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Changement climatique et pollution de l'air : cocktail explosif pour les allergies

Pics de pollution, réchauffement de la planète, augmentation des évènements météorologiques extrêmes… Le changement climatique est une réalité dont les effets se font sentir à l’échelle planétaire. L’un d’entre eux est l’augmentation de la fréquence, de l’intensité et du nombre de personnes concernées par les allergies : l’OMS prévoit ainsi, qu’en 2050, une personne sur deux sera allergique dans le monde.


Changement climatique et pollution de l'air : cocktail explosif pour les allergies
A l’heure où le climat est grande cause nationale en France, la Fondation Stallergenes vient de dévoiler les résultats d’une enquête réalisée par  OpinionWay : ainsi, les deux-tiers (63%) des Français pensent que les allergies sont en augmentation depuis les dix dernières années et les trois-quarts (74%) considèrent que la pollution en est l’une des causes. D’autre part, 37% des sondés déclarent avoir souffert d’au moins une allergie au cours des douze derniers mois.
 
Parmi les allergies subies, arrivent en tête celles aux pollens/graminées à 25%, suivie par les allergies aux acariens (14%) et aux poils d’animaux (7%). La prévalence des allergies au pollen semble avoir triplé en un quart de siècle. Aujourd’hui, 25 à 30% des personnes souffrent d’allergies soit le double d’il y a vingt ans.
 
« Nous ne traitons pas de la même façon toutes les allergies. Pour certaines personnes, nous allons proposer une éviction qui consiste à éviter l’allergène ; pour d’autres, nous allons induire une induction de tolérance ou démarrer une immunothérapie allergénique. En fonction de l'ancienneté de l'allergie, du type d'allergie (respiratoire, cutanée, alimentaire), de sa sévérité, de l'allergène en cause, l’indication thérapeutique ne sera pas la même » indique le Pr Jocelyne Just, chef du service d'allergologie pédiatrique de l'hôpital Trousseau (Paris).
 
Le changement climatique et ses effets délétères tels que la pollution et le réchauffement de la planète est une réalité qui fait consensus au sein de la communauté scientifique internationale. « Le dérèglement climatique a des répercussions sur la nature, la qualité de l’air et de l’eau, et ces répercussions auront des conséquences sur la santé de l’homme à un moment ou à un autre de sa vie », affirme Alain Milon, président de la Commission des Affaires sociales du Sénat.
 
Le 5ème rapport du Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (GEIC) pointe deux phénomènes majeurs pour les décennies en cours et à venir : l’augmentation du taux de CO2 atmosphérique et l’augmentation globale des températures entrainant une modification des précipitations selon les régions. Ces deux facteurs environnementaux sont en lien étroit et conjuguent leurs effets néfastes, donnant lieu à une explication plausible de l’augmentation de fréquence des allergies respiratoires.
 
« Le réchauffement climatique est à l’origine d’une augmentation de la longueur de la saison pollinique et l’augmentation de température fait que les pollens se constituent en nombre plus important » remarque le professeur Michel Aubier, chef du service de pneumologie-allergologie, Hôpital Bichat. La distribution et la dispersion des pollens sont également modifiées par des tempêtes plus fréquentes, l’évolution des périodes de précipitations et les migrations d’espèces végétales.
 
D’autre part, la concentration en CO2 augmente la quantité de pollens produite, la croissance végétale étant stimulée par le dioxyde de carbone. Une récente étude montre ainsi qu’un taux élevé de CO2 accroît la production de pollen de 53%. Par ailleurs, le CO2 et les particules de diesel facilitent la sensibilisation allergénique. 


Publié le Mardi 2 Juin 2015 dans la rubrique Santé | Lu 2499 fois