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Jean-Jacques de Frédéric Richaud : dédouaner Rousseau


Court et savoureux le livre de Frédéric Richaud traite, sous la forme d’un conte philosophique de la rafraîchissante candeur et de son corollaire, la fascination qu’exercent les Grands Hommes.

On y parle donc d’humaine faiblesse et de noblesse d’âme. Et ce, sur un ton malicieux des plus agréables.

Deux frères, Jean, Jacques, sont follement subjugués par l’œuvre de Rousseau. Pétris par ses idées, ils veulent en appliquer les théories. Ainsi, directement inspirés par la lecture de « La Nouvelle Héloïse », ils dessinent leur domaine de Précy sur Oise. Mal leur en prend : le terrain est pratiquement inculte et insalubre.

Le fond de leur pensée est « d’inviter le philosophe chez eux et de lui faire goûter à travers quelques promenades et discussions que la littérature, quand elle est bien faite, peut littéralement changer les hommes et le monde ».
Jean-Jacques de Frédéric Richaud : dédouaner Rousseau

Il y a quelque chose d’émouvant chez ces deux personnages. Ils forment un de ces couples qui n’est pas s’en rappeler celui de Bouvard et Pécuchet. Leur effort pour débusquer la beauté esthétique et morale dans l’œuvre du Maître n’a d’égal que la manière maladroite dont ils usent pour l’appréhender.

Sur un ton narquois, et même railleur, l’auteur démontre que les critiques faites à Rousseau sont moins dues à sa pensée qu’à l’usage qu’on en fait.

Jean-Jacques
Frédéric Richaud
Editions Grasset
106 pages
10.90 euros


Publié le Lundi 19 Mai 2008 dans la rubrique Culture | Lu 5095 fois