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Cancer du sein : validation d’une signature prédictive du risque de récidive

Alors qu'Octobre rose -mois dédié au cancer du sein- vient de se terminer, médecins et chercheurs de l'Institut Curie continuent à faire progresser la prise en charge des femmes atteintes de cette maladie. De fait, dans un récent communiqué, le centre de recherche annonce qu’il est désormais possible d'identifier les patientes dont le risque de récidiver est élevé et de préciser les indications de chimiothérapie pour celles qui sont atteintes du type de cancer le plus fréquent. Détails.


En 2010, des médecins et des chercheurs de l'Institut Curie avaient découvert une « signature ADN » -un ensemble d'altérations du matériel génétique- prédictive du risque de récidive chez les femmes atteintes de cancer du sein.
 
Aujourd'hui, trois ans plus tard, ces mêmes scientifiques montrent que cette signature apporte des informations plus précises sur les risques de récidive que les marqueurs actuellement utilisés, et ce dans le sous-type de cancers du sein le plus fréquent, les cancers du sein luminaux ne présentant pas de surexpression du récepteur HER2.
 
Les patientes porteuses de ces cancers ne peuvent pas être traitées par Herceptin, un anticorps qui bloque la prolifération des cellules cancéreuses. Les médecins ont donc moins d'outils thérapeutiques à leur disposition pour enrayer les risques de dissémination tumorale.
 
« Avec cette signature, nous sommes à même de mieux prédire le risque de survenue de métastases chez les patientes ne présentant aucun signe avant-coureur d'un risque de dissémination », précise le Dr Anne Vincent-Salomon, pathologiste et chercheuse dans le laboratoire d'Olivier Delattre à l'Institut Curie.
 
Grâce au développement du dépistage, une grande majorité des patientes sont diagnostiquées alors que leurs tumeurs du sein sont de petite taille et sans envahissement ganglionnaire. Chez ces femmes, une question cruciale se pose quant au choix thérapeutique : doit-on, après traitement local (chirurgie et/ou radiothérapie), leur prescrire une chimiothérapie pour réduire le risque de récidive ?
 
« Chez les patientes porteuses de cancers du sein luminaux, ne présentant pas de récepteur HER2, il est d'autant plus important de préciser le risque de récidive pour ajuster les prescriptions de chimiothérapie », ajoute Anne Vincent Salomon. Ce test pourra être utilisé au cas par cas pour des tumeurs du sein pour lesquelles les indications de chimiothérapie sont délicates à poser avec les outils pronostiques disponibles en routine.
 
Cette signature « Curie » permet d'identifier les femmes auxquelles une chimiothérapie doit être prescrite, en épargnant aux autres un traitement inutile…


Publié le Jeudi 7 Novembre 2013 dans la rubrique Santé | Lu 1021 fois