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Article publié le 22/03/2007 à 12:34 | Lu 7067 fois

Pour la moitié des patrons français, les salariés de 45-55 ans sont considérés comme âgés

A l’occasion des Assises Nationales pour l’emploi des seniors qui se sont tenues le 20 mars dernier Conseil économique et sociale, en présence de Jean-Louis Borloo, ministre de l’Emploi et de Gérard Larcher, ministre délégué à l’Emploi, une étude réalisée par l’IFOP pour le ministère a été présentée aux quelques 400 participants. Et les résultats ne font que conforter la nécessité d’une évolution des représentations socioculturelles liées à l’âge en France. En voici les principaux éléments.


Selon cette étude de l’IFOP*, la moitié (50%) des dirigeants d’entreprises françaises pense qu’un salarié est âgé entre 45 et 55 ans. Un bon tiers (34%) estime que cela est le cas après 55 ans et 5% entre 35 et 44 ans.

En ce qui concerne la gestion des âges dans la stratégie de l’entreprise, il s’agit d’un axe jugé important pour 47% des sondés, alors que 53% l’estiment peu ou pas important.

D’autre part, plus de la moitié (54%) des personnes interrogées avouent tenir compte de l’âge du candidat lorsqu’elles examinent un curriculum vitae. Ce chiffre est encore plus fort pour les directeurs et responsables ressources humaines puisqu’il s’élève à 58%.

Par ailleurs, plus du tiers (34%) des dirigeants considère que le frein majeur à l’embauche des plus de 50 ans est l’adaptation difficile aux nouvelles technologies et au changement puis vient son niveau de rémunération (22%), son état de santé (19%) et son manque de motivation (15%) (détails ci-dessous).
Pour la moitié des patrons français, les salariés de 45-55 ans sont considérés comme âgés

Source IFOP

Cependant, selon ce sondage, les seniors possèdent tout de même quelques atouts… Les plus reconnus aux plus de 50 ans dans l’entreprise : leurs expériences et compétences acquises (65%), leur motivation (21%) et leur capacité à former les jeunes (5%).

Pour inciter aux recrutements des plus de 50 ans, les meilleurs moyens seraient, selon les dirigeants interrogés, de développer les contrats aidés (57%), d’être mieux informés sur les atouts des plus de 50 ans (43%), de faciliter leur accès aux dispositifs de formation (27%), de recevoir plus de candidature de la part de l’ANPE (25%) et d’aider les entreprises à améliorer leurs conditions de travail (25%).

Enfin, 54% des dirigeants interrogés pensent que le regard porté par les dirigeants sur les salariés de plus de 50 ans a changé.

Rappelons que conformément aux objectifs fixés par l’Union européenne, la France va devoir atteindre un taux d'emploi de 50% des 55-64 ans à l'horizon 2010. Pourtant, actuellement, le taux français est parmi les plus bas d’Europe avec 37% des personnes de cette tranche d'âge qui travaillent.

* Echantillon de 601 entreprises, représentatif des entreprises de plus de 5 salariés. Méthode des quotas. Entretien téléphonique du 12 au 15 février 2007 avec des gérants, directeurs, DRH, responsables de ressources humaines ou de recrutement.