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Hiver et urgences respiratoires : une relation de causes à effet

Qu’elles soient liées à des complications virales ou bactériennes ou, dans un autre registre, à des intoxications provoquées par l’inhalation de fumées d’incendie, les urgences respiratoires ont généralement une saison : l’hiver ! Le point avec le Congrès de pneumologie de langue française (CPLF) qui se tiendra du 27 au 29 janvier à Marseille avec pour fil rouge : les urgences respiratoires.


Hiver et urgences respiratoires : une relation de causes à effet
L’hiver exacerbe les pathologies respiratoires. La grippe ou d’autres infections virales ou bactériennes, surviennent essentiellement en hiver et peuvent aggraver l’état de ceux qui souffrent déjà d’une maladie respiratoire (notamment les personnes âgées et/ou fragiles).
 
De fait, les exacerbations d’une broncho-pneumopathie obstructive chronique (BPCO) et les crises d’asthme sont plus fréquentes au cours de la mauvaise saison. Un fait reconnu dans une étude publiée dans Respiratory Médicine* qui confirme la saisonnalité des pics de BPCO souvent concomitants à ceux de l’épidémie de grippe.
 
Mais l’hiver est également la saison… des intoxications au monoxyde de carbone et aux fumées d’incendie. Si on parle très souvent en hiver des intoxications au monoxyde de carbone (CO), dues le plus souvent à un appareil de chauffage défectueux ou mal réglé, on évoque moins les incendies domestiques qui sont pourtant plus nombreux et font plus de victimes : près de 8 décès sur 10 ne sont pas dus aux flammes, mais dus à l’inhalation des fumées comportant soit des gaz asphyxiants, comme l’acide cyanhydrique (les cyanures) - qui résultent de la combustion des matériaux naturels ou synthétiques - soit des particules irritantes pour les voies respiratoires : suies inhalées et produits chimiques. Celles-ci vont se déposer dans le système respiratoire et abîment les muqueuses.
 
« La saison a commencé et tout le monde est possiblement exposé, qu’elle que soit la ville ou la région. Seule la fréquence diverge. En Seine-St-Denis par exemple, où l’habitat est plus vétuste et la population plus défavorisée, les risques sont plus élevés » témoigne le Professeur Lapostolle, du Samu 93.
 
Pour le spécialiste, il y a deux types de « pics » : l’un se situe aux premiers froids, avec la remise en route du chauffage, l’autre en période de grand froid (donc en ce moment même), plus tard dans la saison, lorsque les appareils fonctionnent à plein régime.
 
En termes de prévention les détecteurs de fumée, désormais obligatoires, sont censés alerter des risques. Toutefois, il est encore trop tôt pour pouvoir juger de leur efficacité, mais on peut déjà constater que ce sont dans les endroits « à risques », appartements vétustes et surpeuplés, que les dispositifs ne sont souvent pas opérationnels.
 
Quelques repères chiffrés
- Intoxication au CO 2: environ 6.000 intoxications par an, et 300 décès
- Incendie d’habitation : près de 10.000 victimes chaque année, dont plus de 800 cas mortels ; plus de 72.000 incendies domestiques par an, soit une intervention toutes les 7 minutes3
-Surchauffe des circuits électriques défectueux : un quart des causes d’incendies domestiques…
 
*Hospital admissions related to acute exacerbations of chronic obstructive pulmonary disease in France,
1998e2007-Claire Fuhrman a, *, Nicolas Roche b, Alain Vergnene`gre c, Mahmoud Zureik d, Christos Chouaid e, Marie-Christine Delmas


Publié le Lundi 23 Janvier 2017 dans la rubrique Santé | Lu 683 fois