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La FRM se mobilise pour Alzheimer (partie 5)

De nos jours, 900.000 personnes souffrent de la maladie d’Alzheimer en France. Si les chercheurs progressent dans la connaissance de cette pathologie, il n’existe pas encore de médicaments pour la guérir. C’est pourquoi, à l’occasion de la Journée Mondiale de lutte contre la maladie d’Alzheimer, la Fondation pour la Recherche Médicale (FRM) se mobilise tout le mois de septembre 2017 pour lever des fonds et faire progresser la recherche sur la maladie d’Alzheimer et les maladies neurologiques.


4 recherches financées par la FRM qui soulèvent bien des espoirs

Les chercheurs ont besoin de nous pour explorer chaque nouvelle piste prometteuse et faire progresser la recherche sur la maladie d’Alzheimer. Voici quelques exemples de projets particulièrement prometteurs, actuellement financés par la Fondation pour la Recherche Médicale et des résultats très récents rendus possibles grâce à la Fondation.
 
Lutter contre l’inflammation néfaste
Premières preuves d’efficacité d’une immunothérapie dans un modèle animal par Nathalie Cartier-Lacave, Equipe INSERM/CEA, « Thérapie génique des maladies neurodégénératives » à Fontenay-aux-Roses.
 « La destruction neuronale liée à la maladie d’Alzheimer s’accompagne d’une inflammation cérébrale, c’est-à-dire une réaction en excès du système immunitaire. Cette neuroinflammation aggrave à son tour la neurodégénérescence, et instaure ainsi un véritable cercle vicieux qui majore la pathologie. Avec mon équipe, nous nous sommes attaqués à cette inflammation délétère grâce à une immunothérapie basée sur l’Interleukine 2. Nous l’avons administrée à des souris atteintes d’une forme avancée de la pathologie. Nous avons observé une réduction de l’importance des plaques amyloïdes dans leur cerveau, des lésions caractéristiques de la maladie d’Alzheimer, et une amélioration des fonctions cognitives des animaux traités. Il faut dorénavant évaluer le potentiel thérapeutique de l’Interleukine 2 chez l’Homme. »
 
Identifier les facteurs génétiques associés à la maladie
Explorer les déterminants génétiques de la maladie d’Alzheimer pour mieux comprendre son origine par Dominique Campion, Equipe « Génétiques de la maladie d’Alzheimer, des démences et des psychoses » à la faculté de médecine et de pharmacie de Rouen.
« Avec mon équipe, nous étudions une anomalie génétique particulière, identifiée chez quelques malades touchés par une forme précoce de la maladie d’Alzheimer (malades Alzheimer jeunes) : la duplication du gène MAPT/Tau. Nous souhaitons explorer les conséquences moléculaires de cette anomalie au sein d’échantillons de cerveau issus d’une banque de tissu humain ainsi que dans deux modèles, des cellules souches issues de patients et la drosophile. Nous voulons également poursuivre notre étude sur les malades Alzheimer jeunes afin d’identifier de nouveaux gènes impliqués dans la pathologie. Les données recueillies durant ce projet seront précieuses pour comprendre les phénomènes à l’origine de la destruction neuronale et développer des moyens de les combattre
. »
 
Détecter la maladie le plus tôt possible
Des pistes pour une nouvelle méthode de dépistage précoce de la maladie d’Alzheimer par Slavica Krantic, Equipe « Physiopathologies et thérapeutique des maladies rétiniennes » dirigée par Francine Béhar-Cohen au Centre de Recherche des Cordeliers à Paris.
« La maladie d’Alzheimer débute 10 à 15 ans avant qu’elle puisse être diagnostiquée : un véritable problème pour sa prise en charge rapide. Des études ont montré que certains neurones de la rétine sont altérés précocement lors de la pathologie, et ce avant l’apparition des symptômes cognitifs. Avec l’équipe, nous avons montré au sein d’un modèle animal de la pathologie que ces anomalies étaient détectables par des examens non invasifs. L’équipement avec lequel nous avons mené nos travaux étant analogue à celui utilisé chez l’Homme, nous pensons que nos résultats pourront être appliqués en pratique clinique dans un court délai. »
 
Comprendre comment la maladie se propage dans le cerveau
L’hypothèse « prion » à l’épreuve par Vincent Béringue, Unité de recherche Virologie et Immunologie Moléculaires, Institut National de la Recherche Agronomique Domaine de Vilvert, Jouy-en-Josas.
« Nous nous intéressons, avec mon équipe, à une hypothèse récente : les maladies neurodégénératives se développeraient comme des maladies dites « à prion ». Dans ces dernières, les protéines prions situées dans les neurones du cerveau peuvent parfois devenir pathogènes : elles se replient sur elles-mêmes et s’agrègent entre elles, ce qui peut induire la mort des neurones. Elles ont aussi pour particularité de transmettre par contact leur structure anormale à des protéines prions normales : ainsi, des protéines prions déficientes seraient capables de transmettre leurs anomalies de structure de cellule en cellule. Ces dernières années, les recherches ont montré que le peptide bêta-amyloïde, la protéine impliquée dans la maladie d’Alzheimer, pouvait adopter ce comportement. La mise en évidence de tels processus dans la maladie d’Alzheimer et autres pathologies neurodégénératives pourrait ouvrir de nouvelles pistes thérapeutiques. »
 


Publié le Vendredi 25 Août 2017 dans la rubrique Santé | Lu 617 fois