Étiquetage des denrées alimentaires : la Commission européenne veut des règles plus claires


Les étiquettes des denrées alimentaires devraient obligatoirement mentionner des informations nutritionnelles, dont les acides gras trans artificiels et le pays d'origine, ont estimé les députés de la Commission de l'environnement le mardi 19 avril dernier. Dans cet esprit, le projet de législation européenne a été modifié « en vue de garantir que les étiquettes soient lisibles, n'induisent pas en erreur et fournissent les informations nécessaires aux consommateurs pour effectuer des choix » souligne le communiqué.


De plus en plus d’informations se trouvent désormais mentionnées sur les étiquettes de nos produits alimentaires… Il y en a parfois tellement que l’on s’y perd. D’autant que généralement, la police de caractère employée pour la mention de ces données est souvent très petites… donc illisibles.

Dans ce contexte, le projet législatif voté le 19 avril 2011 en commission de la sécurité alimentaire entend actualiser, simplifier et clarifier l'étiquetage des denrées alimentaires dans l'Union européenne. Il apporterait des changements aux règles existantes sur l'information devant figurer obligatoirement sur toutes les étiquettes, comme le nom, la liste des ingrédients, la date de péremption, les conditions spécifiques d'utilisation, et il introduirait une prescription visant à indiquer les informations nutritionnelles importantes. Les députés souhaitent également introduire une indication relative à la « date de première congélation » pour les viandes, volailles et poissons congelés non transformés.

Étiquetage nutritionnel lisible et obligatoire sur l'emballage
Les députés se sont prononcés en faveur de l'indication d'un tableau lisible au dos de l'emballage comprenant des informations nutritionnelles essentielles, telles que la valeur énergétique, la quantité de lipides, d'acides gras saturés, de glucides, de sucre, de protéines et de sel. Ils ont toutefois ajouté à cette liste les acides gras trans artificiels (selon le Conseil des ministres, leur inclusion aurait été volontaire). Ces informations devraient être exprimées pour des quantités équivalant à 100 g ou 100 ml, et également par portion, et pourraient en outre mentionner les apports journaliers recommandés.

Nouvelles exigences au niveau du pays d'origine
L'origine de certaines denrées alimentaires, telles que la viande bovine, le miel, l'huile d'olive et les fruits et légumes frais, est déjà inscrite obligatoirement sur les étiquettes. À la demande du Parlement, le Conseil des ministres a accepté d'allonger la liste à la viande porcine, ovine, caprine et à la volaille. Néanmoins, les députés souhaitent désormais aller plus loin, en indiquant « le lieu ou le pays de provenance » de toutes les viandes et volailles, du lait et des produits laitiers ainsi que d'autres produits ne comportant qu'un seul ingrédient. Ils ont également voté pour que le pays d'origine soit spécifié pour la viande, la volaille et le poisson utilisés comme ingrédients dans des aliments transformés.

Étiquetage supplémentaire pour les viandes et étiquetage clair des « imitations » : ne pas induire le consommateur en erreur
Selon les députés, les étiquettes des viandes devraient indiquer le lieu de naissance, d'élevage et d'abattement de l'animal. En outre, la viande provenant d'animaux abattus sans étourdissement (conformément à certaines traditions religieuses) devrait être étiquetée comme telle et la viande composée de morceaux reconstitués devrait porter la mention « morceaux de viande reconstitués ».

Les députés ont affiné les règles existantes afin que le consommateur ne soit pas induit en erreur par le conditionnement des denrées alimentaires. Ils ont également insisté pour que les denrées alimentaires n'aient pas l'apparence, du fait de l'étiquette, d'une autre denrée alimentaire. Selon eux, le remplacement d'un ingrédient par un autre doit être clairement indiqué sur l'étiquette. Les denrées alimentaires contenant de l'aspartame devraient porter l'étiquette « contient de l'aspartame ».

Toutefois, ces nouvelles étiquettes ne sont pas pour demain ! Une fois la législation adoptée, le secteur alimentaire disposera de trois ans pour s'adapter aux règles. Deux années supplémentaires, ce qui équivaut donc à un total de cinq ans, seront accordées afin d'appliquer les règles relatives à la déclaration nutritionnelle. Encore faut-il que ces informations soient mentionnées en caractères suffisamment gros pour que les personnes âgées puis les lire…


Rédigé le Mercredi 27 Avril 2011 | Lu 2835 fois













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