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Vieillissement de la population européenne : les systèmes de santé « survivront-ils » ?

250 scientifiques, médecins, porte-parole des patients et des personnes du troisième âge, ONG et décideurs issus de toute l'Europe se sont réunis récemment lors du symposium international « Healthy Ageing in Europe » qui s’est tenu à Vienne (Autriche) [1] dans le but de débattre des recommandations visant à aider les sociétés et les citoyens européens à traiter les énormes défis démographiques se profilant à l'horizon.


Tenu à l'occasion de la présidence autrichienne de l'Union européenne et sous les auspices des présidents actuels des conseils de l'UE rassemblant les ministres chargés des générations, des affaires sociales et de la santé, le symposium a été organisé par le European Healthy Ageing Advocacy Forum (EHAAF) avec le soutien de Pfizer.

La tendance ne peut être ignorée. Au cours des quatre prochaines années, le nombre des personnes âgées entre 55 et 64 ans vivant en Europe dépassera celui des 15-24 ans. Le nombre de personnes de plus de 60 ans augmentera d'environ 40% d'ici 2030. Ceci ne signifie pas uniquement que des personnes plus âgées devront travailler plus longtemps, mais cela soulève également des questions sur la manière d'améliorer la mobilité et la qualité de vie de la population vieillissante de l'Europe.

L'espérance de vie moyenne en Europe a augmenté de huit ans au cours des quarante dernières années, donc le problème de garder des personnes plus âgées dans la vie active, ainsi que les aspects financiers liés à l'assistance d'une société vieillissante constituent désormais des défis cruciaux pour tous les gouvernements à travers ce continent.

Confirmant la tendance générale, Robert Anderson de la Fondation européenne pour l'amélioration des conditions de vie et de travail à Dublin, en Irlande, a présenté de nouveaux résultats de recherche : « Avant l'année 2050, l'espérance de vie des hommes aura augmenté de six années supplémentaires et l'espérance de vie des femmes de cinq ans. Comment pouvons-nous garantir que ces années additionnelles seront vécues par des personnes en meilleure santé qu'auparavant ? ». Il semblerait que l'enjeu principal ne soit pas le vieillissement en lui-même, mais plutôt la retraite et le vieillissement actif, et le maintien d'une bonne santé durant toute notre vie. Le bien-être psychologique constitue un facteur primordial, tout comme « la dimension sociale de la santé et les opportunités d'engagement positif dans la société et dans la vie de la communauté. »

Confirmant la tendance générale, Robert Anderson de la Fondation européenne pour l'amélioration des conditions de vie et de travail à Dublin, en Irlande, a présenté de nouveaux résultats de recherche : « Avant l'année 2050, l'espérance de vie des hommes aura augmenté de six années supplémentaires et l'espérance de vie des femmes de cinq ans. Comment pouvons-nous garantir que ces années additionnelles seront vécues par des personnes en meilleure santé qu'auparavant ? ». Il semblerait que l'enjeu principal ne soit pas le vieillissement en lui-même, mais plutôt la retraite et le vieillissement actif, et le maintien d'une bonne santé durant toute notre vie. Le bien-être psychologique constitue un facteur primordial, tout comme « la dimension sociale de la santé et les opportunités d'engagement positif dans la société et dans la vie de la communauté. »
Vieillissement de la population européenne : les systèmes de santé « survivront-ils » ?

Vieillissement de la population européenne : les systèmes de santé « survivront-ils » ?
Le professeur Claude LePen, économiste de renom à l'Université Paris Dauphine, en France, confirme : « Le vieillissement ne représente pas une charge financière directe pour la société. C'est le mauvais état de santé au cours des dernières années de la vie qui est le plus coûteux. » En moyenne dans l'Union européenne, environ 15% de la population vieillissante en très mauvaise santé représente à peu près 60% des dépenses de santé. « Ainsi, tout investissement visant à améliorer l'intérêt actif des citoyens pour leur propre santé et leur vieillissement bénéficie à chaque individu ainsi qu'à la société dans son ensemble. » Il a encouragé les gouvernements à inventer des mesures politiques visant à garder les personnes âgées dans la population active en sanctionnant la discrimination due à l'âge lors de l'embauche et à assurer un accès égal aux soins de santé, quelque soit l'âge.

« Le thème du vieillissement en bonne santé constitue une priorité au niveau du ministère de l'Union européenne », a déclaré Ursula Haubner, ministre autrichienne des Générations et des Affaires sociales, qui est l'actuelle présidente des deux Conseils de Ministres de l'UE respectifs. « Les experts prévoient que le monde comptera 2 milliards de personnes âgées de plus de 60 ans d'ici 2050 - contre 600 millions actuellement. Les sociétés vieillissantes sont une réalité et celles-ci doivent être accueillies comme une opportunité. » Le vieillissement devrait être considéré par les individus et les sociétés comme un processus actif qui permet de tirer profit de l'expérience issue d'une longue vie. « Les politiques doivent fournir le cadre permettant de faire de cette vision une réalité pour de plus en plus de personnes. » Une responsabilité clé qu'ont les politiciens est d'aider à créer une image moderne de la personne vieillissante et des contributions de valeur que celle-ci peut apporter à la société. « Les politiques peuvent établir le cadre, mais l'initiative propre à chaque individu est nécessaire afin qu'il puisse réaliser ce potentiel pour lui-même. »

« Le vieillissement est très positif - c'est la meilleure chose qui puisse nous arriver », a commenté le Dr Alexandre Kalache, responsable du Ageing Life Course Program à l'Organisation mondiale de la santé (OMS). « L'alternative au vieillissement est la mort prématurée, ainsi nous tous, indépendamment de notre âge actuel, avons la responsabilité de prendre une part active au processus du vieillissement. » L'OMS dirige d’ailleurs toute une série d'initiatives dans le monde afin d'améliorer les conditions de vie des personnes âgées ainsi que leur acceptation par la société dans le monde entier. Ceci comprend un programme international sur « les villes favorables aux personnes âgées » auquel participent plusieurs villes européennes. « Nous devons inciter les jeunes à réfléchir à ce problème. L'objectif est que les générations futures se félicitent de l'âge et du vieillissement plutôt que de le regretter. »

Vieillissement de la population européenne : les systèmes de santé « survivront-ils » ?
Le ministre autrichien de la Santé et des femmes, Maria Rauch-Kallat, a cité une étude locale faisant état de « l'impact positif de l'intégration sociale pour la protection de la santé des personnes âgées ». Plus une personne de plus de 50 ans possède d'amis et de parents, et moins elle semble être en mauvaise santé. Environ 75% des gens disposant d'un large réseau social qualifient leur santé de « bonne » ou de « très bonne ». Parmi ceux qui ont peu d'amis, seule la moitié affirmait la même chose à propos de sa santé. Et parmi ceux qui n'avaient pas de conjoint ou de relations amicales, moins d'un quart admettent avoir une bonne santé.

Rauch-Kallat a également souligné l'importance des activités physiques et d'une « bonne relation avec son corps. » Et d'ajouter : « Nous serons en mesure d'aborder les problèmes de santé avec succès et aussi d'augmenter nos chances de mener une vie active et intéressante à un âge avancé, si nous trouvons un « nouveau rapport avec notre corps » en le traitant par exemple comme un bon ami. » Encore une fois, cela semble être plus difficile pour les célibataires - « les activités de groupe encouragent les amitiés et permettent aux gens de rester en bonne santé. Mais il est essentiel que chaque individu se prépare, entre autres mesures, à trouver un « rapport » positif à long terme avec son corps. »




Publié le Mercredi 15 Mars 2006 dans la rubrique Société | Lu 8184 fois