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Juliette Gréco : la Jolie Môme à l’œil pétillant en tournée en France jusqu’à fin avril

Elle a bien connu Jean-Paul Sartre, Boris Vian ou encore Jacques Prévert à Saint-Germain des Prés. À 80 printemps, elle est actuellement en tournée pendant quelques semaines encore. De passage à Paris en octobre 2007, la dame en noir fascine encore les jeunes et les moins jeunes.


Juliette Gréco
Le père est Corse, la mère est Bordelaise. Après leur premier enfant Charlotte, naît Juliette, le 7 février 1927 à Montpellier. Elle grandit d’abord à Bordeaux, puis à Paris. La fillette s’engage passionnément dans la danse classique et entre à l’Opéra comme petit rat.

La guerre éclate, Charlotte, Juliette et leur mère sont emprisonnées. Grâce à son jeune âge, Juliette échappe à la déportation et fréquente les clubs de jazz ou autres cabarets de Saint-Germain-des-Prés, y côtoie Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Albert Camus.

Après des débuts au théâtre, elle est un des personnages clé du club Le Tabou ; elle y croise Jean Cocteau ou Boris Vian. En 1949, elle débute dans la chanson, au Bœuf sur le Toit. Sa rencontre avec Jacques Prévert et Joseph Kosma, deux auteurs de choix, est déterminante pour son répertoire à venir.

La même année, elle joue dans « Orphée » aux côtés de Jean Marais et François Périer, grâce à Jean Cocteau. Plus tard, elle sera « Belphégor » et fera trembler la France entière dans une série télévisée.

Elle épouse Philippe Lemaire et Laurence-Marie naît de cette union en 1954, mais le couple ne dure pas. Juliette Gréco fait la connaissance d’un jeune chanteur belge dont elle sera la première interprète : Jacques Brel. Plus tard, Serge Gainsbourg lui écrit « La Javanaise », Guy Béart signe pour elle « Il n’y a plus d’après », Léo Ferré quant à lui fait d’elle une « Jolie Môme ». .../...

Du Japon à l’Italie en passant par le Chili ou ailleurs, la Dame en Noir est toujours là. « Je suis surprise d’être encore en vie, étonnée de pouvoir marcher, courir, d’être terriblement vivante. Je ne sais pas que j’ai 80 ans » a déclaré Juliette Gréco au quotidien Le Parisien le 13 février 2007.

Ce jour-là, à l’occasion de son 80e anniversaire, elle a donné quatre concerts au théâtre du Châtelet à Paris. En mai dernier, sa tournée passait par Genève (Suisse). Juliette Gréco avait donné rendez-vous à son public au Grand Casino de la ville. Toutes générations confondues, ils ont assisté à plus d’une heure trente de spectacle. Dans la salle, des jeunes et moins jeunes, étaient impatients de découvrir ou redécouvrir cette grande dame de la chanson française.

Sa célèbre robe noire, son visage pâle et fardé, Juliette est apparue dans un décor sobre et judicieusement mis en lumières, aux côtés de son pianiste de mari Gérard Jouannest et de son accordéoniste. Quelle énergie et quel talent ! On en oublierait presque qu’elle a quatre fois vingt ans, tant son visage reflète le bonheur d’interpréter tour à tour Jolie Môme, Un petit poisson un petit oiseau ou encore Mathilde et même Déshabillez-moi.

De Serge Gainsbourg à Charles Trénet, elle passe d’une chanson gaie et légère à la gravité de la mort ou la tristesse de la séparation. Elle interprète Avec le temps (Léo Ferré) ou Né quelque part (Maxime Leforestier). Son geste est précis et elle joue chaque morceau comme si c’était le dernier.

Sa voix, ses expressions, l’intensité de son regard, elle donne tout. Le public lui offre, pour la remercier, une « standing ovation » et de jolis bouquets de roses rouges. Elle remercie d’un baiser et d’un geste de la main, avant de s’éclipser. L’artiste est fatiguée, mais semble heureuse des presque deux heures qu’elle vient de passer avec le public genevois !


Publié le Vendredi 25 Janvier 2008 dans la rubrique Culture | Lu 9405 fois