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Zimbabwe : des associations viennent en aide aux aînés confrontés aux pénuries alimentaires

Malgré l’aide qu’elles reçoivent des membres de leur famille établis à l’étranger, les personnes âgées au Zimbabwe luttent pour faire face aux pénuries alimentaires et au coût élevé des transports, conséquences d’un taux d’inflation de plus de 6 000 pour cent, et du manque de carburant et de devises ; dans cette situation, il est difficile pour la plupart d’entre elles de subvenir même à leurs besoins les plus essentiels, ce qui a incité les associations caritatives à intervenir pour leur tendre la main, indique un récent article d’IRIN, département d'informations humanitaires des Nations Unies.


« Même si j’ai (de l’argent), où puis-je trouver la nourriture dont j’ai besoin ? », s’interroge Theresa Malunga, 74 ans, qui survit grâce à l’argent que lui envoie son fils, installé à l’étranger. « J’aimerais que mon fils sache ce qui se passe ici et m’envoie plutôt des colis de nourriture ».

« Il n’est pas exagéré de dire qu’il n’y a presque pas de nourriture disponible », confirme Louise Campbell de Supporting Old Aged People (SOAP), un organisme bénévole de Bulawayo, la deuxième ville du Zimbabwe. Bien qu’il soit facile de se procurer des légumes dans les supermarchés, « pour tout autre produit, il faut "s’organiser", si vous avez de l’argent et un moyen de transport », a-t-elle poursuivi.

Face aux étalages vides des magasins, les personnes âgées n’ont souvent d’autre choix que de demander de l’aide, selon Mme Campbell. « Nous avons découvert que les expatriés (envoyaient) des colis de nourriture aux personnes âgées de leur famille restées au pays. Bien que celles-ci aient assez d’argent, elles ne trouvent pas de quoi manger ».

SOAP fait partie d’un réseau d’associations caritatives qui aident les retraités à payer leurs impôts, leurs factures d’eau et d’électricité, et leur taxe de raccordement à l’égout. « Pour le moment, on s’en sort. On ne sait pas pour combien de temps, mais les gens ont été bons », a indiqué Mme Campbell.

SOAP aide également les retraités âgés incapables de survivre avec leur seule pension mensuelle, dont la valeur ne cesse de se déprécier : certains perçoivent moins d’un dollar par mois. L’organisation caritative apporte des produits d’épicerie et d’autres articles de base tels que du thé, du café, des céréales, du savon pour le bain et la lessive, ainsi que des médicaments – achetés grâce aux dons versés par les bienfaiteurs de l’association – au domicile de 170 personnes âgées de Bulawayo. .../...

Un certain nombre de retraités qui vivent dans des maisons de retraite, mais ne reçoivent pas de nourriture dans ces institutions, bénéficient également de l’aide de SOAP. « On s’en sort, grâce à l’espoir », a expliqué Mme Campbell. Certains expatriés envoient également des colis de médicaments pour pallier la pénurie dont pâtissent les personnes âgées qui ont besoin d’un traitement constant.

« Même si j’ai (de l’argent), où puis-je trouver la nourriture dont j’ai besoin ? »

Des prix en hausse constante

Selon le rapport de situation publié cette semaine par l’Agence de développement des Etats-Unis (USAID), le Zimbabwe est de moins en moins capable de fournir le carburant et d’entretenir les infrastructures nécessaires pour la production agricole, les services d’eau et d’assainissement et les installations électriques.

Le mois dernier, le Bureau central des statistiques (CSO) a rapporté que l’inflation avait diminué pour passer à quelque 6 500 pour cent en août, après avoir culminé à environ 7 300 pour cent, quelques mois auparavant.

Quelques produits réapparaissent lentement sur les étalages des boutiques de la ville, depuis que le gouvernement a mis fin à sa politique de contrôle des prix, en août. Certains magasins ont en stock divers produits importés tels que des laits maternisés, des chocolats, des détergents et des boîtes de conserve, provenant tous de l’Afrique du Sud et du Botswana voisins.

Mais les prix, attribués en fonction du taux de change inconstant du rand sud-africain pratiqué sur le marché parallèle, sont bien trop élevés pour une majorité de la population. Selon un rapport publié par le Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine (FEWS NET), financé par USAID, la plupart des aliments de base ne sont disponibles qu’au marché noir, à des prix trop élevés pour la plupart des habitants.

« En conséquence de la mauvaise saison agricole d’octobre 2006-mars 2007, les familles qui vivent dans les régions de l’ouest et du sud du Zimbabwe les plus touchées par la sécheresse ont épuisé leurs réserves alimentaires personnelles, et ont un accès restreint aux marchés en raison du prix élevé des aliments de base », peut-on lire dans le rapport.

Quoi qu’il en soit, à l’heure actuelle, les retraités comme Mme Malunga dépendent des commerçants transfrontaliers, qui leur permettent de se procurer les produits de base, importés du Botswana ou d’Afrique du Sud.

Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies


Publié le Vendredi 5 Octobre 2007 dans la rubrique Société | Lu 3442 fois