Santé

Journée mondiale du don d’organes et de la greffe : Marisol Touraine souhaite mieux informer le grand public


A l’occasion de la Journée mondiale du don d’organes et de la greffe, qui s’est tenue le 17 octobre dernier, la ministre des Affaires sociales et de la Santé Marisol Touraine a souhaité mieux informer le grand public. Rappelons d’ailleurs que les seniors ne sont pas exclus des donneurs potentiels…


Chaque année, le don d’organes et la greffe permettent de sauver des vies. En 2011, ce sont près de 5 000 personnes qui ont bénéficié d’une greffe d’organe en France. Or, le nombre de greffes est à ce jour insuffisant et des personnes meurent faute d’avoir pu bénéficier d’une greffe à temps.

Alors que les demandes ne cessent d’augmenter, du fait des progrès de la médecine mais aussi du vieillissement de la population, la progression du nombre de greffes stagne depuis plusieurs années. Selon l’Agence de la biomédecine, près de 10.000 personnes étaient en attente de greffe d’organes au 1er janvier 2012.

Aujourd’hui, 30% des possibilités de dons lors d’un décès sont refusés : dans le respect de la volonté de la personne décédée, mais aussi par un manque cruel d’information des proches… C’est pourquoi, Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, réaffirme sa volonté de poursuivre les efforts pour augmenter le nombre de dons d’organes « moins d’une personne sur deux a fait connaître son choix sur le don d’organes, c’est encore trop faible. ».

Dans cet esprit, la ministre souhaite que soit renforcée l’information :
- auprès des familles à qui est proposé le don. La sensibilisation des professionnels de santé dans leur approche des familles est essentielle pour expliquer les conditions du don et mieux les accompagner dans leur choix.
- auprès du grand public et des associations. Il s’agit d‘innover pour inciter chaque personne majeure à exprimer son choix : être donneur et le faire savoir à son entourage, ou refuser de l’être et s’inscrire au fichier national des refus aux dons d'organes.

La ministre souhaite également soutenir toutes les actions innovantes permettant de sensibiliser le grand public à ce geste de solidarité, en s’assurant que les informations fournies permettent d’exercer un choix libre et éclairé.

Un tiers des donneurs prélevés a plus de 60 ans
Aujourd’hui, le prélèvement est possible à tout âge. S’il est vrai qu’un coeur est rarement prélevé après 60 ans, les reins, le foie ou les cornées peuvent l’être sur des personnes beaucoup plus âgées. En 2007, 32 % des donneurs avaient plus de 60 ans et 25 % des reins greffés provenaient de donneurs de plus de 60 ans. La moyenne d’âge des donneurs prélevés est par ailleurs passée de 40 ans en 1999 à 50 ans en 2007.

Il n’y a pas non plus de conditions de santé à remplir pour donner. Le prélèvement sur personnes décédées peut être envisagé même si celles-ci étaient sous traitement médical ou avaient des antécédents médicaux lourds. Les médecins sont seuls juges, au cas par cas, de l’opportunité du prélèvement au moment du décès et de la qualité de chacun des organes.

Lutter contre les idées reçues
Selon la représentation commune, pour donner ses organes, il faut être jeune et bien portant. La représentation du donneur comme un jeune de vingt ans, décédé suite à un accident de la route, est encore très présente dans les esprits. Une grande majorité du grand public pense donc qu’au-delà de 60 ans, réfléchir et faire un choix sur le don de ses organes n’est plus utile.

C’est ainsi que les plus de 60 ans sont peu nombreux à réfléchir à la question, à l’aborder avec leurs proches et à transmettre leur choix personnel. Ils ne sont que 30% à avoir décidé de ce qu’ils voudraient après leur mort. Et si 48% des personnes de moins de 60 ans ont déjà parlé du don d’organes avec leurs proches, seuls 32,5% des plus de 60 ans ont abordé la question avec une personne de leur famille.

Le progrès médical permet aujourd’hui de prélever et de greffer en toute sécurité des organes qui autrefois pouvaient être exclus parfois en raison de l’âge du donneur. Un progrès d’autant plus important que la part des décès liés à la traumatologie routière diminue d’année en année et que le nombre de donneurs augmente surtout grâce au meilleur recensement des donneurs décédés suite à des accidents vasculaires cérébraux. En 2007, cette dernière catégorie représentait plus de la moitié des donneurs d’organes potentiels.


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Publié le Jeudi 18 Octobre 2012



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