Cependant, si quelques bactéries du genre Eubacterium possédant cette activité ont été identifiées chez le rat, le cochon ou le babouin, aucun laboratoire n’a pu jusque là isoler les bactéries responsables de ces transformations chez l’homme. L’enjeu consiste donc à isoler ces bactéries parmi les 100 milliards présentes dans un gramme de matière contenue dans le côlon, là où la densité bactérienne du système digestif est précisément la plus importante.
A partir des fèces d’une personne dont la teneur en coprostanol était très élevée, des mélanges de douze colonies bactériennes ont été réalisés et cultivés en présence de cholestérol. Dans une de ces cultures, le cholestérol a été totalement converti en coprostano. Les douze bactéries correspondantes ont ensuite été testées individuellement. Au bout du troisième jour, l’une d’entre elles, du genre Bacteroides, très répandu dans le microbiote intestinal (près de 20 % des bactéries) a commencé la digestion de son substrat, achevée après sept jours. Cette durée est la même que celle mise en œuvre par les Eubacterium, genre auquel appartiennent les bactéries déjà identifiées chez l’animal.
Une analyse génétique a ensuite permis aux chercheurs de l’INRA de rapprocher leur bactérie nouvellement isolée, avec 99,5 % de similitudes, de l’espèce Bacteroides dorei, mais qui ne possède pas la capacité de réduire le cholestérol. Les chercheurs en déduisent donc que leur candidate active, baptisée Strain D8, est une des variantes, ou souche, de B. dorei. Reste à identifier les gènes responsables de cette activité chez cette souche D8 ainsi que les autres bactéries de l’intestin humain possédant cette capacité à réduire le cholestérol.