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Intergénération

France – Entretien avec Myriam Thuillez l’une des fondatrices de Logement Intergénération

Alors que Mme Vautrin a présenté récemment une charte concernant le partage de logements entre étudiants et personnes âgées, découvrons une nouvelle association qui cherche à mettre en place ce concept à Paris et à Rouen. Entretien avec Myriam Thulliez, l’une des fondatrices de l’association « Logement Intergénération », rencontrée lors du dernier Salon des Seniors qui s’est tenu la semaine dernière à Paris Porte de Versailles.



Pouvez-vous nous présenter le concept de votre association Logement Intergénération ?

Myriam Thuillez : Le concept de notre association à but non lucratif « Logement Intergénération » consiste à mettre en relation un senior ayant une chambre de disponible avec un étudiant, qui en échange du logement, rendra des services à l'accueillant. Une charte très précise est signée par la personne âgée et l'étudiant, dans laquelle sont indiqués les détails de la cohabitation. Il n'y a pas de loyer à verser de la part du jeune, mais le senior pourra demander une participation aux charges d'eau, de gaz ou d’électricité.

Notre idée est de contribuer à résoudre un double problème. D’une part, celui du logement des étudiants qui est très important. Le Crous (ndlr : centre régional des œuvres universitaires et scolaires) et les foyers ne peuvent plus répondre à la demande et les offres privées sont très chères. D’autre part, il s’agit de rompre l'isolement des personnes âgées qui désirent rester chez elles le plus tard possible, en proposant une chambre inoccupée depuis le départ de leurs enfants. Aujourd’hui, dans les grandes villes, on compte 3,7 millions de personnes de plus de 60 ans qui vivent seules.

Notre dispositif a été mis en place à Paris et à Rouen par trois bénévoles par Mme Dorval, Mme Ambroselli et moi-même.

On entend de plus en plus parler de ce concept de partage de logement senior/étudiant. D'autres associations existent en France. Qu'est-ce qui vous distingue ? Comment fonctionnez-vous ?

Il faut dire que l’idée nous est venue d'une part de l’exemple de Madrid et de Barcelone, qui a démarré en Espagne il y a neuf ans et se poursuit avec succès depuis, mais aussi de nos expériences personnels et de la mise en pratique de ce concept avec nos enfants qui lui aussi, s’est révélé être un succès.

Notre fonctionnement se distingue de celui des autres par l'accent que nous mettons sur la dimension intergénérationnelle. Nous ne faisons en aucun cas payer de loyer à l'étudiant, ce qui demande de la part des binômes une réelle ouverture d'esprit et un souhait de se connaître et de cohabiter harmonieusement. Mais cela implique aussi un travail important en amont de notre part. De fait, nous procédons à des entretiens très approfondis avec les seniors et les étudiants afin d'ajuster au mieux nos binômes. Par ailleursn, un suivi régulier sera également assuré pendant le reste de l'année.

Une charte vient d'être rendue publique par Mme Vautrin. Qu'en pensez-vous ?

La charte de Madame Vautrin aurait pu s'inspirer de la notre tant nous y collons. Elle met également l'accent sur cette dimension intergénérationnelle. Je crois que ce qui différencie les associations entre elles, c'est précisément l'importance qu'elles donnent à cette
dimension d'échanges. Pour nous, elle est essentielle et semble être partagée par les gens qui nous contactent, que ce soit les seniors ou les étudiants. Par ce biais, une sélection s'opère déjà dans les demandes.

A qui s'adresse selon vous cette solution ? A quel type de personnes âgées et à quel type d'étudiants ?

Nous nous adressons essentiellement à de jeunes étudiants dont les parents souhaitent que le départ du foyer familial se fasse en douceur. Sur les 25 demandes que nous avons actuellement concernant des étudiants, douze ont été faites par les parents.

Les seniors que nous avons acceptés dans nos fichiers sont âgés de 70 à 78 ans. Tous ont conservé leur logement et recherche une compagnie qui peut aller d'une simple présence rassurante la nuit, à un partage de quelques repas.

Le problème majeur auquel nous sommes confrontés, c’est d’entrer en contact avec ces seniors, de leur faire connaître notre association et ce nouveau concept. Actuellement nous avons 25 étudiants très sérieux pour trois seniors très accueillants ! C'est un bon début puisque nous ne nous faisons connaître que depuis deux mois seulement. Mais ce serait bien de pouvoir former plus de binômes.

Heureusement nous avons mis en place en partenariat avec le CCAS de Rouen. Grâce à lui nous touchons 1.800 seniors lors de l'organisation de goûters. Cependant ces réunions sont un peu bruyantes et nous pensons que des articles réguliers dans la presse écrite seraient mieux adaptés pour nous faire connaître et permettre une réflexion de la part des seniors et des étudiants.

Pour contacter l’association Logement Intergénération :
Mme Dorval : 06 63 10 97 99
Mme Ambroselli : 06 89 61 68 40
Mme Thuillez : 06 89 82 36 99
Mail
Site internet

Témoignage de Mlle Valentine Ambroselli* qui a partagé pendant un an un appartement avec une femme de 55 ans

« J'ai passé un an chez une femme de 55 ans, divorcée, qui avait une chambre de disponible dans sa maison. J'avais 17 ans, je commençais mes études et loger chez quelqu'un rassurait beaucoup mes parents... Je ne prenais que mon petit déjeuner avec elle, pas les autres repas. Dans la mesure ou cette dame était une jeune senior, elle n'avait pas besoin que je lui rende de services à proprement parler, mais elle trouvait que la présence d'une étudiante rendait sa maison plus chaleureuse, plus conviviale. Toutefois, il faut être très vigilant et savoir garder sa liberté en respectant celle du senior. Comme toute vie en communauté, il faut aussi faire des concessions ! Pour ma part, je considère que cette solution est parfaite pour un étudiant en première année de fac ou en prépa ».

* Il s'agit de la fille de l'une des fondatrices de l'Association Logement Intergénération

Lire aussi : France - Partage de logements seniors/étudiants : lancement de la charte ''Un toit, deux générations''
Lire aussi : France - Entretien avec Bénédicte Chatin, responsable de l’Association Le Pari Solidaire
Lire aussi : Espagne – Programme de cohabitation entre étudiants et personnes âgées

Propos recueillis par Jean-Philippe Tarot © Senioractu.com 2005

Vendredi 8 Avril 2005
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1.Posté par LEBLANC Christine le 27/08/2006 12:28
votre formule intergénération m'intéresse vivement sachant que je suis un salarié à revenu modeste et que j'aimerais beaucoup rendre de petits services à des personnes seniors contre un loyer gratuit ou très peu onéreux.Je l'ai pratiqué lorsque j'étais étudiante.
Est-ce que cette formule peut d'adresser à moi?
j'ai 49 ans, suis présente à Paris que du lundi au vendredi car je rentre dans ma province d'origine tous les W.E. et pendant toute la période vacances, soit 5 semaines dans l'année.
Voici mon adresse : 8 rue Basse -70190 VORAY SUR L OGNON-
LEBLANC Christine- mon tél : 06 86 16 41 63

2.Posté par Gilbert Hélène le 14/04/2007 16:55

Etudiante en 1ere année de médecine à la faculté de Bobigny, mes parents habitant à Noisy sur Oise dans le val d’Oise, ont du pour cette année, m’assurer un loyer privatif en co- location faute de mieux. Les soucis financiers dus à la longue maladie de mon père ont été à l’origine d’une démarche de conseil à la permanence de Monsieur Lagarde à Bobigny.

A cette occasion j’ai souhaité savoir si la commune de Drancy s’intéressait à l’hébergement inter-générations car d’ une part l’accès au logement pour les étudiants est parcours semé d’embûches en raison de l’insuffisance de l’offre dans les résidences universitaires, des prix trop élevés du marché privatif et des exigences des propriétaires en matière de solvabilité et de caution et d’autre part des personnes âgées sont de plus en plus nombreuses à vivre seules.
Mon objectif est la rencontre avec une personne âgée dont les besoins et les attentes peuvent être convergents aux miens. Pour mes études, un logement au moindre frais, pour la personne âgée, une opportunité de rompre son isolement. Enfin, pour les deux une cohabitation, source de liens, d’échange et de solidarité réciproques.
Je m’engage à assurer une veille passive ou des menus services facilitant la vie quotidienne de la personne âgée Les deux parties se mettant préalablement d’accord sur les conditions de leur cohabitation (durée, attentes, exigences, possibilités).
J’espère que ma demande retiendra votre attention. Je reste à votre disposition pour un complément d’information ou pour toute autre démarche permettant de mener à bien ce projet.
Hélène GILBERT.

3.Posté par youps le 07/03/2010 14:37
Bonjour j'aimerais apporter mon témoignage, je suis une jeune femme de 23 ans, j'habite depuis 8 mois chez une personne âgée (88 ans) dans le cadre d'une association d'habitat intergénérationnel.

Je partage mes repas du soir avec la dame chez qui je loge et je dois être présente la nuit pour la rassurer. Je suis pleine de bonne volonté, je pensais que j'avais la personnalité adéquate pour vivre cette situation, car j'ai déjà travaillé avec des personnes âgées, je suis très sociable, souriante etc.

Mais c'est bien plus difficile à vivre qu'il n'y paraît. Les personnes âgées souffrent beaucoup : de l'isolement, de douleur physique, de l'ennuie, de lassitude... Finalement je n'ai plus la force nécessaire pour lui montrer que la vie est belle. Elle me parle souvent de la mort, de son envie d'en finir. Je commence petit à petit à me sentir déprimée, surtout qu'il m'est difficile de sortir le soir pour me changer les idées puisque je dois être présente la nuit.

J'aimerais mettre fin à mon contrat car je ne me reconnais plus, je n'ai plus la même joie de vivre, j'ai l'impression que je ne peux pas apporter de réconfort à cette vieille dame et que petit à petit c'est sa dépression à elle qui me contamine...
J'en ai parlé à l'association qui minimise quelque peu le problème et qui ne m'autorise pas à mettre fin à mon contrat. Je suis engagée jusqu'à la fin juin, je doute de pouvoir réussir à tenir sans que ça ait des conséquences trop néfastes sur mon mental.

Réfléchissez bien, c'est vraiment dur de partager le quotidien d'une personne âgée, de s'adapter à son rythme de vie qui est souvent très régulier (repas toujours à la même heure, phrases répétitives pour chaque moment de la journée), on se sent aussi parfois infantilisé car plus aucune décision ne nous appartient.

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