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Senior Actu

Vivre plus longtemps : quel impact sur nos sociétés ? suite au colloque du Groupe Mornay)

A l’occasion de son 60ème anniversaire, le Groupe Mornay, organisme de protection sociale (caisse de retraite complémentaire et institutions de prévoyance) a organisé le 6 novembre dernier à La Sorbonne à Paris un colloque intitulé « Vivre plus longtemps : quel impact sur nos sociétés ? ». En voici les grandes lignes…


L'allongement de la durée de la vie -et d'une vie en bonne santé- a pour conséquence première de repousser l'âge de la vieillesse, comme l'a souligné Robert Rochefort, directeur général du Crédoc.

Il met plus que jamais en exergue l'un des maux français : une entrée tardive sur le marché du travail et une sortie prématurée, adossées à un taux de chômage structurel plus élevé que dans d'autres pays de l'Union européenne.

Les éclairages apportés par les intervenants au colloque, au-delà des différences de points de vue sur des sujets comme la nécessité d'une politique volontariste de natalité ou de réforme visant à repousser l'âge du départ en retraite, ont fait ressortir une cause culturelle commune du comportement de l'Etat, des employeurs et des salariés à l'égard des seniors.

Quelques pistes de solutions émergent :
- une nouvelle approche de la productivité, suggérée par Bruno Palier, chargé de recherche CNRS au Cevipof, consistant à évaluer la productivité tout au long de la vie d'un salarié et non pas, comme c'est le cas en France aujourd'hui, au niveau horaire : la France se targue à tort d'être un leader mondial en matière de productivité horaire, oubliant trop souvent que l’important serait d’être bien meilleure sur la productivité par tête ; .../...
Vivre plus longtemps : quel impact sur nos sociétés ? suite au colloque du Groupe Mornay)

Vivre plus longtemps : quel impact sur nos sociétés ? suite au colloque du Groupe Mornay)
- une révolution intellectuelle qui équivaudrait à défaire ce que la France a bâti depuis le premier choc pétrolier, à savoir la rigidité du marché de travail où des départs en pré-retraite à partir de 55 ans font office d'unique levier de souplesse.

Ce schéma économique continue à alimenter la frilosité des DRH à l'égard de salariés quinquagénaires, comme le souligne Gérard Bardier, responsable de la gestion des âges au Groupe BPI ;

- une gestion plus qualitative et plus individualisée du monde salarié senior dans toute sa diversité « arc-en-ciel » comme le décrit Claude Vimont, économiste et démographe. Le moment venu, ces seniors travailleront à 65 ou à 70 ans par volonté ou par nécessité, à temps plein ou partiel, ou s'investiront dans le milieu associatif, ou bien encore contribueront à structurer des familles qui réunissent trois, quatre ou cinq générations.

Il est clair aussi qu'il nous faudra porter un regard différent sur la notion même d'inégalité, dans la mesure où des trajectoires de vie aussi longues ne pourront être similaires, aussi bien face au travail, à la santé ou à la vie privée (une illustration des évolutions à ce sujet a été notée par un intervenant : le début d'augmentation du taux de divorces chez les 60 ans et plus).

Il est in fine ressorti de ce colloque une urgente nécessité de créer en France un organisme d'échange de connaissances, savoirs et réflexions sur les conséquences de l'allongement de la durée de la vie, qui doivent être traitées au niveau de l'Etat de manière transversale, tant cette évolution impacte tous les domaines d’activités de tous les ministères.

Cette idée, mise en avant par Robert Rochefort, a reçu l'adhésion des autres intervenants, constatant notre manque dramatique de clés pour trouver des solutions adéquates à ce phénomène civilisationnel, dont les enjeux sont aussi importants que ceux du développement durable.

Source : Groupe Mornay


Publié le Mercredi 14 Novembre 2007 dans la rubrique Société | Lu 5643 fois