avancée dans la compréhension des réseaux neuronaux dysfonctionnels de cette maladie et de nouvelles perspectives de stratégies thérapeutiques.


La maladie de Parkinson touche entre 150.000 et 200.000 personnes en France et figure au second rang des pathologies neurodégénératives après Alzheimer. Environ 25.000 nouveaux cas sont recensés chaque année. La maladie de Parkinson, dont l’âge moyen au diagnostic est de 58 ans, est une affection neurodégénérative caractérisée par la perte progressive des neurones produisant de la dopamine, ce neurotransmetteur nécessaire au contrôle du mouvement.
 
La perte de ces neurones dans la substance noire, située à la base du cerveau, va progressivement entrainer une lenteur du mouvement, la raideur des membres et des tremblements, ainsi que des symptômes psychiques (dépression, anxiété, démotivation) émotionnels et cognitifs (perte de mémoire…).
 
A la recherche des mécanismes à l'origine de ces symptômes, les équipes de DHUNE annoncent une avancée dans la compréhension du fonctionnement des réseaux de neurones impliqués dans la maladie et de nouvelles stratégies thérapeutiques.
 
A/ Bloquer les canaux SK par une neurotoxine présente dans le venin d'abeille
Les canaux SK fortement représentés dans le système nerveux central contrôlent l’activité des neurones dopaminergiques et contribuent aux phénomènes de neuroplasticité (capacité des neurones du système nerveux à se modifier et s’adapter aux changements de l’environnement ou en réponse à une lésion). Lorsque les neurones dopaminergiques dégénèrent dans la maladie de Parkinson, l’expression de ces canaux est modifiée, ce qui peut perturber l’activité neuronale.
 
Les études menées par le Dr Christiane Mourre, directeur de recherche CNRS et Nicolas Maurice, chargé de recherche CNRS avec la collaboration du Dr A. Hartmann, clinicien constatent que le blocage de ces canaux grâce à l’apamine, neurotoxine présente dans le venin d’abeille, intensifie l’excitabilité des neurones dopaminergiques encore présents en début de la pathologie et augmente la sécrétion de dopamine. Dans un modèle de stades tardifs de la maladie où les neurones dopaminergiques disparaissent totalement, l’apamine agirait sur d’autres systèmes neuronaux pour réguler leur activité et contrecarrer les troubles moteurs.
 
La diminution des symptômes moteurs
Selon ces études, l'apamine restaure les troubles comportementaux cognitifs et émotionnels et améliore partiellement les déficits moteurs. L’étude clinique, menée en parallèle, montre que le venin d’abeille n’induit pas de toxicité et améliore légèrement les scores moteurs. Il sera testé à des doses plus importantes dans une nouvelle cohorte. L’administration du venin sur des points d’acupuncture précis, réalisée par une équipe clinique coréenne, apparait comme un traitement d’appoint des patients parkinsoniens idiopathiques.
 
Un effet neuroprotecteur
L’inactivation des canaux SK par l’apamine ou le venin d’abeille a également un effet neuroprotecteur sur les neurones dopaminergiques. Elle freine la dégénérescence lente et progressive des neurones à dopamine du système nerveux.
 
B/ Moduler l’activité des neurones cholinergiques par optogénétique ou pharmacologie
La deuxième étude menée par les Dr Corinne Beurrier et Nicolas Maurice, chargés de recherche CNRS, Samira Ztaou, doctorant AMU* et Martine Liberge, maître de conférence AMU porte sur la modulation par optogénétique d'une petite population de neurones jouant un rôle crucial dans la pathophysiologie de la maladie de Parkinson. L'optogénétique consistant à activer par la lumière des protéines photosensibles exprimées génétiquement dans une population ciblée de neurones pour contrôler leur activité.
 
Réduction des déficits moteurs
L'étude démontre que l'inhibition des interneurones cholinergiques striataux par optogénétique réduit les déficits tels que l’akinésie (diminution des mouvements volontaires) et identifie les circuits neuronaux impliqués. Ces effets sont reproduits par un blocage pharmacologique des récepteurs cholinergiques avec des molécules sélectives.

Le programme DHUNE (d’une durée de cinq ans), a pour ambition des interactions entre les équipes impliquées dans le diagnostic, la recherche clinique et le traitement des maladies neurodégénératives et du vieillissement, les équipes des unités de recherche fondamentale en sciences  humaines, neurosciences, en neuro-imagerie et neurophysiologie de l'Université d’Aix-Marseille, les formations en neurosciences, et les entreprises privées.
 
Avec une concentration importante d’experts (médecine, biologie, psychologie, sociologie, physique, mathématiques, économie), ce programme va établir un continuum dans la recherche, des aspects des plus fondamentaux aux aspects cliniques, économiques et sociétaux. Envisager l’avenir, c’est aussi renforcer l’éducation de tous et du personnel médical, paramédical et médico-social et favoriser la double formation médecine et recherche en neuroscience.
 
DHUNE profite d'une réelle complémentarité des différentes structures qui mutualisent leurs plates-formes et leurs ressources vers un but commun : la lutte contre les maladies neurodégénératives. Cette approche pluridisciplinaire transversale inédite considérant la perte de fonction (aspect moteur, aspect cognitif et évaluation psychiatrique) des maladies neurodégénératives permettra d'identifier et de qualifier les biomarqueurs des maladies neurodégénératives et de les aborder de manière optimale.

Des journées spéciales sur la Maladie de Parkinson sont organisées tout le mois d'avril par France Parkinson à l'occasion des 200 ans de la Maladie et la Journée mondiale, notamment à :
Paris : le 1er avril 2017
Marseille : le 8 avril 2017
Aix en Provence et Lyon : le 22 avril 2017
 
Plus d'informations sur le site de France Parkinson : www.franceparkinson.fr


Publié le Jeudi 2 Mars 2017 dans la rubrique Santé | Lu 2224 fois