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L’OMS prévient : il faut se préparer au vieillissement de la population mondiale

Le monde comptera bientôt plus de personnes âgées que d'enfants. Une telle transformation sociale s'accompagne sur le plan de la santé de véritables défis. C'est pourquoi la Journée mondiale de la santé 2012 mobilisera autour des enjeux majeurs que constituent la préparation des sociétés, des systèmes de santé et des soignants à la santé des personnes âgées.


Le vieillissement de la population mondiale -dans les pays en développement comme dans les pays développés- indique que la santé s'améliore partout dans le monde. On compte, au niveau mondial, 650 millions de personnes âgées de 60 ans ou plus et on prévoit qu'il y en aura 2 milliards d'ici 2050.

Cette évolution positive s'accompagne toutefois, sur le plan de la santé, de problèmes particuliers auxquels il faudra faire face au 21ème siècle. Il est essentiel de préparer les soignants et les sociétés à répondre aux besoins de populations vieillissantes.

Les soignants doivent apprendre à prodiguer des soins spécifiques aux personnes âgées et à prévenir et prendre en charge les maladies chroniques associées au vieillissement. Il faut aussi concevoir des politiques pérennes pour les soins au long cours, les soins palliatifs et mettre en place des services et un environnement adaptés aux personnes âgées.

Faits et chiffres en dix points

L’OMS prévient : il faut se préparer au vieillissement de la population mondiale
La population des 60 ans ou plus est celle qui augmente le plus vite. Le vieillissement est un phénomène planétaire. D’ici 2050, environ 80% des personnes âgées vivront dans les pays en développement. Le vieillissement de la population coïncide avec une urbanisation grandissante: en 2007, plus de la moitié de la population mondiale habite en ville et cette proportion devrait dépasser 60% d’ici 2030.

Le vieillissement est le triomphe de la société moderne. Il reflète une amélioration de la santé dans le monde mais s’accompagne aussi de difficultés particulières auxquelles tous les pays devront faire face au XXIe siècle. L’espérance de vie, qui, en 2005, dépassait déjà 80 ans au Japon ou en France, augmente également dans les pays en développement. Par exemple, un enfant qui naît aujourd’hui au Chili, en Jamaïque, au Liban, à Sri Lanka peut espérer vivre plus de 70 ans.

Il y a de grandes disparités d’espérance de vie à la naissance dans le monde. De fortes inégalités dans le domaine de la santé persistent dans le monde, comme le montre clairement l'existence de vastes disparités d’espérance de vie à la naissance. Ainsi, alors que le Japon détient, avec 82,2 ans, le record mondial d’espérance de vie, dans plusieurs pays d’Afrique l’espérance de vie dépasse à peine 40 ans.

Des inégalités flagrantes en matière de santé existent au sein même des pays. Par exemple, aux États-Unis d’Amérique, les couches sociales favorisées peuvent espérer vivre jusqu’à 20 ans de plus que les gens de conditions socio-économiques moins favorisées.

D’ici 2050, près de 80% des décès devraient survenir après l’âge de 60 ans. Les dépenses de santé augmentent avec l'âge mais sont concentrées pendant les deux dernières années de la vie, quel que soit l'âge de la personne. À mesure que les gens vieillissent, il est important de faire en sorte que ces années supplémentaires soient vécues en bonne santé de sorte que le coût des soins de santé reste gérable.

Investir en faveur de la santé des personnes de tous âges est bénéfique pour la société. Les personnes âgées en bonne santé représentent aussi une ressource pour leur famille, leur entourage et l’économie. Il est rarement trop tard pour abandonner de mauvaises habitudes: par exemple, si l’on arrête de fumer entre 60 ans et 75 ans, le risque de décès prématuré baisse de 50%.

La prévention des maladies et la prise en charge des pathologies chroniques chez les patients âgés reposent sur la prestation de soins de santé primaires de proximité efficaces. Les soignants sont généralement peu formés à la prise en charge spécifique des personnes âgées alors qu’ils devront y consacrer de plus en plus de temps. L’OMS estime que tous les soignants, quelle que soit leur profession, devraient étudier les problèmes liés au vieillissement.

Les catastrophes et autres situations d’urgence ont de graves conséquences pour les personnes âgées. Ainsi, la plupart des personnes tuées par le tsunami survenu dans l’océan Indien en 2004 avaient soixante ans ou plus et la majorité des victimes de la canicule qui a frappé l’Europe en 2003 avaient 70 ans ou plus. Il faut absolument adopter des politiques pour protéger les personnes âgées en situation d’urgence.

Avec l’âge, le risque de chute augmente et les conséquences des accidents sont beaucoup plus graves. Ceci a une incidence sanitaire, humaine et économique considérable. En Australie, le coût moyen des soins consécutifs aux traumatismes entraînés par la chute d’une personne âgée de 65 ans ou plus s’élevait, en 2001-2002, à 3611 dollars.

Avec le vieillissement de la population et la modification des liens sociaux, la maltraitance des personnes âgées augmente. L’OMS estime que 4% à 6% des personnes âgées dans le monde sont victimes de maltraitance –physique, psychologique, affective– ou d’un défaut de soins, ou encore, sont exploitées financièrement. La maltraitance des personnes âgées est une violation des droits de l’homme.


Publié le Jeudi 3 Novembre 2011 dans la rubrique Société | Lu 3101 fois