Société

Euthanasie : suite aux évènements de Bayonne, Nora Berra fait le point sur la fin de vie


Alors que la cour d'appel de Pau examinera le 6 septembre prochain l'appel du parquet contre la remise en liberté du docteur Nicolas Bonnemaison, l’urgentiste de Bayonne soupçonné d'avoir provoqué la mort d'au moins quatre patientes en fin de vie, Nora Berra, secrétariat d’Etat chargé de la Santé vient de publier un communiqué dans lequel elle revient sur la problématique de la « fin de vie ».


Par Nora Berra, secrétaire d’Etat chargée de la Santé

Au-delà des faits, sur lesquels nous devons laisser la Justice se prononcer, les récents évènements à Bayonne ont réveillé le questionnement intime de chacun d’entre nous sur la fin de vie.

Je veux dire sincèrement à ceux qui militent pour la légalisation de l'euthanasie active que j'entends leurs arguments et que je comprends la douleur des familles et de ceux qui voient souffrir ceux qu'ils aiment.

Comment ne pas envisager qu'une fin de vie, marquée par la souffrance profonde, puisse être si pénible et si dégradante que certains considèrent qu’elle ne s’apparente plus à une vie ? Comment ne pas comprendre que la prise en charge appliquée pour maintenir vivant un individu devenu incapable d'assurer seul ses fonctions vitales apparaisse, aux yeux de certains, comme un « acharnement » absurde et indigne ? Et, dès lors, comment accepter qu’aujourd’hui, en France, on n’autorise pas l'euthanasie et qu’il soit illégal de mettre fin directement à la vie d'un individu par le geste d'un tiers, y compris d'un médecin ?

Ces questions sont légitimes… mais elles traduisent une méconnaissance du cadre légal qui existe déjà dans notre pays. La Loi Léonetti du 22 avril 2005 a en effet rendu illégal l’acharnement thérapeutique, en donnant au médecin le droit d’interrompre ou de ne pas entreprendre des traitements jugés « inutiles, disproportionnés ou n’ayant d’autre effet que le maintien artificiel de la vie ».

Cette décision ne peut être prise qu’avec le consentement absolu du patient et de ses proches, et qu’après discussion avec l’équipe médicale. Si le patient est hors d’état d’exprimer sa volonté, une procédure collégiale est obligatoire, après concertation des proches et de l’équipe de soins et sur l’avis motivé d’au moins un médecin consultant. La loi oblige aussi le médecin à assurer dans tous les cas la continuité des soins et l’accompagnement de la personne.

Au-delà de l’absence d’acharnement thérapeutique, les soins palliatifs visent non seulement à soulager les malades de leur souffrance physique et psychologique mais également à accompagner leurs proches. La culture palliative intègre l’environnement du patient. La lutte contre la douleur a elle-même fait l’objet de 3 plans successifs, dont l’ensemble de la chaîne hospitalière s’est emparée. L’amélioration de sa prise en charge et de son traitement constitue aujourd’hui un critère d’évaluation prioritaire des établissements de santé.

Alors qu’elle donne les clés de la résolution de la très grande majorité des difficultés rencontrées en fin de vie, une trop grande majorité de Français ignore l’existence de la loi Léonetti prohibant l’acharnement thérapeutique. Ceci est d’autant plus paradoxal qu’une écrasante majorité d’entre eux estime que les soins palliatifs sont une réponse nécessaire à la souffrance des personnes en fin de vie, leur permettant de vivre plus sereinement la fin de leur vie et de mourir dans la dignité.

Je suis convaincue que cette méconnaissance de la réalité des soins palliatifs joue en faveur de l’euthanasie, qui est alors perçue comme la seule solution pour ne pas souffrir et échapper à la « toute-puissance » du pouvoir médical. C’est cette méconnaissance que je souhaite combattre car elle nous détourne en vérité des vraies questions –et donc des vraies réponses.

A partir du moment où nous sommes capables de répondre efficacement aux problématiques liées à la souffrance et à la dignité, le sujet n’est pas, en effet, celui de l’euthanasie mais bien celui de l’offre de soins palliatifs qualitative que notre pays doit être capable de proposer à chaque patient en fin de vie.

Aujourd'hui, la France bénéficie de 5900 places en soins palliatifs, soit presque 2000 de plus qu'en 2007 : ce sont les résultats du Plan pour les soins palliatifs engagé en 2008 par le Président de la République. Ce nombre reste évidemment à améliorer et nous y travaillons avec force. Mais au-delà des Plans, des chiffres, et du déploiement technique des moyens, c’est un choix philosophique qui se pose et qui questionne tout simplement notre vision de la société et de l’humanité : ne devons-nous pas nous battre pour développer une culture palliative digne de ce nom, au lieu de vouloir nous arroger le droit de donner la mort ? Je le crois profondément.
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Publié le Lundi 22 Août 2011




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1.Posté par Carole Gouyé le 22/08/2011 20:14
Pourquoi la loi actuelle – loi dite Leonetti – est elle si mal connue
Pourquoi les médecins ne demandent ils pas à leur patient de rédiger les directives anticipées – elles ont pourtant été reconnues par la loi dite « leonetti » - Ce serait pourtant leur intérêt, cela leur permettrait de connaître la position de leur patient, et cela les protègerait ALORS POURQUOI ?
Ce n’est pas qu’en on arrive aus « urgences » que l’on doit prendre une décision, les directives anticipées peuvent être rédigées à partir de 18 nas.
Ce n’est pas quand on arrive en phase finale qu’il faut prendre une décision, NOUS DEVONS PRENDRE NOS DISPOSITIONS AVANT
Pourquoi les directives ne sont elles pas obligatoires ? Seule la volonté de doit et veut mourir doit être prise en compte
Ne pas rédiger ses directives anticipées, c’est mettre ceux qui nous aiment et que nous prétendons aimer ,ou les médecins, dans l’obligation de prendre pour nous une décision que nous n’avons pas osé prendre. Et les mettre en danger face à la loi
Si vous n'écrivez pas maintenant vos volontés détaillées, faute de réflexion suffisante, prenez au moins la peine d'écrire que vous nommez expressément votre personne de confiance – à votre choix, médecin traitant, membre de la famille, ou ami - la responsabilité de décider ce qui sera le mieux pour vous, si vous étiez mourant et en état d'inconscience. En cas de difficulté physique pour écrire, vous pouvez le faire faire par un tiers, avec deux témoins qui signifieront votre accord.

2.Posté par N AIL le 26/08/2011 12:00
Laissez donc ""les vieux"" parir comme ils le souhaitent. Vous êtes incapables de créer des centres d'accueils pour les personnes agées.
Taxez les "" RICHES "" est trop vous demander. SARKO et sa bande seront balayés aux prochaines élections et vous l'aurez bien cherchés.
Nul dfoute que nous serons sans doute très mal servis par ces NULS. Les Socialos, Ecolos ne valent rien.

3.Posté par BRAUNSTEIN Ariane le 27/08/2011 09:51
La loi leonetti laisse "crever" les gens dans le non respect de leurs souhaits Cela peut prendre du temps avant que la mort n'arrive si on refuse de manger par exemple, on ne peut nous y obliger mais les perf remplacent un certain temps la nourriture. La morphine ne calme pas toutes les douleurs d'une part, si on augmente les doses, de toutes manières la personne est "schootée" quelle vie dans ce cas?
Et la douleur morale de ne plus pouvoir dominer son corps, on la combat comment? la solitude, la déchéance?

SI QUELQU'UN veut partir, c'est SA vie, SON droit.
Que fait la loi Leonetti pour les personnes atteintes de maladies dégénératives? leur rendre l'usage de leurs membres, de leur vessie, de leur parole? alors à quoi rime de forcer quelqu'un de vivre dans cette déchéance, dans cette souffrance?...

De quel droit un ou quelques hommes s'arrogent-ils le droit de décider pour les autres?
Pourquoi ne pas faire un référendum?

L'euthanasie est un vilain mot! Je préfère " tirer ma révérence" 'dire au revoir"..."j'ai fait mon temps dans cette vie

On se cache derrière la religion mais tout le monde n'est pas religieux d'une part et d'autre part "forcer" un corps à vivre alors qu'il disparaitrait normalement si on n'utilisait pas tous ces moyens artificiels, est une atteinte au droit de la personne à disposer de son corps, de sa vie
Lorsque l'on s'arroge le roi de disposer de la vie d'autrui, car la mort est le dernier acte de la vie, cela s'approche de la dictature; je croyais que l'on était en démocratie!

4.Posté par Carole Gouyé le 27/08/2011 10:27
alors pourquoi ne pas rejoindre l'ADMD ?
"Depuis trente-et-un ans, l’Association pour le Droit de Mourir dans la dignité milite pour que chaque Française et chaque Français puisse choisir les conditions de sa propre fin de vie. Conformément à ses conceptions personnelles de dignité et de liberté.

Dans cette perspective, l’ADMD entend obtenir qu’une loi légalisant l’aide active à mourir (euthanasie et auto-délivrance assistée) soit votée par le Parlement, comme le réclament 86,3% des Français interrogés par l’institut de sondage BVA en mai 2009. Avec le vote de cette loi, les Français bénéficieraient d’une loi d’Ultime Liberté, comme les Néerlandais, les Belges, les Luxembourgeois et les Suisses en disposent dans leur propre pays.

Le 24 novembre 2009, pour la première fois, un débat public s’est tenu à l’Assemblée nationale autour d’une proposition de loi relative au droit de finir sa vie dans la dignité. Le mardi 25 janvier 2011, au Sénat, une nouvelle discussion parlementaire s’est tenue autour des propositions de loi de Guy Fischer (PC – Rhône), d’Alain Fouché (UMP – Vienne) et de Jean-Pierre Godefroy (PS – Manche). En vue des élections présidentielles et législatives de 2012, militons et agissons auprès de nos députés et de nos sénateurs.

L’ADMD, également, met en oeuvre un Fichier national des directives anticipées. Ce document prévu par la loi relative aux droits des malades et à la fin de vie, est numérisé et archivé. Ce document est aujourd’hui le meilleur moyen de garantir son propre parcours de fin de vie et, ainsi, d’éviter les tragédies absurdes. Avec le service ADMD-Ecoute, que vous pouvez joindre du lundi au vendredi de 10h à 19h au 01 48 00 04 92, soyez accompagné et protégez votre fin de vie.

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