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Je me souviens de tout de Juliette Gréco : un album transgénérationnel…

A plus de 80 ans, Juliette Gréco vient de sortir un tout nouvel album. Baptisé « Je me souviens de tout »… cet opus a été réalisée avec le concours de nombreux artistes issus des plus récentes générations d’auteurs-compositeurs-interprètes : d’Abd Al Malik à Olivia Ruiz, en passant par Adrienne Pauly, Christophe Miossec mais également Maxime Le Forestier ou Brigitte Fontaine. Bref, un disque totalement transgénérationnel pour une grande dame de la chanson.


Juliette Gréco, souligne le label, a décidé de conserver pour son disque la formule magique de ses concerts au théâtre du Châtelet en 2007 : un accordéon, un piano et une chanteuse.
L’accordéon, c’est Jean-Louis Matinier, musicien d’exception qui a dépassé depuis belle lurette toutes les virtuosités et qui fut élève du légendaire Joë Rossi. Le piano, c’est Gérard Jouannest, l’accompagnateur et compositeur des plus belles chansons de Brel, avec qui elle travaille depuis quarante ans.

« Il en résulte un album d’une ferveur et d’une grâce rares, dans lequel elle chante à la première personne toutes les couleurs d’une destinée hors-normes » remarque Bertrand Dicale sur le site Internet de RFI.fr. Et d’ajouter : « Miossec, Olivia Ruiz, Orly Chap, Marie Nimier lui ont donné des mots qu’elle aurait pu signer, des mots qui évoquent le temps qui passe, le poids des souvenirs, la délectation de l’âge. (…) Elle lance : "Vieillir ? Il y a une autre lumière, et puis tellement plus d’amour." »

A noter que début juin, Juliette Gréco s’installera au théâtre des Champs-Elysées, pour une série de concerts exceptionnels. Son nouvel album –enregistré chez elle en quelques jours-est disponible en téléchargement depuis le 17 avril.
Je me souviens de tout de Juliette Gréco : un album transgénérationnel…

Biographie de l’artiste :

Née en 1927, Juliette Gréco passe sa petite enfance à Bordeaux avant de s'installer à Paris où elle envisage une carrière de danseuse. Elle s'enrôle dans les Petits Rats de l'Opéra à l'âge de 12 ans, mais doit quitter la capitale à l'aube de la Seconde Guerre mondiale. De retour à Paname à la Libération, elle se tourne d'abord vers le théâtre, puis la chanson, devenant l'égérie des caves enfumées de Saint-Germain-des-Prés comme Le Tabou ou La Rose Rouge.

Cette intense vie nocturne lui permet de rencontrer la fine fleur des intellectuels existentialistes, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Jacques Prévert et Raymond Queneau, qui l'encouragent à chanter et lui offrent ses premiers textes : "Rue des Blancs-Manteaux", "Si tu t'imagines", "Je suis comme je suis", "Les enfants qui s'aiment", etc. Soir après soir, Juliette Gréco fait figure de symbole du non-conformisme, de femme libérée de toute forme de tabou et d'artiste exceptionnelle, faisant l'admiration de Boris Vian, Jean Genet, Sydney Bechet, Merleau-Ponty, Miles Davis, François Mauriac, Michel Piccoli et bien d'autres.

Au fil des années cinquante, soixante et Soixante-dix, Gréco grave une ¿uvre considérable mettant en valeur les textes et les musiques de monstres sacrés tels Prévert ("Les feuilles mortes"), Aznavour ("Je hais les dimanches"), Jacques Brel ("Ça va", "On n'oublie rien", "Je suis bien", "La chanson des vieux amants", "L'enfance"), Trenet ("Coin de rue", "L'âme des poètes"), Brassens ("Chanson pour l'Auvergnat"), Ferré, ("Le guinche", "Paris canaille", "Paname", "Jolie môme"), Béart ("Chandernagor", "Qu'on est bien", "Il n'y a plus d'après"), Gainsbourg ("La Javanaise", "Accordéon", "Le sixième sens"), Nyel (le sulfureux "Déshabillez-moi"), Sagan ("Deux oiseaux de jeunesse"), Fanon, Gougaud, etc.

Éclipsée durant les années quatre-vingt, Gréco fait un retour remarquable et remarqué sur la scène de l'Olympia en 1991, puis en 1993, offrant à son public ses grands succès d'antan, mais aussi un répertoire nouveau majoritairement écrit par Étienne Roda-Gil.

Toujours sous les feux de la rampe (l'album Un jour d'été), Juliette Gréco avoue sa sensibilité aux problèmes de société que nous traversons (sauvegarde de la planète, manque de communication, lois du profit, défense de la langue française), et milite activement au sein de l'association SOS Saint-Germain-des-Prés dont elle est présidente. Un parcours exemplaire pour une femme d'exception.


Publié le Mardi 28 Avril 2009 dans la rubrique Culture | Lu 6642 fois