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Senior Actu

Visibilité et socialisation des aînés : deux clés pour affronter la question de la dépendance

Une récente étude réalisée par un cabinet espagnol de consultants spécialisés en gérontologie, Gerokon, indique que face au nombre croissant de personnes âgées dépendantes dans les pays industrialisés, il est indispensable d’améliorer la visibilité et la socialisation de ces individus dans nos sociétés occidentales.


Ce cabinet indique ainsi que plus d'un tiers (35.6%) des personnes âgées dépendantes vivent avec l'un des membres de leur famille (aidant informel) et que presque 8% « tournent » périodiquement, allant chez l'un, puis chez l'autre, avant de revenir. Partant de là, une analyse de cette population a été menée et montre que l'on se trouve en présence d'un groupe hétérogène où la maladie n'a qu'une incidence relative.

Alors qu'un fort pourcentage de seniors vivent –heureusement- de manière autosuffisante, il existe une catégorie de personnes âgées en situation de dépendance, avec des besoins bien déterminés et à laquelle il faut prêter attention, indique ce cabinet espagnol.

« La liberté est un facteur essentiel pour être heureux, or ce bonheur tend à disparaître chez les aînés lorsque leur autonomie diminue et qu'ils doivent alors compter sur l'aide de leur prochain » indique Aitor Pérez Artexte, directeur associé de Gerokon. Et de préciser que « cette autonomie ne concerne pas uniquement les aspects physiques ; les aspects psychologiques, influencés par les problèmes économiques et sociaux, sont eux aussi fondamentaux. Tous ces facteurs doivent donc être intégrés et pris en compte ».

Et ce cabinet de préciser que dans la très grande majorité des cas (84%), dans les familles, ce sont les femmes qui doivent jouer le rôle de l'aidant principal. Or, compte tenu de l'évolution de la structure familiale dans les sociétés industrialisées (âge du mariage repoussé, disparition des familles nombreuses, travail des femmes, etc.), cette situation devient chaque jour, plus délicate à gérer.

Le gouvernement espagnol tente bien, actuellement, d'apporter une aide financière à ces femmes, et plus généralement à ces familles, qui ont à charge une personne âgée. Cependant, au-delà de l'aspect purement monétaire, il faut que les mentalités changent vis-à-vis de cette activité, qui reste créditée d'une faible reconnaissance sociale.

En effet, « la dépendance des aînés est un phénomène qui se remarque peu et qui n'existe pas réellement, socialement parlant » estiment les experts de ce cabinet qui signalent par ailleurs que les « personnes âgées sont encore considérées comme un bien « amorti » dans lequel il n'est plus nécessaire d'investir ».

« Il devient donc nécessaire de rendre visible et de communiquer sur les différents problèmes auxquels ces familles sont confrontés quotidiennement. Il est indispensable de continuer à mettre en place des mesures d'alerte ainsi que des solutions, à l'instar de ce qui s'est passé pour les femmes battues, où là, les associations se sont mobilisées pour que cela devienne une véritable question de société » souligne M. Pérez Artexte. Et de conclure que « si la dépendance, qui est pourtant un phénomène d'envergure, ne devient pas publique, il y a fort à parier que la population ne s’aperçoive même pas de son existence . »
Visibilité et socialisation des aînés : deux clés pour affronter la question de la dépendance


Publié le Samedi 21 Janvier 2006 dans la rubrique Social | Lu 7670 fois