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Douleurs vulvo-vaginale de la pré-ménopause atténuées par un partenaire sexuel attentionné… mais pas trop

Selon une étude de l’Université de Montréal (Québec) publiée dans The Journal of Sexual Medicine, les hommes qui expriment un soutien de type surprotecteur, beaucoup d'attention et d'empathie envers leur partenaire souffrant de douleur vulvo-vaginale chronique de la pré-ménopause peuvent, soit causer plus de douleur chez leur compagne, soit augmenter la satisfaction sexuelle de celle-ci. Messieurs, il est donc nécessaire de trouver le juste équilibre empathique pour atténuer cette douleur…


Les femmes qui ont participé à l'étude menée par l'Université de Montréal et le Centre de recherche du Centre hospitalier de l'Université de Montréal sont atteintes d'une condition appelée vestibulodynie provoquée. Cette condition, qui touche 12% des femmes pré-ménopausées, peut perturber le fonctionnement sexuel ainsi que diminuer le désir, l'éveil et la satisfaction sexuels, la capacité d'atteindre un orgasme et la fréquence des rapports sexuels.

« Un partenaire trop soucieux peut amener une femme à éviter d'avoir des relations ou exacerber la douleur de cette dernière en amplifiant son anxiété, son hypervigilance et ses pensées négatives à propos de la douleur ; par conséquent, cette attitude augmente la douleur lors des rapports sexuels, affirme l'auteur principal, la chercheuse Natalie O. Rosen, de l'Université de Montréal. Si un homme évite d'avoir des relations sexuelles avec une partenaire souffrant de vestibulodynie provoquée, il peut alors intensifier chez elle l'évaluation négative de la douleur, ce qui peut augmenter cette dernière lors des rapports. »

Par ailleurs, les chercheurs ont découvert que les femmes atteintes de vestibulodynie provoquée dont le partenaire est plus compatissant ont une plus grande satisfaction sexuelle. « Il est probable que les femmes interprètent la délicatesse de leur partenaire comme une plus grande preuve de sensibilité et compréhension envers leur douleur lors de l'acte sexuel, ce qui entraîne une plus grande satisfaction », selon Mme Rosen.

Les méthodes pour réduire la douleur… Pour les couples touchés par la vestibulodynie provoquée, la clé pour réduire la douleur et stimuler la satisfaction sexuelle est peut-être d'éviter les rapports vaginaux, sans s'abstenir complètement de l'activité sexuelle. « Les couples peuvent se concentrer sur des pratiques sexuelles stimulantes autres que la pénétration ou sur les bienfaits sur le plan émotionnel de l'activité sexuelle, comme l'intimité et les rapprochements », affirme la chercheuse.

Dans le cadre de l'étude, 191 couples hétérosexuels touchés par la vestibulodynie provoquée ont complété des questionnaires portant sur cette problématique. Ensuite, ils ont pu consulter une sexologue pendant 30 minutes au téléphone au sujet de la vestibulodynie provoquée.

« Cette étude contribue à mieux nous faire comprendre l'importance de la façon dont les couples communiquent à ce sujet, en prédisant la douleur et la satisfaction sexuelle de la femme, affirme Sophie Bergeron, professeur de psychologie à l'Université de Montréal. Plus l'homme est préoccupé à l'excès par la douleur de sa partenaire, du point de vue de cette dernière et de celui-ci, plus l'intensité de la douleur peut augmenter lors des rapports. Les résultats de notre étude peuvent contribuer à élaborer des interventions psychologiques ciblées pour aider les couples qui font face à la vestibulodynie provoquée. »

À propos de la vestibulodynie provoquée :

La vestibulodynie provoquée entraîne une dysfonction sexuelle significative, une détresse psychologique et une qualité de vie réduite. Cette condition, pour laquelle il n'existe pas de conclusions apparentes pertinentes ou de troubles neurologiques identifiables sur le plan clinique, est caractérisée par une affection ou une sensation de brûlure au vestibule. Cette condition chronique et récurrente provoque des douleurs vulvo-vaginales qui sont déclenchées principalement par les contacts sexuels, mais qui peuvent être ressenties également par l'insertion d'un tampon et lors d'un examen gynécologique.


Publié le Mardi 28 Septembre 2010 dans la rubrique Santé | Lu 2380 fois