Voyage et détente
Champs d’ombres de Cornelia Read : quand une jeune femme BCBG désargentée mène l’enquête…L’éditeur Babel noir vient de publier en format poche Champs d’ombres, le premier roman de l’Américaine Cornelia Read. Un polar à l’écriture vive et efficace qui nous plonge dans l’Amérique profonde, celle des tracteurs, celle des secrets enfouis, celle des « richards » de la Côte et des « bouseux » du centre du pays. Un roman, où l’héroïne, jeune femme BCBG, journaliste de seconde zone, enquête sur une vieille histoire de meurtres… Qu’elle n’aurait peut-être jamais du déterrer. A lire d’une traite !
Madeline Dare, rejeton sans fortune d’une vielle famille de Long Island, éduquée dans un milieu snob et privilégié, végète comme rédactrice dans une « feuille de choux » locale et, d’une manière générale, déteste la ville de Syracuse, trou perdu où elle doit vivre souvent seule puisque son mari s’absente régulièrement et longtemps, sur des chantiers au Canada.
Alors qu’elle rend visite à ses beaux-parents, de véritables « rednecks » (comprendre des « ploucs ») évoluant entre tracteurs, sueur et labeur, le père de son mari lui montre une plaque d’identité militaire ramassée dans un champ à l’endroit même où dix-neuf ans plus tôt, deux jeunes filles ont été retrouvées sauvagement assassinées ! L’ennui, c’est que le nom qui figure sur la plaque est celui de Laphtorne, le cousin préféré de Madeline… Aussitôt, la jeune femme décide de mener sa propre enquête, avant que les policiers s’en mêlent, et surtout, dans le but d’innocenter le beau jeune homme qui illumina son adolescence et dont elle est encore, indéniablement, sous le charme.
Foires aux machines agricoles, soirées du vendredi avec Budweiser, bars glauques et groupes country locaux, fête foraine baignant dans l’odeur des popcorns et de la barbe à papa, paysans taiseux et couperosés, anciens du Vietnam et midinettes de province…
Voilà l’Amérique profonde telle que la dépeint ce roman policier efficace qui se lit d’une traite. Pur produit de la culture wasp, née à Oyster Bay’s Centre Island, Cornelia Read se définit comme une « rescapée » de son milieu social. Elle vit aujourd’hui à Berkeley en Californie. Dans la collection « Actes noirs » d’Actes Sud, elle a également publié L’école des dingues (2009) et L’enfant invisible (2011). Rédigé le Lundi 12 Septembre 2011 | Lu 1713 fois
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