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Elisabeth Taylor : une grande star hollywoodienne disparait…

Elizabeth Taylor, l'une des dernières légendes de l'âge d'or du cinéma hollywoodien, est décédée le 23 mars 2011 à Los Angeles (Etats-Unis) à l’hôpital Cedars-Sinaï à l'âge de 79 ans pour des problèmes d'insuffisance cardiaque. Petit retour sur sa carrière et sur sa vie et publication de l’hommage du ministre français de la Culture Frédéric Mitterrand.


Une carrière longue de plus de cinquante films (des chefs d’œuvre mais aussi quelques navets) et deux Oscars*. Une vie privée et amoureuse des plus tumultueuses et riche de huit mariages… Quelques "petits" problèmes avec l’alcool… Elisabeth Taylor, la célèbre star aux yeux violets était tout cela, mais bien plus.

En effet, comme la chanteuse française Line Renaud, l’actrice américaine (amie de Rock Hudson) se battait activement et inlassablement contre le sida depuis 1985.

Elizabeth Taylor, dont l’état de santé était inquiétant depuis ces dernières années (on la voyait souvent en fauteuil roulant) était rentrée à l’hôpital Cedars-Sinaï de Los Angeles il y a six semaines pour des problèmes d’insuffisance cardiaque.

Elle est morte mercredi matin entourée de ses enfants Michael Wilding,Christopher Wilding, Liza Todd et Maria Burton. Elle laisse derrière elle dix petits-enfants et quatre arrière-petits-enfants. Dès l’annonce de sa disparation, ses fans se sont réunis autour de son étoile sur Hollywood Boulevard…

Elizabeth Rosemond Taylor était née à Londres en Angleterre le 27 février 1932. En 1999, l’American Film Institute l’avait distinguée comme étant la septième plus grande actrice de tous les temps dans le classement AFI’s 100 Years… 100 Stars.

Hommage de Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication à Elizabeth Taylor

Sa filmographie forgée à partir d’un talent reconnu depuis son enfance et « Fidèle Lassie » s’étend sur près de 70 ans de l’histoire du cinéma. Héroïne des films flamboyants de Tennessee Williams avec « La chatte sur un toit brûlant » ou « Soudain l’été dernier », incarnation d’une « Cléopâtre » qui fit couler plus d’encre et plus de dollars qu’aucune souveraine de l’écran, étoile d’un feuilleton sensationnel et palpitant dans une série de films remarquables où s’abritaient les sentiments passionnés qui l’unissaient à Richard Burton, Elizabeth Taylor a véritablement fait rêver un public planétaire.

Elle a dessiné autant de repères et de moments intenses de l’aventure du 7ème Art en tournant avec les plus grands metteurs en scène, les meilleurs acteurs de sa génération dont le catalogue occupe toute la mémoire du cinéma.

Les mariages, les caprices supposés et les retards biens réels, les bijoux et le style de vie fastueux, toute une manière d’être témoignant d’un fantastique appétit dont l’existence auraient pu scandaliser le public s’il n’avait perçu, en même temps, les peines et les accidents de santé, les dégringolades spectaculaires et les prodigieux « come backs » révélant une humanité et une générosité inégalables.

Adorable et lumineuse à ses débuts chez Mervyn Leroy (Les quatre filles du docteur March) et Minelli (Le père de la mariée), elle a ensuite conquis un rayonnement et une force étonnante dans la transgression et dans l’audace, accompagnant l’émancipation des femmes, dans sa vie comme à l’écran. De l’ingénue à la mère courage, de la séductrice à la « mégère apprivoisée », elle sut incarner toutes les facettes du féminin au 20ème siècle.

Depuis plus de vingt ans, Liz Taylor, femme d’une grande générosité, avait placé sa notoriété et son aura au service de la lutte contre le sida avec constance et détermination. Femme aimante et courageuse, mère attentionnée de quatre enfants, anglaise d’origine anoblie par la Reine, Elizabeth Taylor était, en privé, une personne timide et douce, cultivant l’amitié avec une gentillesse rare. Elle emporte avec elle ce mystère dont elle sut pratiquer les secrets avec une grâce et un brio incomparables : le glamour.


*Butterfield 8 (1960) et Qui a peur de Virginia Woolf ? (1966).
Affiche originale du film Cat on a hot tin roof, DR


Publié le Jeudi 24 Mars 2011 dans la rubrique Culture | Lu 3056 fois